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Une campagne aux forts relents d’argent sale

Les infractions à l’éthique se multiplient au su et au vu de tous à Fès




On le voit. On le tolère. On l’admet. On le subit. Le constat est sans appel: nos élections communales sont loin d’être parfaites. Fès en est un exemple patent, voire flagrant. En présence de candidats de taille au niveau politique et financier, l’opération semble vraisemblablement biaisée. Les infractions à l’éthique se multiplient au su et au vu de tous.
Face à cela, personne ne bouge. Les autorités sont aux abonnés absents. Leur seul souci est de préserver une certaine sécurité. Et c’est garanti, tant qu’on ne réagit pas aux exactions des gros poissons. L’intégrité de l’opération n’est pas une priorité, puisque l’on joue aux borgnes face aux nombreuses malversations.  
Quant aux observateurs civils, ils sont incapables de changer quoi que ce soit. Leur code de conduite leur interdisant d’intervenir en la matière. Ils n’auront pas de peine à rédiger leurs rapports. Les mêmes faits, avec les mêmes protagonistes. Un copier-coller leur éviterait une perte de temps et de moyens. On changerait juste le temps. Quant aux lieux, ils assistent, désarmés, aux mêmes crimes. Les champions de la triche sont les mêmes. Ils récidivent.
En concret, l’exploitation des enfants et des mineurs dans cette campagne électorale est un fait marquant. Des centaines d’enfants, sinon des milliers, se dispersent dès les premières heures de la journée à travers les ruelles de la ville. Ils portent gilets et tee-shirts de différentes couleurs. Ils distribuent les tracts des «champions» locaux. Ils ne connaissent ni la nature, ni les positions,  encore moins l’idéologie du parti pour lequel ils sont en train de se mouiller, une journée durant. Ils font pitié.
Si la place de Florence, située au cœur de la nouvelle ville, est envahie par ces mineurs lors de meetings des riches de la ville, le complexe sportif de Fès a, également, connu la présence massive de petits enfants portant des gilets, brandissant des «lampes» déjà éteintes. L’argent et la religion sont les seuls mots d’ordre de ces deux énergumènes électoraux dominants. L’innocence et l’ignorance en sont les deux victimes.
« Nous avons interdit aux enfants de faire partie de notre campagne, respect de l’enfance et déontologie obligent… d’ailleurs, notre jeunesse assure à bien la tâche et nous voulons continuer à faire appel aux valeurs et traditions de notre parti et des martyrs », indique Driss, militant de l’USFP, et l’un des jeunes dynamiques de la campagne de Me Jaouad Touimi Benjelloun.
Les raisons des enfants et courtiers sont simples et connues de tous : gagner une journée de travail que ne permet pas facilement et habituellement le marché de travail local. « Je vais bientôt faire ma rentrée scolaire, et je veux bien avoir sous la main une somme qui me permet de m’acquitter des charges conséquentes », déclare Rachid d’un ton malicieux. Mohamed, la quarantaine et père de famille, renchérit, en des termes clairs : «Je suis sans travail depuis la fermeture des abattoirs et je dois faire face aux exigences de la rentrée scolaire et de l’Aid Al Adha, c’est pourquoi ces jours de campagne sont une aubaine à saisir».  
Ce ne sont pas les seules violations enregistrées. Car, même interdit, le collage des affiches électorales sur les murs et dans les espaces publics est toujours de mise. Quant aux courtiers, ils sont prêts à vendre leur «clientèle» aux plus offrants, ils faussent le jeu. Du coup, tout ne devient que jeu. Et quel piètre jeu!

Mustapha Elouizi
Jeudi 3 Septembre 2015

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