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Petites angoisses




On n’était pas sans apprécier la discrétion, quoique relative, de notre ministère de l’Intérieur. Mais le voilà qui monte au créneau en si peu de temps pour se faire ostentatoirement défenseur et protecteur de la morale, des bonnes mœurs, des valeurs et piliers de la nation et même de la veuve et de l’orphelin.
On doit également lui reconnaître le mérite de se faire comprendre à demi-mot, de se laisser lire entre les lignes. N’a-t-on pas vu l’un de ses communiqués taxé d’homophobe, alors qu’il s’était fait pudique à dessein, usant d’«euphémismes» à volonté ? On aura tout de même compris qu’il y aurait des libertés à respecter, mais qu’il y a surtout  des limites à ne pas dépasser.
Et dans la foulée, il y a eu cette affaire assez burlesque de cette école «irakienne complémentaire» « convaincue  de chiisme » avec, à sa tête, joli paradoxe, une directrice qui se proclame sunnite jusqu’au bout des ongles. Elle n’a pas de veine, la bonne dame. On venait de découvrir au lendemain de la rupture d’une tumultueuse idylle maroco-iranienne, que son établissement n’était « pas conforme de par son système pédagogique aux dispositions du statut de l’enseignement privé au Maroc ».
Mais ce qui étonne encore plus, c’est cette fermeture illico presto. Le danger aurait-il été si imminent ?
Ce qui pourrait pousser à le croire, c’est qu’une petite campagne s’est presque aussitôt déclenchée pour viser quelques Marocains supposés fonctionner autrement que la quasi-totalité de leurs compatriotes, mais aussi des écrits dont on semble s’être subitement rappelé l’existence.
Le problème, c’est que l’on n’avait pas encore fini de parler de ces présumés chiites que des «évangélistes » se rappellent à notre bon souvenir.  Le comble, c’est qu’ils ne se trouvaient pas dans quelques lointains patelins ou dans des villages juchés au sommet de quelques montagnes perdues, comme cela a été le cas depuis toujours, mais en pleine capitale économique. A Casablanca !
Il n’y a sûrement pas de quoi s’affoler. Si ces missionnaires au féminin ont été entendues,  mais sûrement pas écoutées, c’est parce qu’il s’agirait d’un autre aspect de «Lhrig». Une dame venue d’ailleurs, c’est toujours la perspective de «papiers» et de traversée vers l’autre rive, quitte à jouer le jeu,  à faire semblant de se convertir ou se «déconvertir» le temps d’un visa. Un Marocain naît généralement musulman et même malékite de facto.  Il ne se pose pratiquement jamais de question à ce niveau.

Mohamed BENARBIA
Mardi 31 Mars 2009

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