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Migrations




Au moins un Marocain sur dix vit à l'étranger. Ce sont donc 3.292.599 de nos concitoyens qui ont élu domicile à travers les cinq continents en quête d'une vie nouvelle avec, toutefois, une nette prédilection pour les pays de l'Union européenne… Et chaque année, plusieurs milliers de candidats à l'émigration légale ou clandestine font le pied de grue dans les halls des aéroports et des gares ferroviaires et routières du Maroc, pour ne pas dire sous les camions et sur ces embarcations de fortune que sont les pateras.
Changer de lieu, faute de pouvoir changer le monde. Parfois au péril de sa vie. Et ne revenir qu'en vacances, ou quand les circonstances s'y prêtent. A moins que ce ne soit à l'occasion d'un colloque ou d'un séminaire organisé pour débattre de l'une ou de l'autre des thématiques dont les politiques et les hommes des médias raffolent. Le dernier conclave du genre se tient à Marrakech sous le thème « les Marocaines d'ici et d'ailleurs. Mutations, défis et trajectoires ».
Rassemblant plus de 240 femmes issues de l'émigration ou vivant au Maroc (universitaires et femmes d'affaires, responsables politiques, élues, cadres et responsables associatives), cette rencontre qui devrait prendre fin ce 20 décembre, veut porter un regard croisé sur les diverses expériences des femmes marocaines d'ici et d'ailleurs et de favoriser l'échange d'expériences entre les participantes. Une manière de rappeler que les liens avec la mère-patrie, demeurent vivaces malgré les effets du temps et de l'éloignement. A défaut d'alimenter leurs conversations, le Maroc ne peut que peupler leurs rêves. Parce qu'elles n'ont pas oublié que même quand elles sont « là-bas », elles seront toujours « d'ici ». Parce qu'elles ont conservé leur nationalité d'origine et que nombre d'entre elles n'ont pas rompu leurs liens avec les leurs. Parce que résonne encore dans leurs oreilles le brouhaha des médinas surpeuplées et qu'elles gardent, sur le bout de la langue, le goût du méchoui, du couscous, du tajine ou du thé à la menthe...
Même quand un MRE fait partie de cette nouvelle diaspora de « cols blancs » dont notre pays a tant besoin, mais qu'il n'a su retenir, il garde souvenance de tellement de choses qu'à leur seule évocation, des larmes lui perlent aux paupières. Il garde aussi des racines qui le font parfois revenir au Maroc, au crépuscule de sa vie, pour embrasser, sinon à jamais coucher sur la terre qui l'a vu naître. Une terre qui est devenue à la fois émettrice et réceptrice d'émigrations en tous genres et qui a tendance à attirer de plus en plus de subsahariens qui viennent y jeter l'ancre dans l'attente de pouvoir poursuivre leurs inaccessibles rêves d'eldorados européens.
Dans un cas, comme dans l'autre, c'est la singularité marocaine elle-même qui alimente l'émigration des uns et l'immigration des autres. Une singularité qui se jauge à l'aune de liens immémoriaux et de transferts de devises. Mais c'est là une autre question.

Mohamed Sakhi
Dimanche 21 Décembre 2008

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