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L’égalité sans réserve serait-elle en péril ?




Nouzha Skalli a beau se féliciter de «la réforme-phare» du Code la famille, applaudir «ce saut qualitatif exceptionnel» qu’est l’élection de 3428 femmes aux élections communales de juin dernier et s’extasier devant  la présence de 7 femmes au gouvernement Abbas El Fassi, elle ne saura faire oublier la question qui fâche. Le Maroc a-t-il levé les réserves sur la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ?
Qui aujourd’hui parmi les responsables gouvernementaux, politiques, officiels, institutionnels peut-il lever la main et donner une réponse claire et limpide à cette question que tout le monde évite, y compris la ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité ?
On s’en souvient, le Souverain avait annoncé le 10 décembre 2008, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme la levée des réserves émises par le Royaume sur cette convention.
Dix mois plus tard, rien ne filtre sur l’application de cette décision émanant d’une volonté pourtant Royale ni sur les mesures opérationnelles prises par le gouvernement pour la mise en œuvre de cette déclaration puisée à l’aune du principe de l’égalité. Les instances onusiennes n’ayant pas été notifiées, toutes les supputations, surtout les plus sombres, sont autorisées.
Le mouvement féminin ne cache pas ses inquiétudes. D’autant que les nouvelles sur le front de l’égalité des hommes et des femmes de ce pays  sont loin d’être rassurantes. Des informations laissent entendre que le Maroc se serait contenté de préparer les instruments  d’une levée partielle des réserves, sans réelle portée,  comme il l’avait annoncé en 2006 lors de sa candidature au Conseil des droits de l’Homme. Quant aux réserves marocaines relatives aux articles 2, 15 et 16 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes –des articles essentiels qui sont en fait le cœur palpitant de la convention- elles risquent au mieux d’être remplacées par des déclarations explicatives… exactement au même effet qu’une réserve.
Dans les cénacles internationaux, les officiels n’en finissent pas de louer les avancées du Maroc en matière des droits des femmes. Les engagements du pays pour la levée de toutes les réserves sur la CEDAW sont sans cesse rappelés du haut des tribunes onusiennes. De la consommation à l’international ? Les ambiguïtés d’un double discours, à l’étranger et sur le front intérieur, mettent à mal le principe de l’égalité. Ce 10 octobre, les Marocaines célèbrent la Journée nationale des droits des femmes. Des droits qui ne sauraient avoir de sens sans une égalité sans réserves.

Narjis Rerhaye
Samedi 10 Octobre 2009

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