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Je plante, donc je suis




Samedi 12 novembre 2016, sur nos quatre coins cardinaux ici-bled, dans les terres intérieures du pays ou celles du littoral, en altitude sur nos montagnes des trois Atlas, du Rif ou des Hauts-plateaux qui font le Maroc pittoresque, des citoyens de bonne volonté et volontaires de surcroît, appartenant à toutes les composantes de notre société, à chacun son plant d’arbre, sur 210 sites désignés se lanceront dans une initiative louable, à savoir celle de reboiser nos forêts.
Sous le signe de : « Je plante un arbre dans mon territoire pour développer la forêt de mon pays », cette opération en vise plus d’un million et cela va du cèdre aux acacias en passant par le chêne-liège, vert, l’arganier, le thuya, le cyprès de l’Atlas et cela ne se limite pas qu’à ces espèces, d’autres en fonction de leur adaptation à un milieu donné (les pins maritime ou pignon et l’eucalyptus) feront partie du lot des plants forestiers appelés à meubler le décor et le paysage si l’on peut se permettre cette désinvolture et qui en réalité démontre notre engagement citoyen dans la lutte contre le dérèglement climatique par ces temps de la COP22 où tous les regards du monde sont braqués sur nous.
Heureuse initiative donc, que celle du Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification qui, sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a entrepris cette opération.
Mais à y fouiner de très près, cet appel à mobilisation pour reboiser une superficie de quelque 45.000 ha pour l’exercice 2016 n’est en fait, qu’un prêté pour un rendu surtout quand on sait que ce sont près de 30.000 hectares de nos forêts qui, à chaque année que Dieu fait, disparaissent, incendiées involontairement ou non ou détruites pour de vagues et vastes projets à des fins mercantiles qui n’enrichissent que leurs inspirateurs et instigateurs, du genre immobiliers, agricoles ou autres, et ce au détriment de la collectivité.
Ce ‘’ je plante, donc je suis’’, s’il reste en ce samedi, une certitude quant au doute suscité et duquel il s’écarte, n’en ‘’poussera’’ pas pour autant d’une philosophie existentielle, à mieux regarder nos œuvres.
Devant le spectacle désolant de nos forêts qui dépérissent à vue d’œil à l’instar de celles de l’arganier du Sud-ouest ou du chêne-liège de la Maâmora et autres lieux de nos Atlas, Rif, etc., demeure une autre vérité qui échappe au doute, celle du doute justement.
Alors, que l’on nous permette “donc” d’en douter de ces actions qui, en dépit de certaines de leurs vertus, n’en demeurent que circonstancielles et occasionnelles en l’absence d’une réelle prise de conscience générale et d’une politique y afférente.

Par Mohamed Jaouad Kanabi
Samedi 12 Novembre 2016

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