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Inutiles certificats




Inutiles certificats
L'administration a en charge la bonne marche de l'Etat. Son poids s'explique par cette mission d'intérêt général qu'elle doit remplir. Une mission dont elle s'acquitte certes, mais avec un coût exorbitant en termes de points du PIB. De plus, elle est si tatillonne, si lente et si paperassière qu'elle n'arrive plus à sortir du monde kafkaïen où elle s'est enfermée. Malgré toutes les réformes, aucun remède ne semble lui seoir. A telle enseigne que des administrations qui dépendent, pourtant, du même ministère, ne reconnaissent nullement leurs propres documents. Le meilleur exemple est celui de l'Intérieur. Jugez-en : pour se faire établir une Carte nationale, il faut d'abord se faire délivrer un certificat de résidence par l'Annexe administrative dont on dépend avant de le faire refaire par les services de police. Mieux : au cas où le demandeur aurait la malchance d’être mineur, il se verra demander de faire établir par son tuteur le tristement célèbre engagement qui avait tellement avili la femme marocaine avant de jouer aux arlésiennes. Pour arriver à bon port, tout demandeur d'une CIN, pourtant moderne et biométrique, devra aller jusqu'au bout d'un parcours du combattant qui lui imposera de coller tellement de timbres fiscaux qu'il en sera dégoûté pour la vie.
Et pourtant, les discours mielleux qui avaient été colportés avant la signature du fameux accord avec Thalès, nous promettaient une entrée de plain-pied dans une modernité où pareils documents auraient été sinon rayés de la liste, du moins dématérialisés.
En ces temps où l'on parle de plus en plus d'administration électronique, force est de dire que pour les innombrables hères qui ont fait le pied de grue ou battu la semelle devant les Hôtels de police de la place, le e-gouvernement n'a été synonyme que de tracasseries qui rappellent un passé que l'on croyait révolu. Révolu ? Nullement si l'on en croit la stratégie de modernisation des secteurs publics exposée en Conseil de gouvernement en février dernier. En effet, il y est question de maintenir toutes les procédures relatives à l'établissement des extraits d'actes de naissance, aux photocopies conformes et aux signatures légalisées. Une différence cependant : ce ne sera plus le Moqaddem ou le fonctionnaire de la Sûreté nationale qui vous feront « suer le burnous », mais de simples appariteurs logés dans des kiosques dits de services rapides.

Ahmed SAAIDI
Samedi 7 Mars 2009

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