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Histoires belgo-marocaines




Les Belges n'ont décidément pas de chance avec les multinationales. Leurs mésaventures font vite le tour du monde. Souvenez-vous de la fermeture de l'usine de Vilvoorde par le Groupe Renault en 1997 ; une plateforme de production où les incontournables questions de productivité et de compétitivité ne se posaient nullement.
La raison invoquée par le constructeur automobile: rationaliser sa production en Europe et, partant, réaliser des économies considérables, à la fois en coûts d'investissements et de production. D'où sa décision de mettre 3100 ouvriers belges sur la paille. Chacun d'entre eux a reçu quelques prébendes : 500  sont partis en préretraite, 400 sont restés sur le site parce qu'elles étaient juste au-dessous de la limite d'âge fixée pour les départs en préretraite et tous les autres ont été licenciés. Une partie d'entre eux n'ont néanmoins pas pu retrouver des emplois à la hauteur de leurs compétences et ils ont, de toute façon, vécu une rupture extrêmement douloureuse.
Treize ans et plusieurs délocalisations plus tard, le Plat Pays se retrouve encore confronté à un cas d'école.
Face à une grève de ses employés, la filiale belge de Brink's a annoncé dernièrement son intention de déposer le bilan, provoquant la colère des syndicats qui ont pris un risque en refusant le plan de restructuration mis sur table et se mettant en grève avec occupation des locaux. Ceci d'autant plus que plan qui leur a été proposé ne visait, vraisemblablement pas, à garantir la pérennité de l'emploi mais plutôt à faciliter leur licenciement dans le cas d'une fermeture visiblement déjà prévue.
Ce dépôt de bilan a été d'ailleurs violemment attaqué par tous les partenaires sociaux, y compris par le ministre de l'Emploi et le ministère public belge. Selon ce dernier, les dirigeants de Brink's ont commis une infraction à la loi sur les faillites et à celles sur le détournement et sur le blanchiment.
Le tribunal a donc décidé de nommer administrateurs provisoires, refusé cet aveu de faillite, le parquet a ouvert une information judiciaire pour abus de biens sociaux et les 450 salariés ont décidé de reprendre le travail ce lundi.
Renault est un constructeur automobile français et Brink's  un convoyeur de fond américain. Deux multinationales qui n'ont de commun sauf le fait qu'ils ont transformé leur restructuration ; le premier en fermeture d'usine et le second en faillite.
Si Renault a tiré profit des lois sociales belges, Brink's a essayé de les contourner. Dans un cas comme dans l'autre, des centaines d'employés en ont fait les frais.
Les deux multinationales étant présentes en force au Maroc, il faudrait donc que les pouvoirs publics ne soient pas motivés par leurs seules créations d'emplois, certes importantes, mais aussi par le maintien de celui-ci en cas de problèmes. 

Ahmed SAAIDI
Lundi 22 Novembre 2010

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