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Hassan Tariq en campagne à Yacoub El Mansour, “la circonscription de la mort” : Sur les traces de Mehdi Ben Barka




Hassan Tariq en campagne à Yacoub El Mansour, “la circonscription de la mort” : Sur les traces  de Mehdi Ben Barka
Hassan Tariq, membre de l’instance exécutive de l’USFP,  n’a pas hésité une seconde. Lorsque sa famille politique a pris la décision de voir les membres du Bureau politique se présenter aux communales, à Rabat, cet ancien dirigeant de la Chabiba Ittihadia ne s’est pas dérobé. D’ailleurs, la dérobade n’est pas exactement le trait de caractère de ce militant qui aime la gauche comme on peut aimer une femme. Hassan Tariq a le sens de l’engagement. Du défi aussi. Ici, l’enjeu est de reconquérir Rabat, ce fief ittihadi perdu. Résultat, il est aujourd’hui tête de liste de l’USFP dans la circonscription Yacoub El Mansour, à Rabat. C’est sa première fois. Sa première expérience électorale et il en parle avec fierté et le sentiment de marcher sur les pas de Mehdi Ben Barka qui s’était présenté exactement ici à Yacoub El Mansour, lors des élections de 1963.
Très vite, le candidat en campagne dresse le diagnostic de sa circonscription. Une circonscription difficile qui fait partie des plus grandes que compte le pays, avec plus de 100.000 électeurs. La commune s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres, du marché de gros de l’Akkari jusqu’à proximité du complexe sportif Moulay Abdallah.  « En tout cas c’est la plus grande circonscription de Rabat. Yacoub El Mansour a ses spécificités dans ce sens où cette commune a deux catégories de population.
D’abord,  celle appartenant à la classe dite moyenne  que l’on retrouve à Al Fath ou El Manzeh par exemple où l’on trouve  les électeurs traditionnels de l’USFP. Il faut savoir que ce sont des personnes qui font des votes politiques mais dans le même temps c’est cette tranche de la population qui grossit les rangs des abstentionnistes. Ensuite, il y a les habitants des douars et bidonvilles comme Douar Al Kora, Douar Al Garaa, Douar R’ja F’Allah. Ici, on a affaire à des électeurs qui votent massivement, mais attention, c’est un vote intéressé qui va au plus offrant », explique Hassan Tariq.
Et pour ce membre dirigeant du Parti de la Rose –il siège au BP depuis le dernier congrès des Usfpéistes- tout l’enjeu réside aujourd’hui dans le fait d’inciter les citoyens à se rendre aux urnes. « Cela se jouera au niveau de la classe moyenne. Cette catégorie d’électeurs fait des choix politiques en votant. Depuis le début de la campagne, je demande à ces citoyens d’aller voter, de faire leur choix, peu importe pour quel parti. Parce que l’abstention ouvre la voix à tous ceux et celles dont le vote est téléguidé. Les marchands de voix, les smassria électoraux ont pignon sur rue dans les douars et bidonvilles de Yacoub El Mansour », soutient la tête de liste ittihadi.

L’immense décalage entre élus et acteurs locaux

Ici à Yacoub El Mansour, 17 listes s’affrontent dans une folle concurrence. Dans les états-majors partisans mais aussi dans les rédactions, on parle volontiers de circonscription de la mort. L’argent circule, les créatures électorales se livrent bataille. Quant à l’engagement politique, il n’apparaît que chez de très rares convaincus, forcément appartenant à la famille de la gauche. « Et il y a bien sûr le PJD et Yacoub El Mansour est l’un des fiefs des islamistes. Ils sont très discrets, mènent une campagne silencieuse, presque souterraine, dans les maisons, à l’aube au sortir des mosquées. Il n’y a pas de politique spectacle, pas de démonstration de force dans les rues. Une force tranquille, quoi », admet, bon joueur, H. Tariq.  Ce candidat quadra ne se fait pas d’illusion. La bataille est rude et le taux de participation sera un élément majeur, déterminant dans la configuration du prochain conseil d’arrondissement. Ce politique en fait le constat tous les jours : le décalage entre les élus de Yacoub El Mansour et les acteurs locaux de cette commune. « Ici, il y a un tissu associatif d’une incroyable richesse, un engagement civique qui ne se traduit pas malheureusement dans la représentation au sein du conseil. C’est pourquoi nous avons réfléchi aux moyens d’exploiter cette richesse du mouvement associatif pour l’impliquer et inciter les associations de développement à participer au processus d’élaboration de la décision au sein de la commune», relève notre interlocuteur qui rêve de la mise en place d’instance de démocratie participative.

Narjis Rerhaye
Samedi 6 Juin 2009

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