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Habib El Malki, lors du Forum du “Matin” : “La commune doit se mettre au service des citoyens”




Habib El Malki, lors du Forum du “Matin” : “La commune doit se mettre au service des citoyens”
 «Nous militons pour une commune citoyenne, qui réconcilie
le citoyen avec
sa cité», a déclaré Habib El Malki, membre du Bureau politique
de l’USFP lors
du Forum «90 minutes pour convaincre»,
organisé
par notre confrère “Le Matin”.

Concernant la situation qui prévaut aujourd’hui sur la scène politique à l’approche des communales du 12 juin et les débats houleux qui l’ont caractérisée, Habib El Malki a souligné que «les élections du 12 juin prochain se passent dans un contexte marqué par une crise de valeurs et une campagne dominée par des amalgames et des troubles.
Quand bien même le Maroc disposerait d’une expérience communale de 50 ans, à chaque période de l’évolution politique des créatures émergent et tentent de freiner le jeu politique. L’histoire nous a, pourtant, montré que cette démarche menace la stabilité de l’évolution démocratique du pays. Ces agissements compromettent l’entrée du Maroc dans la modernité politique. Le débat sur l’article 5 de la loi sur les partis en apporte l’illustration la plus éloquente. A l’USFP, nous respectons le verdict émanant des tribunaux administratifs à Rabat et Tanger, mais nous continuerons à œuvrer pour une justice plus juste, indépendante et qui travaille pour l’ancrage de la légitimité des institutions élues. En effet, le verdict nous a surpris, car l’appartenance à un parti ne tolère guère le morcellement ni la contradiction entre les responsabilités locales et les engagements au niveau des institutions nationales».
Pour ce qui est de la campagne orchestrée contre Mehdi Ben Barka et du procès intenté par la Jeunesse Ittihadia à Hamid Chabat,  Habib El Malki a indiqué que «nous avions annoncé dans différentes occasions que l’on n’acceptera jamais qu’un des symboles du mouvement national et membre fondateur de l’UNFP soit l’objet d’une campagne de dénigrement. Ce qui est frappant, c’est le timing d’une telle cabale qui coïncide avec des élections décisives pour le Maroc durant les prochaines années. Mais sans aucun doute, la recherche de la vérité, toute la vérité, nous fera connaître le destin du regretté Mehdi Ben Barka.
Cela aidera également à lever le voile sur différentes parties proches et lointaines ayant un rapport avec l’affaire Ben Barka».
D’un autre côté, Habib El Malki a déclaré qu’«il  n’y a pas de conflit entre l’USFP et le PI. Car les positions des personnes qui exercent la responsabilité de manière irresponsable (Hamid Chabat) ne feront pas de nous des ennemis. Tout le monde connaît les soubassements des dernières évolutions et le parti de l’Istiqlal se trouve dans une situation très délicate, car les deux partis sont des alliés stratégiques et continueront à l’être pour contrecarrer toutes les tentatives qui veulent tirer le Maroc vers l’arrière».
Pour ce qui est de la situation du parti après le VIIIème congrès, Habib El Malki a indiqué que «l’USFP est sorti plus fort après l’examen du huitième congrès et nous avons pu régler tous nos différends en faisant recours à la démocratie interne. Nous sommes parmi les quelques partis qui ont organisé un débat interne pour développer les orientations stratégiques à caractères légal, organisationnel et même économique, social et culturel. La force de l’USFP se trouve dans son enracinement populaire et national. Nous sommes un parti de terrain ayant participé à la vie communale depuis une cinquantaine d’années. Notre expérience nous permettra de formuler un programme national et local qui répond aux attentes des populations. En même temps, nous sommes porteurs d’un projet politique moderniste que nous considérons comme une alternative valable en cette période ».
S’agissant du grand pôle de gauche et de la Koutla, Habib El Malki a fait savoir qu’«il n’existe aucune contradiction entre la Koutla et l’orientation qui vise la création d’un pôle de gauche. C’est un choix stratégique et politique pour l’Ittihad. Mais, c’est un processus qui reste complexe et demande du temps eu égard à certains principes et mêmes certaines susceptibilités. Mais toutes les parties sont d’accord et se sont engagées moralement et politiquement à poursuivre le dialogue jusqu’à ce qu’on parvienne à un cadre sérieux et solide».
Pour le programme de l’USFP des élections communales, Habib El Malki a précisé «qu’il  concerne notamment les communes, mais aussi dans son rapport avec notre vision globale et milite en faveur de la réhabilitation de la commune et la reconquête de sa crédibilité. Sachant, bien entendu, que la commune se doit d’être plus active, plus opérationnelle au service des citoyens. En un mot, nous militons pour une commune citoyenne dans le sens fort du terme. Ce qui devrait, en définitive, amener à la réconciliation entre le citoyen et sa commune. De même que notre programme s’appuie sur plusieurs points qui sont de nature à servir les grands objectifs que nous escomptons. D’abord, nous estimons nécessaire de gérer la commune par le truchement de ses moyens financiers, en vue de répondre aux besoins primordiaux des habitants (eau potable, électricité, assainissement, enseignement, santé…). Or, sur ce front, la commune est appelée à être un facilitateur de tous ces services à rendre et à assurer aux citoyens. Sur un autre plan, la commune est attendue pour servir de ciment en matière de solidarité sociale et à tous les étages. Ce qui passe, on s’en doute, à travers le renforcement des infrastructures de base qu’elles soient économiques, culturelles ou sociales. Et ce, à travers, entre autres, la mise sur pied de projets créateurs de revenus. Sans omettre de vue l’impératif de prendre en considération les besoins spécifiques des handicapés. Autre dimension non moins importante est celle relative à la nécessité pour la commune de s’ouvrir sur son environnement général, et plus particulièrement dans le cadre du développement de l’espace. En fait, nous ne pouvons pas nous permettre de rester les mains liées devant des phénomènes qui touchent directement la vie des Marocains d’aujourd’hui si on veut bâtir, sur des bases solides, le Maroc de demain. Ceci étant en prenant en ligne de compte à la fois les impératifs du développement et la nécessaire préservation de l’environnement. Or, ces objectifs ne peuvent être atteints sans une réelle adoption du principe de la bonne gouvernance, qui passe par le savoir, le savoir-faire, la responsabilité et la transparence dans la gestion de la chose locale».
Pour atteindre ces objectifs, Habib El Malki a avancé qu’«il est nécessaire de commencer de revoir à la baisse la TVA réservée aux communes de 30 à 40% sur les dix années à venir. Une décision, si elle vient à être adoptée, fera de la commune un important levier de développement socio-économique et un instrument efficace pour la protection de l’environnement. Sans oublier, bien évidemment, le bon usage des moyens intrinsèques dont disposent les communes. En fait, à l’USFP, nous estimons que la commune ne doit plus être uniquement considérée comme une des cellules administratives, mais une vraie niche de production des richesses. Et ce, notamment, par la création des opportunités d’emploi qui passe, on s’en doute, par la promotion de l’investissement national et étranger.
Dès lors, notre souhait est que les budgets alloués aux communes passent de 12 à 30%. Or, si on y arrive, soyez sûrs que le Maroc de demain sera meilleur que celui d’aujourd’hui. Certes, le ministère de tutelle consent des efforts louables dans ce sens, mais il faut accélérer la cadence ».
Répondant à une question sur une éventuelle alliance avec le PJD, Habib Malki était catégorique en soulignant : «Pour nous, le sujet des alliances est clair. Nous avons des principes et notre première option à ce niveau concerne d’abord la Koutla et la gauche. Il s’agit là d’une orientation stratégique que le huitième congrès a confirmée. Nous sommes ouverts à tous ceux qui partagent avec nous la même vision stratégique qui consiste à bâtir un projet sociétal basé sur la modernité. Ce principe n’est pas pour nous un engagement ou un choix formels mais une conviction ancrée depuis cinquante ans.
Toutefois, nous sommes pragmatiques et nous restons un parti de terrain quand il s’agit d’élections locales ».
Au sujet des attaques personnelles qui ont fait surface lors de la campagne électorale, Habib El Malki a indiqué qu’ « elles n’ont pas droit de cité. Plus encore, cela est l’expression d’une dégradation de la vie politique dans son ensemble. Une dégradation aussi qui est révélatrice de l’absence d’un débat autour des idées, des approches et des programmes. D’ailleurs, cette pauvreté dont souffre le débat politique est un corollaire de l’individualisation des discussions. Et quand on individualise, cela signifie que nous sommes devant des horizons fermés.
Quant à la responsabilité de cet état de fait, je crois qu’elle est partagée entre les acteurs politiques qui se comportent, sur la scène politique, de la même manière que celle qu’on adopte dans un commerce. D’où le fait, j’estime, que cette situation est affectée par une crise morale doublée d’une crise politique et nous avons, tous, le devoir de nous débarrasser de ces boulets de fer qui mènent vers le bas au lieu de nous avancer dans une évolution vertueuse de la pratique politique. L’objectif étant d’arriver à hausser le niveau du débat, de la même manière que nous devons définir le rôle des acteurs politiques pour être au diapason de cet objectif. Mais aussi et surtout d’aller vers la réhabilitation de l’esprit et du principe du «vivre ensemble», dans un cadre de la promotion et du développement de l’élément humain.
Si on arrive à mettre en œuvre, sur les dix années à venir, ce que nous préconisons pour les communes, ceci sera de nature à leur donner les moyens qu’il faut pour aller vers les objectifs tracés. Par ailleurs, si nous partons des principes du renforcement des moyens octroyés aux communes, en terme de budget de fonctionnement autant que de celui de l’investissement, tout en mettant les femmes et les hommes qu’il faut, nous disons, à l’USFP, que notre programme est un contrat que nous passons avec les citoyens. Il s’agit, pour nous, d’un engagement moral et politique fort».
En guise d’évaluation de l’action menée par les communes gérées  durant le dernier mandat par l’USFP, Habib El Malki a affirmé que «nous sommes fiers du rendement constaté dans les communes que nous avons la responsabilité de gérer. A ce titre, la commune d’Agadir n’est plus ce qu’elle était avant la période allant de 2003 à 2009. Il suffit de voir tout ce qui a été réalisé dans ce grand pôle pour se rendre à l’évidence de l’effort consenti par la présidence de l’USFP. Et ce, sur tous les plans: aménagement de l’espace et infrastructures.
De même que pour la ville de Bejaâd dont le visage a été complètement transformé grâce à la gestion optimale du président USFP qui était à sa tête.
Plus encore, un autre exemple et non des moindres est celui de la ville de Tanger qui a connu un changement radical depuis 2003. Partant de ces constats, et il y en d’autres, notre objectif est de préserver ces communes et viser d’autres».


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Vendredi 5 Juin 2009

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