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Corruption médiatique




Les journalistes, dit-on, aiment à traiter des trains qui arrivent en retard. Ils sont ces empêcheurs de tourner en rond, ceux et celles à l'affût des maux de la société, qui n'en finissent pas de guetter dysfonctionnements, lacunes, erreurs. Donneurs de leçons, justiciers, fouine-poubelles, les sobriquets se bousculent dans cette profession qui tout à la fois fascine, inquiète, fait peur.
Les journalistes savent aussi balayer devant leur porte. Et il faut s'en réjouir. Il y a quelques semaines, la section casablancaise du Syndicat national de la presse marocaine, SNPM, organisait une rencontre sur le thème de la presse et la corruption.
Le corps journalistique n'est pas, lui non plus, épargné par le fléau de la corruption. Et le syndicat de la presse a eu suffisamment de courage -de l'honnêteté aussi et surtout- pour dire haut et fort que oui, il y a des journalistes corrompus au Maroc et que le système des enveloppes est désormais une forme de corruption qui est entrée depuis bien longtemps dans les mœurs marocaines.
Le SNPM a dressé le triste bilan de la corruption dans le microcosme des médias. Presse écrite, presse audiovisuelle, presse électronique, la gangrène est partout. Les causes sont multiples même si rien ne saurait justifier l'injustifiable, c'est-à-dire voir un homme ou une femme de médias vendre sa conscience et sa dignité.
L'anarchie et l'absence d'organisation du secteur de la presse en plus de la détérioration de la situation matérielle des journalistes sont pointées par le syndicat de la presse qui n'hésite pas dans la foulée à condamner ces entreprises de presse et rédacteurs en chef encourageant  la corruption dans ses formes les plus diverses. 
C'est l'avenir même de la pratique journalistique qui est ici mis en péril. Sans éthique, sans code de déontologie et en l'absence de toute indépendance et liberté  -à cause justement de la soumission au pouvoir de l'argent- la mission même de la profession est remise en cause.
Plus que jamais, l'action syndicale apparaît comme un des moyens pour lutter contre la corruption dans le corps journalistique. Mise en place de grilles de salaires, adoption de la convention collective, élaboration d'un code éditorial et élection de conseils de rédaction pour veiller à son application sont autant de recommandations qui ont d'ailleurs été émises à l'issue de cette rencontre qui a levé le voile sur la corruption dans le monde de la presse. Désorganisée, la profession n'en est que plus affaiblie dans un tel combat. L'urgence réside aujourd'hui dans l'adoption d'un code de la presse qui consacrerait tout à la fois liberté, indépendance dans le respect des droits et devoirs de la communauté.

Narjis Rerhaye
Mercredi 4 Février 2009

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