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C’est une partie de nous qui s’en va…




Impardonnable. Comment  se permettrait-on de passer à côté d’une information d’une aussi grande importance ? D’autant qu’elle fait état d’une décision à même de chambouler notre paysage et de bouleverser de fond en comble nos bien chères vieilles habitudes.
Ce qui ajoute à notre consternation, c’est que cette fois, cela a tout l’air d’être plus sérieux que jamais. Il y a même eu un arrêté ministériel qui serait déjà en application depuis le début du mois. Pire, ils sont pas moins de deux ministères à avoir ourdi le vilain complot.
Non, mais dites, à quoi rassembleraient nos marchés et souks, nos ballots et bagages, nos champs et paysages, nos courses et achats, nos présents et cadeaux… sans le bien vénéré sac en  plastique noir, notre « mica kahla » à nous, si collante et si attachante ?
C’est même un péché que d’avoir cherché à singer ces païens d’Europe ou d’ailleurs qui, dans leur folie impie, ne se sont pas  contentés de sonner à jamais le glas de tout ce qui rassemblerait à un sac en plastique noir, mais ils continuent de mener une guerre barbare à tout autre sac en quelque matière non biodégradable. Terme tout aussi barbare. Nos sacs à nous, si noirs soient-ils, pour peu qu’on le veuille, ne sont pas que biodégradables. Ils peuvent bien débarrasser le plancher à tout moment et disparaître carrément, comme par magie.
Il y a quelques petites années, on avait «cueilli» les centaines ou milliers de sacs qui décoraient tous ces champs incultes en bordure de la route Benguerir/Marrakech, cortège royal oblige. Sauf que le lendemain tous ces sacs  ont mystérieusement réapparu. C’est à croire que ceux-là mêmes qui les avaient enlevés de là ont dû s’employer à les remettre là où ils étaient.
Nos respects à Messieurs les ministres de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, mais c’est non !
Pétitionnons donc. Et « sit-ingons » tous ensemble ! On l’a bien fait pour s’opposer à l’obligation de se munir du tachymètre ou celle de porter la ceinture de sécurité, ou pour rejeter carrément un Code de la route qui avait la prétention de nous empêcher de rouler à notre âme et … inconscience.
Non, c’est trop dur. Le sac noir, c’est pour nous comme le passeport vert. On ne serait pas tout à fait marocains sans ça.
Et puis que feraient tous ces bambins qui passent la journée à vanter, de leur voix si mélodieuse, les mérites du fameux  sac qu’ils proposent à des clients ravis ?
Mais ça, c’est l’affaire d’une autre ministre. Madame Nouzha n’a donc qu’à se joindre à notre mouvement, «Touche pas à un sac noir ». 

Mohamed BENARBIA
Mardi 15 Septembre 2009

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