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Après le G20 : Sortie de crise pour le capitalisme ?




Un vent d’optimisme a accueilli la dernière réunion du G20 à Londres. Un  indicateur dans ce sens est le frémissement positif ressenti auprès des principales places financières internationales. L’effet Obama y est pour quelque chose. Son plan de relance a été présenté comme modèle, y compris au sein de la social-démocratie européenne.  Mais au-delà de l’effet de consommation médiatique, quels impacts réels peut-on attendre de ce groupement hétéroclite qui avait affaire à l’une des crises les plus graves et les plus profondes du système économique dominant?
Globalement, le sommet de Londres a été jugé comme réussi du fait même qu’il est parvenu à certains accords étant donné les grandes divergences initiales qui minent l’homogénéité de façade. Ce sont en fin de compte des régulations de nature technique qui ont été adoptées aussi bien au niveau des méthodes de travail que des structures existantes. C’est ainsi que de nouvelles mesures sont prises au bénéfice de plus de transparence dans les échanges financiers, la régulation au niveau international en réhabilitant le rôle des institutions financières Banque mondiale et FMI et puis un effort a été enregistré concernant la prévention   des dérives et la formation des bulles spéculatives…Tout cela a permis aux politiciens du G20 de rentrer chez eux en annonçant des acquis ici et là…
Mais sur le fond, le problème posé par la nouvelle crise  reste entier…Au moment où se tenait la réunion de Londres, un débat d’une autre nature traverse l’espace public…En France, par exemple, cela tourne autour du fait de savoir si les pays et les sociétés ne sont pas à la veille d’une explosion généralisée…tant les effets de la crise sont terribles sur la cohésion sociale. 
Déjà, au niveau des mouvements sociaux, des formes de résistance “sauvage” font leur apparition (séquestration de patrons, destruction de l’outil de production…), renvoient les rapports sociaux à leur stade primitif, celui du XIXème siècle; c’est un retour à Zola de Germinal.  En fait, c’est la nature même de cette crise qui doit interpeller les militants socialistes. Sommes-nous devant une phase cyclique de l’évolution du capitalise ou au contraire sommes-nous entrés dans un cycle final qui traduit les limites historiques d’un système?
Le débat est théoriquement passionnant mais il n’en est pas moins sérieux car il y va de l’avenir de l’humanité et du devenir de la planète. C’est en fait une crise structurelle qui constitue le point d’orgue qui ont touché depuis bientôt trente ans la périphérie du système (la crise asiatique, la crise russe…la crise de la bulle internet) pour maintenant éclater au cœur du système. Face à cela, proposer un package de reréglementation  financière nous permet de gagner un laps de temps mesuré sur une échéance courte (électorale!) et ne permet guère d’avancer sur la voie de la solution qu’appelle l’ampleur des dégâts.

Mehdi Benomar
Mardi 7 Avril 2009

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