Déployant une armée de chargés de relations publiques et d’experts en marketing, les grands studios mettent en marche une véritable machine de guerre. Ils dépenseront d’autant plus cette année qu’il y a plusieurs favoris pour le meilleur film, jusqu’à entre trois et dix millions de dollars, selon le magazine spécialisé Variety.
Les producteurs plus modestes, eux, parient sur les réseaux sociaux, “un outil essentiel pour toute les campagnes et sorties de films aujourd’hui”, explique un responsable en relations publiques préférant rester anonyme. Pour courtiser les 6.261 membres de l’Académie des arts et sciences du cinéma disposant du précieux droit de vote, il faut d’abord s’assurer qu’ils voient le film dans les meilleures conditions. “L’arrivée du DVD a changé radicalement les règles du jeu”, se souvient Tom Nunan.
“Nous avions été les premiers à envoyer” le DVD au plus grand groupe d’électeurs de l’Académie et “cela avait fait toute la différence”: “Collision” avait créé la surprise en raflant l’Oscar du meilleur film au grand favori, “Le Secret de Brokeback Mountain”. Meilleure recette encore: offrir aux membres de l’Académie une projection privée accompagnée d’une séance de questions-réponses avec les protagonistes.
“Ça peut paraître évident mais si quelqu’un va voir «Birdman», a aimé le film et rencontre ensuite Michael Keaton et le trouve sympathique, il le soutiendra au moment du vote”, explique Alvar Carretero de la Fuente, de l’agence de relations publiques JJPR, prenant en exemple le film récompensé l’an dernier. Son agence, qui mène notamment cette année les campagnes de “Seul sur Mars” et “Brooklyn”, candidats au prix du meilleur film, a ainsi organisé un déjeuner dans un hôtel de luxe de Los Angeles pour 200 membres de l’Académie avec Matt Damon, héros de l’odyssée spatiale, en invité vedette.
La plupart des acteurs s’impliquent spontanément pour remporter les suffrages. Mais certains, comme Daniel Day-Lewis, ne courtisent personne et gagnent quand même. L’acteur britannique a déjà remporté trois Oscars, pour “My Left Foot” en 1990, “There Will Be Blood” (2008) et “Lincoln” (2013). “Tout ce qu’on fait en campagne ne garantit jamais la victoire mais on le fait avec l’espoir que le film sera vu et que les membres électeurs en parlent”, reconnaît un autre chargé de relations publiques préférant aussi rester anonyme.










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