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Le mot de la semaine sera sans doute latin. "Sine die", sans date fixe, tel sera le sort de la "suspension" de l’aide financière directe aux pauvres. Le chef du gouvernement a reconnu, avant-hier à la Chambre des représentants, en fort peu de mots, l’existence de difficultés entravant la mise en place de cette mesure destinée aux populations les plus modestes pour compenser les hausses de prix des produits subventionnés. D’après lui, l’octroi de cette aide s’est vu confronter à des problèmes pratiques liés aux mécanismes et aux modalités d’accorder ces soutiens ainsi qu’au ciblage des catégories concernées. Pas le temps de dire plus, puisque Abdelilah Benkirane a préféré recourir aux circonlocutions et à l’emphase pour traiter un autre sujet, à savoir les mesures prises par le gouvernement pour redresser les finances de la Caisse de compensation et se complaire à ressasser des propos connus de tout le monde et afficher sa satisfaction d’avoir fait baisser les interventions de cette Caisse par rapport aux années précédentes, grâce notamment à l’entrée en vigueur, depuis plus d’une année, du système d’indexation des prix des carburants.
Les populations vivant en deçà du seuil de pauvreté relatif et qui représentent 8,9% de l'ensemble de la population marocaine, soit 2,8 millions de personnes ou 560.000 ménages doivent prendre leur mal en patience et attendre encore pour se voir gratifier de quelques sous.
Le gouvernement compte-t-il faire marche arrière et suspendre à jamais cette mesure ? « Non », répond Benkirane qui pense qu’il lui faut seulement un peu de temps pour arriver à maîtriser le processus et mettre en œuvre cette promesse. Pour lui, il faut donc donner du temps au temps. Mais jusqu’à quand ? Personne ne le sait.
Pourtant, les observateurs sont unanimes à considérer que la démarche en question est loin de constituer la solution idoine et les expériences internationales dans le domaine le prouvent. En effet, s’ils sont d’accord à penser que les transferts financiers sont nécessaires compte tenu de l’ampleur des inégalités et des difficultés pour les pauvres de survivre, ils pensent, néanmoins que leurs effets demeurent limités puisqu’immédiats et qu’ils ne fournissent guère aux classes démunies les moyens de surmonter durablement leur misère. Pierre Salama, de l’Université de Paris a précisé à ce propos que l’assistanat auprès des nécessiteux atténue leur pauvreté en la rendant moins difficile à supporter et il peut permettre une recherche de légitimation auprès des pauvres, au-delà des pratiques clientélistes auxquelles il a pu donner lieu. Mais, il a tenu à souligner que cette politique ne saurait suppléer une politique de dépenses sociales, hors transferts, plus soutenue.
« Réduire les inégalités économiques doit s’accompagner d’une réduction des inégalités sociales, et de dépenses sociales en éducation, en santé, en logement, plus conséquentes. L’efficacité de ces politiques passe par une connaissance des besoins spécifiques des pauvres, différents en milieu rural et en milieu urbain, différents selon que l’emploi soit formel ou informel. L’augmentation des dépenses sociales est une condition également nécessaire mais non suffisante. Ces dépenses doivent être financées par l’impôt. Il est difficile de concevoir qu’on puisse augmenter les dépenses sans repenser le système fiscal dans un sens plus redistributif », a-t-il conclu.
Les populations vivant en deçà du seuil de pauvreté relatif et qui représentent 8,9% de l'ensemble de la population marocaine, soit 2,8 millions de personnes ou 560.000 ménages doivent prendre leur mal en patience et attendre encore pour se voir gratifier de quelques sous.
Le gouvernement compte-t-il faire marche arrière et suspendre à jamais cette mesure ? « Non », répond Benkirane qui pense qu’il lui faut seulement un peu de temps pour arriver à maîtriser le processus et mettre en œuvre cette promesse. Pour lui, il faut donc donner du temps au temps. Mais jusqu’à quand ? Personne ne le sait.
Pourtant, les observateurs sont unanimes à considérer que la démarche en question est loin de constituer la solution idoine et les expériences internationales dans le domaine le prouvent. En effet, s’ils sont d’accord à penser que les transferts financiers sont nécessaires compte tenu de l’ampleur des inégalités et des difficultés pour les pauvres de survivre, ils pensent, néanmoins que leurs effets demeurent limités puisqu’immédiats et qu’ils ne fournissent guère aux classes démunies les moyens de surmonter durablement leur misère. Pierre Salama, de l’Université de Paris a précisé à ce propos que l’assistanat auprès des nécessiteux atténue leur pauvreté en la rendant moins difficile à supporter et il peut permettre une recherche de légitimation auprès des pauvres, au-delà des pratiques clientélistes auxquelles il a pu donner lieu. Mais, il a tenu à souligner que cette politique ne saurait suppléer une politique de dépenses sociales, hors transferts, plus soutenue.
« Réduire les inégalités économiques doit s’accompagner d’une réduction des inégalités sociales, et de dépenses sociales en éducation, en santé, en logement, plus conséquentes. L’efficacité de ces politiques passe par une connaissance des besoins spécifiques des pauvres, différents en milieu rural et en milieu urbain, différents selon que l’emploi soit formel ou informel. L’augmentation des dépenses sociales est une condition également nécessaire mais non suffisante. Ces dépenses doivent être financées par l’impôt. Il est difficile de concevoir qu’on puisse augmenter les dépenses sans repenser le système fiscal dans un sens plus redistributif », a-t-il conclu.