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Il va sans dire que jusqu’à présent, les politiques prônées par le gouvernement Akhannouch demeurent aux antipodes de ce qu’impliquerait le concept de l’Etat social.
Unir la gauche ne signifie cependant pas gommer les différences idéologiques, ni effacer les identités partisanes. Il s’agit de bâtir un socle programmatique commun autour de priorités clairement identifiéesMais qu’importe. Cette tentative de récupération d’un concept longtemps lié aux partis qui se réclament de gauche doit les interpeller. D’abord en essayant de remettre dans le débat public le clivage gauche-droite. Ensuite, en tirant tous les enseignements nécessaires de la dernière victoire des partis de droite, qui, malgré leurs divergences, n’ont pas lésiné sur les moyens pour mettre à mal tous les autres partis. L’affrontement gauche-droite, qui était passé au second plan en tant que grille de lecture de l’actualité politique, doit s’affirmer avec force. C’est en quelque sorte une manière de dire que l’on refuse la loi du plus fort. Et c’est aussi une façon de dire que l’on doit rechercher des solutions collectives aux problèmes de société plutôt que des solutions individuelles.
Cela revient à répondre à la question ; c’est quoi la gauche ?
La réponse à cette question permettrait de ne plus voir la gauche comme un ensemble d’îlots si distants qu’on peine à y voir une force politique cohérente. Elle permettrait aussi de donner consistance aux repères de la question sociale et de la répartition des richesses qui permettaient au citoyen politisé ou non, de comprendre les débats qui animaient le camp progressiste, et d’enlever ainsi l’impression de confusion et d’abandon des fondamentaux qui semble prévaloir au sein même des militants des partis de gauche.
L’histoire politique nationale montre que les grandes avancées démocratiques ont été portées par des dynamiques collectivesLa gauche n’est pas morte. N’en déplaise à ceux qui le souhaitent. Elle a néanmoins besoin de se redéfinir, en tenant compte du fait que les espaces où se forgent les idées et la légitimité militante ont substantiellement changé. Elle a besoin également de se donner plus de visibilité. Or, celle-ci dépend, du moins en partie, de sa capacité à se présenter comme une force unie.
D’où la question qui concerne la capacité de la gauche marocaine à se hisser à la hauteur du moment politique. L’enjeu dépasse de loin les calculs électoraux. Il touche à la capacité même du champ progressiste à proposer une alternative crédible dans un contexte de crispations sociales, de concentration des richesses et de fragilisation du débat démocratique.
L’histoire politique nationale montre que les grandes avancées démocratiques ont été portées par des dynamiques collectives. Le combat pour l’Etat de droit, l’élargissement des libertés publiques, les réformes constitutionnelles successives ou encore les acquis en matière de droits sociaux ont été consolidés lorsque les forces progressistes ont su conjuguer leurs efforts. A chaque étape décisive, l’unité a renforcé la légitimité et la capacité d’influence de la gauche ; la division, au contraire, a dilué son rôle.
Aujourd’hui, les indicateurs socio-économiques interpellent. Le chômage des jeunes demeure élevé, les disparités régionales persistent, la classe moyenne subit une pression croissante et le débat public semble parfois réduit à des confrontations secondaires. Dans ce contexte, l’émiettement des forces progressistes donne l’image d’un champ politique incapable de structurer une réponse globale aux attentes sociales.
Mais l’unité ne suffit pas. Encore faut-il ne pas se tromper dans la définition de l’adversaire politique. L’erreur stratégique la plus coûteuse serait de transformer les divergences internes en lignes de fracture irréconciliables, ou de concentrer l’énergie militante sur des rivalités périphériques. Lorsque les forces progressistes s’épuisent dans des conflits latéraux, elles détournent l’attention des véritables enjeux : l’évaluation des politiques publiques, la question de la justice fiscale, la qualité des services publics, la régulation des rapports entre pouvoir économique et pouvoir politique.
La clarification est donc indispensable. L’adversaire politique ne se situe pas dans le camp des partenaires potentiels du progrès démocratique, mais dans les logiques qui affaiblissent l’État social, creusent les inégalités et réduisent le débat public à un affrontement d’images plutôt qu’à une confrontation de projets. Se tromper d’ennemi, c’est priver les citoyens d’un débat de fond et retarder l’émergence d’une alternative structurée.
La gauche dispose d’un héritage, d’une expérience et d’un capital militant qui peuvent constituer les fondations d’un renouveau, à condition de faire le choix du rassemblement et de la clarté stratégiqueUnir la gauche ne signifie cependant pas gommer les différences idéologiques, ni effacer les identités partisanes. Il s’agit de bâtir un socle programmatique commun autour de priorités clairement identifiées : consolidation de l’Etat social, égalité territoriale, défense des libertés, renforcement des institutions et moralisation de la vie publique. Cette convergence suppose maturité politique, sens des responsabilités et capacité à hiérarchiser les priorités.
La véritable question n’est pas celle des alliances arithmétiques, mais celle du sens politique. Une union réduite à un arrangement électoral serait fragile et éphémère. En revanche, une convergence fondée sur un projet partagé peut redonner confiance aux citoyens et restaurer la crédibilité du discours progressiste.
A l’horizon des législatives, le moment est venu de dépasser les réflexes défensifs et les logiques de cloisonnement. La société marocaine attend des réponses concrètes, une vision d’avenir et un discours capable d’articuler justice sociale et modernité institutionnelle.
L’histoire jugera la capacité des forces progressistes à saisir cette opportunité. Le moment appelle au courage politique, à la lucidité stratégique et à l’esprit de responsabilité. L’unité n’est pas une option confortable ; elle est désormais une nécessité. L’USFP est convaincu de de cette démarche
Par Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique
Secrétaire provincial de l’Union Socialiste des Forces Populaires – Tétouan













