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Une investiture à haut risque se profile pour Pedro Sanchez




Poker menteur ou risque réel d'échec ? Le socialiste espagnol Pedro Sanchez n'a toujours pas les appuis suffisants pour être reconduit au pouvoir la semaine prochaine par le Parlement, Podemos refusant jusqu'ici de le soutenir.
Près de trois mois après les législatives du 28 avril, le spectre d'une poursuite de l'instabilité politique plane toujours sur la quatrième économie de la zone euro, qui est déjà allée aux urnes trois fois en trois ans et demi.
Vainqueur des élections, le chef du gouvernement sortant ne dispose que de 123 sièges sur 350 à la Chambre des députés. Il a donc absolument besoin de l'appui des 42 députés du parti de gauche radicale Podemos, et de celui de plusieurs partis régionalistes, pour être reconduit au pouvoir la semaine prochaine lors de la session d'investiture.
Un premier vote des députés aura lieu mardi mais il requiert une majorité absolue que Sanchez ne semble a priori pas en mesure de rassembler.
Un deuxième vote devrait donc se tenir jeudi où une majorité relative suffira. Mais il n'a pour le moment aucune garantie de le remporter car il n'a toujours pas obtenu l'appui de Podemos.
En cas de nouvel échec jeudi, M. Sanchez pourra retenter d'être investi d'ici au 23 septembre, date-butoir fixée avant la convocation automatique de nouvelles élections pour novembre.
Podemos exige depuis le début son entrée au gouvernement. Après avoir opposé une fin de non-recevoir, M. Sanchez a lâché du lest en acceptant la nomination de ministres de Podemos au profil plus technique que politique.
Mais il a en revanche martelé jeudi qu'il ne voulait pas de Pablo Iglesias, chef de cette formation, au sein de son exécutif.
"Un gouvernement incluant Iglesias serait paralysé" par ses "contradictions internes", a déclaré le chef du gouvernement sortant, en citant en particulier leurs divergences sur la Catalogne, dont la tentative de sécession en 2017 a provoqué l'une des pires crises politiques du pays.
Dans cette partie de poker menteur, Pablo Iglesias a affiché un certain optimisme vendredi.
"Il faut être patient avec le Parti socialiste (...) je suis convaincu qu'ils vont finir par conclure que la voie la plus sensée - et la seule possible - est de négocier un accord de coalition avec nous", a-t-il déclaré dans la presse.
L'historique des relations entre les deux formations est chaotique.
L'an dernier, Podemos a permis l'accession au pouvoir de Sanchez en soutenant sa motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy.
Mais en 2016, le socialiste avait tenté sans succès de négocier un accord avec ce parti pour devenir chef de gouvernement. Podemos avait ensuite voté contre l'investiture du socialiste, soutenu par les libéraux de Ciudadanos. Le blocage avait entraîné de nouvelles élections.
Politologue à l'université de Saragosse, Cristina Monge ne veut pas croire cette fois à un nouveau scrutin.
"On ne peut rien exclure mais je pense que personne n'y a intérêt. D'une manière ou d'une autre, ils parviendront à un accord", souligne-t-elle.
Selon Oriol Bartomeus, politologue à l'Université autonome de Barcelone, la menace de nouvelles élections "est plus un épouvantail, un jeu de dupes qu'une volonté réelle".
Mais "nous pourrions finir par arriver à de nouvelles élections sans le vouloir, ce qui représenterait un grave problème pour la confiance (des citoyens) envers la classe politique", met-il toutefois en garde.
Face à ce risque, M. Sanchez appelle la droite à faciliter son investiture en s'abstenant lors du vote, ce qu'elle refuse, car il veut absolument éviter que son élection ne dépende des voix des indépendantistes catalans.

Jeunes, novices, les futurs députés ukrainiens espèrent changer ce qui va mal

A 33 ans, Kira Roudyk est une entrepreneuse prospère, employant un millier de personnes en Ukraine. Elle est aussi en lice pour devenir députée, exemple de la vague inédite de nouveaux visages devant entrer au Parlement après les législatives de dimanche.
Dirigeante de la branche locale de la startup américaine de sécurité Ring, acquise l'année dernière par Amazon pour plus d'un milliard de dollars, Kira Roudyk est troisième sur la liste du parti pro-occidental Golos (Voix). Lancée en mai par la superstar du rock ukrainien Sviatoslav Vakartchouk, la formation devrait, selon les sondages, rejoindre le Parlement. "J'ai l'esprit d'entrepreneuse et quand Sviatoslav m'a dit qu'on avait des chances de pouvoir changer les choses qui vont mal, je me suis dit: pourquoi pas?", explique à l'AFP cette jeune femme énergique.
Convoquées par le président Volodymyr Zelensky, les législatives de dimanche annoncent une nouvelle ère dans la politique de cette ex-république soviétique, dominée jusqu'à présent par des hommes et femmes politiques ayant grandi en URSS.
"Ce sera un tournant fondamental", résume la sociologue Iryna Bekechkina, directrice de la fondation Initiatives démocratiques, selon laquelle entre 50% et 70% des députés seront néophytes.
Fatigués de la guerre contre les séparatistes prorusses dans l'Est, qui a fait près de 13.000 morts en cinq ans, de la corruption endémique et des difficultés économiques, les Ukrainiens ont opté pour le changement en élisant à la présidence en avril M. Zelensky, un comédien sans expérience politique.
Les législatives devraient suivre le même mouvement : sur les cinq partis ayant les meilleurs chances d'entrer au Parlement, deux d'entre eux -le parti présidentiel Serviteur du peuple et Golos- sont récemment créés.
Regorgeant de candidats jeunes et novices, les deux formations sont allées jusqu'à bannir les députés sortant de leurs listes électorales. L'âge moyen des candidats y est de 37 ans.
Sur la moitié des sièges, le parti présidentiel pourrait obtenir près de la moitié des suffrages, suivi par trois formations plus anciennes : les prorusses de Plateforme d'opposition (jusqu'à 14%), le parti de l'ex-président Petro Porochenko (jusqu'à 9%) et celui de l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko (environ 7%). Golos affiche entre 4 et 9%.
Numéro 29 du parti présidentiel, Iryna Verechtchouk, ex-maire d'une petite ville de l'Ouest, préside aujourd'hui un centre analytique à Kiev. Elle brûle du désir d'entrer dans la "grande politique" et a soumise d'elle-même sa candidature lorsque cette formation a invité les désireux à le faire.
"Je l'ai proposée lors d'un talk-show" à un responsable du parti, après quoi "on m'a invitée dans le quartier général pour un entretien et notre coopération a commencé", se souvient avec enthousiasme cette femme de 39 ans.
Si les analystes saluent avec prudence le renouvellement du Parlement, ils craignent un manque de compétence chez les nouveaux députés, inexpérimentés, et un possible "désordre".
"Le travail du Parlement est d'adopter les lois et il faut s'y connaître. Il est donc très important de savoir si les députés vont collaborer avec les experts. Pour l'instant, ce n'est pas clair", note Mme Bekechkina.
Golos a organisé une formation destinée à ses candidats : "Deux à trois cours par semaine sur la politique budgétaire, la sécurité de l'information, les projets de lois", énumère la porte-parole Alissa Malitska.
Un autre risque est celui de la corruption dans un pays où le vote favorable d'un député à une loi peut se monnayer à plusieurs dizaines de milliers de dollars, selon les médias.
"Je suis réaliste et je ne crois pas que tous mes collègues puissent résister à toutes les tentations", admet Mme Verechtchouk.
Pour le député sortant Egor Sobolev, "le plus grand risque pour les novices, c'est de se laisser manipuler" par ceux qui cherchent à influencer leur vote via des "informations incomplètes, l'altération des faits, la falsification de l'avis des experts".
"Préparez-vous à subir la pression la plus forte de votre vie!", lance-t-il sur sa page Facebook à destination des futurs députés. "Vérifiez tout" et "ne votez que si vous êtes sûrs qu'il s'agit d'un pas dans la bonne direction".

Libé
Samedi 20 Juillet 2019

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