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Un groupe rebelle syrien commence à évacuer la ville de Douma


Le régime s’apprête à prendre possession de la dernière enclave insurgée



Un groupe de rebelles syriens a commencé dimanche à évacuer la ville de Douma, dernier bastion insurgé dans la région de la Ghouta orientale, à l'est de Damas, pour gagner la province sous contrôle rebelle d'Idlib dans le nord-ouest de la Syrie, rapportent les médias officiels syriens.
Il s'agit de la première évacuation de combattants de cette ville assiégée, où le groupe rebelle dominant, Jaich al-Islam, continue apparemment à négocier les termes d'un accord de reddition avec la Russie, alliée de Damas.
Les rebelles qui ont commencé à quitter Douma dimanche appartiennent à un autre groupe, Faïlak al Rahman.
Selon des sources locales, un accord a été conclu la nuit dernière entre la Russie et la rébellion pour évacuer les civils et combattants blessés de Douma vers la province d'Idlib, sans qu'on sache encore si un accord plus large a été conclu prévoyant ultérieurement le transfert des autres combattants.
Le commandement de l'armée syrienne a dit samedi avoir repris la majeure partie des villes et villages de la Ghouta orientale et poursuivre ses opérations militaires dans les faubourgs de Douma.
Par ailleurs, la Russie, alliée du régime syrien, et les rebelles acculés dans une ultime enclave dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, sont parvenus à un premier accord pour évacuer des centaines de civils de la ville de Douma.
Accablés par un déluge de feu qui a tué plus de 1.600 civils en cinq semaines, deux des trois groupes insurgés présents dans cette région, qui fut un des bastions de la rébellion contre le président syrien Bachar al-Assad, ont déjà évacué leurs positions.
Plus de 45.000 rebelles et civils sont ainsi partis en dix jours de la Ghouta, que le régime contrôle désormais à 95%, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Seule demeure aujourd'hui la poche rebelle de Douma, tenue par le groupe Jaich al-Islam, mais qui a elle aussi subi de nombreux bombardements et un siège asphyxiant depuis trois ans. Les discussions pour aboutir à des évacuations piétinaient depuis plusieurs jours.
La reprise totale de la Ghouta, aux portes de la capitale syrienne, marquerait une victoire retentissante pour le président Assad dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.
"Un accord partiel a été conclu entre le groupe Jaich al-Islam et la Russie, pour permettre l'évacuation de centaines de civils vers Idleb", une région échappant au contrôle du régime dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré dimanche à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) une ONG disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie.
Quelque 1.300 personnes seraient concernées selon lui. "Les négociations se poursuivent pour parvenir à un accord complet" concernant les combattants de Jaich al-Islam et leurs proches, a-t-il ajouté.
"Une nouvelle série de pourparlers a eu lieu samedi et un accord a été trouvé pour évacuer des cas humanitaires vers le nord de la Syrie", a confirmé à l'AFP le comité civil de Douma, qui participe aux négociations.
Selon l'OSDH, le groupe rebelle islamiste Jaich al-Islam veut négocier son maintien à Douma, en échange de son désarmement et du déploiement de la police militaire russe.
Mais Moscou ne veut pas d'accord différent de ceux passés avec les autres groupes rebelles: les habitants peuvent rester sur place, les combattants et ceux qui le souhaitent sont eux évacués vers le nord-ouest de la Syrie.
"Le problème avec Jaich al-Islam, c'est que c'est une organisation importante, homogène, bien organisée, mais qui ne s'entend pas bien avec les autres groupes. Ce serait vraiment compliqué pour eux de s'installer ailleurs", a souligné Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie à l'Université d'Edimbourg.
Samedi, le régime syrien a promis de poursuivre les combats pour reprendre l'ultime enclave insurgée. Pour faire pression, les forces progouvernementales ont consolidé leur présence autour de Douma.
"La victoire dans la Ghouta est un clou dans le cercueil des terroristes", a déjà proclamé samedi à la télévision d'Etat un officier de l'armée syrienne déployé dans cette région, qui fut une des premières à se mobiliser dans les manifestations réclamant des réformes au régime en 2011.


 

Libé
Lundi 2 Avril 2018

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