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Un accord de libre-échange pourrait accroître les revenus régionaux de 9% en Afrique


Alain Bouithy
Mercredi 13 Juillet 2022

La mise en œuvre de la ZLECAf permettrait de porter à 50 millions le nombre de personnes sortant de l’extrême pauvreté, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale

Un accord de libre-échange pourrait accroître les revenus régionaux de 9% en Afrique
Augmentation des revenus, réduction de la pauvreté et accélération de la croissance économique. Tels sont les avantages économiques et sociaux importants que pourrait apporter la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) au continent. C’est ce qui ressort du nouveau rapport de la Banque mondiale, « Making the Most of the African Continental Free Trade Area ». Plus explicite sur le potentiel économique de la ZLECAf que lors du premier travail effectué en 2020 par l’institution financière internationale, « le nouveau rapport examine les effets d’un marché commercial plus vaste sur la capacité du continent à attirer les investissements –tant des pays africains que de l’extérieur, – et l’impact économique qui en résulte », souligne la Banque mondiale dans un communiqué. Ainsi,selon ce document réalisé en partenariat avec le Secrétariat de la ZLECAf, la Zone de libre-échange continentale africaine «a le potentiel d’encourager les investissements directs étrangers nécessaires pour que l’Afrique se diversifie dans de nouvelles industries, telles que l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière et les services, et de réduire la vulnérabilité de la région aux cycles d’expansion et de ralentissement des produits de base». Comme le relève la Banque mondiale dans ce rapport, l’augmentation des IDE pourrait faire croître les exportations africaines jusqu’à 32% d’ici 2035, avec une augmentation de 109% des exportations intra-africaines, notamment dans les secteurs des produits manufacturés. Selon la même source,«tous les pays d’Afrique verront leurs exportations intra-africaines augmenter, notamment la Tunisie (165%), le Cameroun (144%), le Ghana (132%), la Tanzanie (126%) et l’Afrique du Sud (61%)». Ainsi que l’expliquent les experts de la Banque mondiale, la réduction des obstacles au commerce et à l’investissement permettrait aux secteurs d’exportation tels que le textile et les vêtements, les produits chimiques, le caoutchouc et le plastique, ainsi que les aliments transformés de connaître la plus forte croissance. Ces derniers sont en outre persuadés qu’une intégration plus profonde, au-delà du commerce et des mesures de facilitation des échanges pourrait stimuler l’efficacité et la compétitivité du marché,réduire les risques réglementaires et attirer davantage d’investissements directs étrangers. «Une fois entièrement mis en œuvre pour harmoniser les règles d’investissement et de concurrence, l’accord commercial pourrait accroître les revenus régionaux de 9%, soit 571 milliards de dollars», souligne le rapport. D’après la Banque mondiale, cet accord permettrait concrètement de «créer près de 18 millions d’emplois supplémentaires, dont beaucoup seraient mieux rémunérés et de meilleure qualité, les femmes bénéficiant des avantages les plus importants». Mieux, poursuit l’organisation internationale, «d’ici 2035, la croissance des emplois et des revenus qui en résultera pourrait contribuer à sortir jusqu’à 50 millions de personnes de l’extrême pauvreté». Selon les auteurs dudit rapport, rendu public récemment, la mise en œuvre de l’accord commercial entraînerait également des avantages salariaux plus importants pour les femmes et les travailleurs qualifiés. Ainsi que le précise l’organisation internationale dans son rapport, «les salaires des femmes devraient être supérieurs de 11,2% en 2035 par rapport au niveau de salaires en l'absence de l’accord, dépassant la croissance de 9,8% des salaires des hommes». Il est à rappeler que dans le cadre de sa première phase, qui est entrée en vigueur en janvier 2021, la ZLECAf éliminera progressivement les droits de douane sur 90% des marchandises et réduira les obstacles au commerce des services. Aussi, il n’a échappé à personne que «la ZLECAf arrive à un moment critique où la coopération régionale est nécessaire pour faire face aux risques aggravés et renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement, afin de soutenir une croissance verte, résiliente et inclusive en Afrique», fait remarquer Mari Pangestu, directrice générale en charge des politiques de développement et des partenariats à la Banque mondiale. Autant saisir cette opportunité puisque «cet accord peut aider les pays à simplifier et à harmoniser les procédures de commerce et de transit, à améliorer les infrastructures, le transport et la logistique et à stimuler les flux de marchandises, de services, de capitaux et de personnes qui sont si essentiels au développement», comme l’indique S.E.M Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de la ZLECAf.


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