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Trump exhorte les Européens à reprendre leurs combattants de l'EI en Syrie

Berlin juge extrêmement difficile un rapatriement des jihadistes




 Les ministres des Affaires étrangères européens discutaient de la Syrie lundi, au lendemain de l'appel du président américain Donald Trump à rapatrier leurs ressortissants retenus dans ce pays après avoir rallié le groupe Etat islamique, dont l'ultime réduit est sur le point de tomber à Baghouz (est).
Ils sont Français, Allemands, Irlandais, Italiens, Britanniques ou encore Canadiens. Ces dernières années, des centaines d'étrangers ont été arrêtés par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) au fil des batailles menées contre l'EI en Syrie.
Aujourd'hui, ces combats touchent à leur fin et dans l'est du pays, les jihadistes sont pris au piège dans une poche de moins d'un demi-kilomètre carré dans le village de Baghouz.
Mais l'offensive "finale" des FDS dans cette région frontalière de l'Irak piétine, malgré le soutien de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington.
Aux abords de Baghouz, une équipe de l'AFP a entendu dimanche des tirs au mortier menés, selon les FDS, par les forces de la coalition. Des coups de feu crépitent par moment tandis que le vrombissement des avions retentit dans le ciel.
Perché sur le toit d'une maison proche du front, le combattant Sheldar Hassakeh explique à l'AFP que la fréquence radio utilisée par les talkies-walkies des jihadistes s'est tue.
"Leur zone de contrôle est vraiment réduite et ils n'ont plus autant de talkies-walkies", précise-t-il.
Ce combattant des FDS à la carrure baraquée raconte que les jihadistes échangeaient en langage codé: "Pour demander des munitions, ils disaient: vous avez cinq caisses de tomates?"
En attendant, l'épineux dossier des étrangers de l'EI retenus par les forces kurdes n'est toujours pas tranché. Les hommes sont en prison, les femmes et les enfants dans des camps de déplacés.
Via Twitter, le président Trump s'est lancé dans une diatribe contre les puissances européennes qui tergiversent.
"Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice", a-t-il martelé, dans la nuit de samedi à dimanche.
"Il n'y a pas d'alternative car nous serions forcés de les libérer. Les Etats-Unis ne veulent pas que ces combattants de l'EI se répandent en Europe", a-t-il prévenu.
L'administration semi-autonome kurde refuse de juger les étrangers et veut les renvoyer vers leurs pays d'origine. Mais les puissances occidentales se montrent réticentes face à l'hostilité d'une partie de leurs opinions publiques.
Lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE devaient discuter entre autres de "la situation en Syrie, en particulier les derniers développements intervenus sur le terrain", indique l'ordre du jour de leur réunion.
Paris, Bruxelles et Berlin avaient réagi dès dimanche aux propos du président américain.
"Ce sont les Kurdes qui les détiennent (les jihadistes français, ndlr) et nous avons toute confiance dans leur capacité à les maintenir" en détention, a répliqué sur BFMTV le secrétaire d'Etat français à l'Intérieur Laurent Nuñez.
"Quoi qu'il en soit, si ces individus reviennent sur le territoire national, ils seront tous judiciarisés et incarcérés", a-t-il ajouté.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a lui jugé "extrêmement difficile" d'organiser à ce stade un rapatriement des jihadistes européens retenus en Syrie.
Un retour ne serait possible que si "nous pouvons garantir que ces personnes soient immédiatement envoyées ici devant un tribunal et qu'elles seront mises en détention", a-t-il déclaré dimanche soir sur la première chaîne de télévision allemande ARD.
"Nous avons besoin d'informations judiciaires, et cela n'est pas encore le cas", a-t-il dit.
En Belgique, le ministre de la Justice, Koen Geens, avait réclamé une "solution européenne", appelant à "réfléchir tranquillement et regarder ce qui comporte le moins de risques sécuritaires".
Le sujet est d'autant plus sensible que M. Trump s'est engagé en décembre à retirer les quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie. Ce désengagement, et la menace d'une offensive turque contre les forces kurdes, font craindre un chaos sécuritaire dont bénéficierait l'EI.
Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de régions en Syrie et en Irak, l'EI avait proclamé un "califat" sur un territoire vaste comme la Grande-Bretagne.
Les jihadistes y avaient établi leur propre administration, exécutant et torturant ceux qui ne respectaient pas leur loi et fomentant des attentats meurtriers y compris à l'étranger.
Désormais, à Baghouz, les combattants de l'EI sont retranchés dans des tunnels au milieu d'un océan de mines et empêchent les civils de sortir, selon les FDS.
Depuis début décembre, près de 40.000 personnes ont fui le secteur, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Parmi elles, principalement des familles de jihadistes, selon la même source.
La bataille anti-EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés depuis 2011.
Mais les jihadistes sont aussi dispersés dans le vaste désert central de la badiya et revendiquent des attaques menées par des "cellules dormantes" dans les régions contrôlées par les FDS.

Mardi 19 Février 2019

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