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Trois réalisateurs marocains retirent leurs films du Festival de Haïfa

Un signe de solidarité manifeste avec le peuple palestinien




Les réalisateurs marocains n’ont pas envie de projeter leurs pellicules au Festival de Haïfa, en Israël. Un signe de solidarité manifeste avec le peuple palestinien et une forte dénonciation de l’oppression systématique  pour anéantir un peuple et une culture.
Si la programmation du Festival du cinéma de Haïfa a annoncé la projection du film marocain « Razzia », son réalisateur Nabil Ayouch vient de confirmer le retrait de ce long-métrage, en raison de la politique répressive suivie par Israël contre le peuple palestinien.
Nabil Ayouch explique, dans ce contexte, que  « depuis quelques années, la politique inhumaine vis-à-vis des Palestiniens que mène le gouvernement israélien, ainsi que ses alliances avec l’administration Trump et l’extrême droite européenne, condamne toute possibilité d’échanges, y compris culturels. »
Et de renchérir qu’il n’a à aucun moment été informé que « Razzia » avait été programmé audit festival, et que la programmation du film est due à un concessionnaire, qui avait eu les droits de « Razzia » à l’international, après les avoir achetés auprès du producteur.
 « Je ne possède pas les droits de « Razzia» à l’international. Ils ont été cédés par le producteur, avant le tournage du film, à un vendeur international… et celui-ci est le seul habilité à vendre le film, le distribuer à l’international et dans les festivals, sans avoir à obtenir l’accord préalable du réalisateur », écrit Nabil Ayouch.
En revanche, dans le cas présent, Nabil Ayouch estime qu’il aurait dû être informé et en a fait part immédiatement au vendeur international qui a accepté de retirer le film du Festival de Haïfa.
Estimant qu’il n’est aucunement dans le besoin de justifier sa position, Nabil Ayouch dit avoir été toujours très clair dans ses engagements sur la question palestinienne depuis de nombreuses années. « Je n’ai nul besoin de me justifier sur ce point, mes prises de positions multiples, mes écrits, mon film « My Land … sont là pour en témoigner », précise-t-il dans un communiqué envoyé à la presse.
Ceci dit, ce retrait ne veut pas automatiquement dire que Nabil Ayouch est pour le boycott culturel d’Israël, expliquant dans ce cadre que la culture pourrait constituer une passerelle vers l’entente et la paix. « Par ailleurs, j’ai toujours été contre toute forme de boycott culturel car je suis convaincu que les arts et la culture sont des armes puissantes pouvant apporter de véritables changements dans les consciences », écrit-il dans la même source.
Nabil Ayouch n’est pas le seul réalisateur à avoir retiré son film après sa sélection. Meryem Ben’mbarek, réalisatrice du film "Sofia", sélectionné également au Festival de Haïfa, a demandé le retrait de son film, aussitôt ayant été informée de cette sélection. "J’ai appris la sélection de mon film Sofia au Festival de Haïfa. J’en ai demandé le retrait. Ce sont des vendeurs internationaux qui se chargent de l’envoi des films en festivals, sans que le réalisateur soit impliqué dans ce choix ».
 Pour ce qui est du film, la réalisatrice indique que  « Sofia » est la voix de ceux qui n'ont plus de voix. Elle dénonce l'oppression et la domination du faible par le fort dans une société qui divise jusqu'au sein d'une même famille ».
Concernant le troisième film, “Apatride” de la scénariste marocaine Narjiss Nejjar, la productrice Mounia Chraibi a, elle aussi, confirmé avoir demandé le retrait du film et l’annulation de sa projection dans le cadre de la compétition.

Mustapha Elouizi
Mercredi 19 Septembre 2018

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