Trois questions à Tahar Ben Jelloun, Prix Goncourt : “L’immigration est une chance, mais elle a un destin malheureux”


Recueillis par S.A
Lundi 15 Février 2010

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Libé : Que pensez-vous de cette seizième édition du Salon international de l’édition et du livre ? Que représente ce Salon pour vous ?

Tahar Ben Jelloun : Il est très important qu’un salon comme celui-là ait lieu. Tout ce qui peut promouvoir aujourd’hui la lecture et le livre doit se faire. Nous faisons face à un vrai problème au Maroc : les gens et surtout les  plus jeunes lisent de moins en moins, c’est dramatique. Un salon comme celui-là devrait inciter tous les Marocains à lire.

Après avoir publié « Partir » en 2006, qui évoquait l’envie d’émigrer pour nombreux jeunes Marocains, vous publiez aujourd’hui « Au pays », l’histoire d’un retraité marocain dans le Royaume. Pourquoi une telle évolution ?

Finalement, c’est une évolution normale parce qu’après avoir parlé de ces jeunes qui veulent partir à tout prix et dans des conditions souvent dramatiques, j’ai pensé à ceux qui ont passé leur vie à travailler ailleurs et qui veulent revenir. Ce retour se fait finalement  dans des conditions tout aussi dramatiques. Dans l’ensemble, selon moi, l’immigration est une chance de dépannage mais elle a un destin assez malheureux. L’idéal aurait été que les gens restent chez eux et puissent y travailler et surtout qu’ils s’épanouissent suffisamment pour ne pas avoir besoin de s’expatrier

Aujourd’hui vous êtes un écrivain consacré, surtout en France. Après le prix Goncourt, que pourrait-on vous souhaiter concernant votre parcours ?

Simplement la santé pour pouvoir encore continuer à écrire et à lire.

Recueillis par S.A
Lundi 15 Février 2010
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