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Tous les vaccins mènent-ils à l’immunité ? Pour s ’éviter toute mauvaise surprise, Sputnik-V s ’ ajoute au lot





S i l'on met de côté d'hypothétiques effets secondaires graves, ce qui n'est pas le cas, rassurez-vous (voir encadré), les difficultés d'approvisionnement sont ce qu'il y a de pire lors de la campagne de vaccination.

Malheureusement, en l'absence de livraisons de doses du précieux antidote en provenance des laboratoires AstraZeneca et Sinopharm, le Royaume est confronté à pareille situation, même si elle sera atténuée par une commande d'un million de doses du vaccin russe Spoutnik-V, comme cela a été annoncé par le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb. Pourtant, tout avait bien commencé. La campagne de vaccination allait comme sur des roulettes avec, au minimum, 150.000 personnes vaccinées quotidiennement, du moins les premières semaines. Mais depuis mi-février, la cadence a clairement baissé à cause de livraisons de vaccins au compte-gouttes.

Et la situation n'est pas près de s'améliorer. "Le taux de vaccination, notamment l’administration des premières doses, devrait ralentir dans les prochains jours”, a avoué Khalid Aït Taleb, lors d'un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE. Entretien lors duquel il a également confirmé l'acquisition d'un million de doses du vaccin russe Spoutnik-V (v pour vaccin). La livraison est prévue en deux temps, en mars et avril 2021. L'objectif étant de sécuriser et d'augmenter l’approvisionnement en vaccins pour mener à bien la quête de l’immunité collective. Mais on voit mal comment un lot d'un million de doses, livré en deux temps, peut aider les autorités sanitaires à y parvenir. Mais en même temps, force est d'avouer qu'avec plus de 4 millions de vaccinés (1ère dose) et plus d'un million de citoyennes et citoyens totalement immunisés, le Maroc n'est pas le moins bien loti.

D'autant que dans le cas où le producteur russe tient ses engagements, les autorités sanitaires nationales auront entre les mains, d'ici quelques jours, un vaccin plus efficace (92%) que ceux d'AstraZeneca et de Sinopharm, et pas plus difficile à conserver (entre 2 et 8°). S’agissant du sérum produit par la firme américaine Johnson & Johnson, qui présente l'avantage d'atteindre son efficacité maximale par l'injection d'une seule dose, idéale pour une campagne de vaccination à grande échelle, le ministre de la Santé a écarté toute éventualité de s'en procurer, quand bien même le tient-il en haute estime. En cause, une production vampirisée par les Etats-Unis, les pays qui ont participé aux essais cliniques ainsi que quelques puissances du Vieux Continent. En parallèle, Khalid Aït Taleb n’a pas perdu espoir puisqu’il a expliqué à l’EFA que les autorités sanitaires nationales sont sur le point de donner leur accord pour l’utilisation du vaccin Johnson & Johnson, au même titre que les Etats Unis ou encore l’Agence européenne des médicaments (AEM).

Une diversification que l’on espère salutaire, au moment où les variants du nouveau coronavirus font de plus en plus de dégâts dans le monde. Le Maroc espère ainsi ne pas perdre le temps d’avance pris sur un possible rebond de l’épidémie. Pour ce faire, l’approvisionnement doit être plus régulier en attendant que “le Royaume devienne un pôle continental de production de vaccin” comme l’a indiqué le ministère de la Santé. Une volonté louable mais dont l’application n’est pas aussi simple qu’on le pense. Mais ça, c’est un autre sujet.

L’OMS prend la défense d’AstraZeneca

“Il n'y a pas de raison de ne pas utiliser" le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca”. L’Organisation mondiale de la santé ne pouvait pas être plus claire après les remous de jeudi dernier, alimentés par la suspension pour au moins deux semaines, par mesure de précaution, de l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, notamment au Danemark, en Islande et en Norvège. En cause ‘’l’enregistrement de cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées’’ comme l’avait annoncé l'Agence nationale danoise de la santé, avant d’ajouter : “A l'heure actuelle, aucun lien entre le vaccin et les caillots sanguins n'a été établi”.

Du coup, Margaret Harris, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé, n’a pas hésité à encourager les autorités sanitaires du monde entier à "continuer à utiliser le vaccin d'AstraZeneca".
En revanche, l’OMS ne s’était pas exprimée en début de semaine dernière, lorsque l’Autriche avait cessé d'administrer un lot de ces vaccins après le décès d'une infirmière de 49 ans suite à de graves troubles de coagulation quelques jours après avoir été vaccinée, contrairement au laboratoire anglo-suédois et au gouvernement britannique qui ont réagi en arguant que le vaccin était "sûr et efficace". En attendant de démêler le vrai du faux, les experts de l’Organisation mondiale de la santé étudient les rapports médicaux concernant la formation de caillots sanguins après injection du vaccin d’AstraZeneca. "Nous devons toujours nous assurer que nous étudions toutes les alertes de sécurité quand nous distribuons des vaccins et nous devons les passer en revue, mais il n'y a aucune indication de ne pas l'utiliser", conclut l’OMS.

Chady Chaabi
Dimanche 14 Mars 2021

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