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Tayeb Biad signe son nouveau livre “Presse et Histoire”

L’auteur nous livre une critique du conflit artificiel entre journalisme et Histoire




Quand un historien se pose des questions sur les temps actuels, cela donne une nouvelle manière de faire de l’Histoire. L’historien Tayeb Biad en a fait l’expérience et cela a abouti à un livre en arabe intitulé « Presse et Histoire », qui vient d’être signé à la Faculté polydisciplinaire de Taza, à Fès et Tahla.
Préfacé par l’écrivain journaliste Driss Ksikess, le livre (175 pages /format moyen) se veut un éclairage interactif avec les questions des temps actuels, en porte-à-faux avec des livres d’Histoire qui entendent remonter le temps et se focaliser sur des questions historiques, par chroniques interposées publiées par l’auteur dans le magazine mensuel «Zaman» durant la période 2013 – 2016.
 «Ma préface de ce livre n’est pas une sorte de complaisance envers son auteur, mais pour cette révolte contre ce qui est habituel dans ce genre d’écrits pour interpeller les rapports tantôt tendus tantôt confus entre «l’Histoire» et le «journalisme»», écrit Ksikess dans la préface.
De son côté, Tayeb Biad, enseignant universitaire à la Faculté des lettres et des sciences humaines d’Aïn Chock à Casablanca, annonce d’emblée la couleur en donnant un intitulé à son introduction : «Dans la critique du conflit artificiel entre journalisme et Histoire», allusion faite à cette ouverture nécessaire et indispensable entre les différentes activités intellectuelles.
Confortant cette prise de position novatrice, l’auteur précise que «les historiens rénovateurs n’ont pas mené de guéguerres contre les journalistes et n’ont pas non plus fait montre de leur dégoût pour avoir porté atteinte à la pureté de leur «fief de prédilection», mais ils se sont dirigés vers les organes de presse en quête de place en complicité avec les journalistes, assurant ainsi un grand rayonnement à leurs productions, au moment où leurs durs combats se menaient contre leurs «confrères»  qui les accusaient d’avoir rabaissé leur profession d’historien !».
Professeur de sociologie à l’Université Mohammed V de Rabat, Jamal Fazza estime que l’exemple de l’historien et chroniqueur français Marc Benjamin Bloch rapporté par Biad dans son livre est l’un des plus saillants à même d’expliquer cette ouverture bénéfique des historiens sur la presse, et cette «révolte» contre «l’histoire historisante» ayant prévalu dans le monde et en France en particulier. «Marc Bloch soulignait constamment l’idée qu’il serait aussi bien banal que bizarre de consacrer l’Histoire uniquement aux faits passés, alors que cette discipline devrait avoir des rapports étroits avec les autres disciplines des sciences humaines, car le centre d’intérêt de l’Histoire serait l’Homme, sinon les Hommes».
Pour l’anthropologue Ayad Ablal, le livre, outre sa dimension scientifique, servirait pertinemment de guide pédagogique et didactique dans la mesure où il permet aux étudiants d’appendre comment traiter les événements actuels en les structurant dans leur contexte historique nécessaire à la compréhension globale.
L’auteur met en œuvre cette combinaison réussie du «journaliste» et de l’«Histoire» une technique d’entonnoir permettant à la fois d’apporter l’élément informatif et factuel neuf, en l’expliquant par la suite à l’aune d’éléments historiques, dans une sorte de mise en contexte global. Et pour expliquer des faits relatifs à la réforme de l’enseignement, des partis politiques, de la relation avec la France, des rapports aux institutions financières internationales… il faisait appel à des personnalités historiques comme le résistant Zerktouni, au Roi Mohammed V, au leader socialiste Abderrahim Bouabid, au Sultan Moulay El Hassan 1er ou encore au Sultan  Moulay Abdelhafid.
Il n’omet pas de mettre en relief aussi des événements historiques tels que la bataille d’Isly, le pacte d’Algésiras, le gouvernement d’Abdellah Ibrahim, les premiers prêts ayant ligoté la souveraineté marocaine, le soulèvement de Belmadani Bennis, le mouvement des écoles libres au Maroc en 1919, la défaite de 1967 ou encore le soulèvement de Casablanca de 1981. Comprendre les temps actuels passe de manière incontournable par la compréhension des événements passés… le passé décide et explique le présent… C’est pourquoi le journalisme et l’Histoire devraient aller de pair dans un exercice citoyen et s’impliquer dans le devenir de l’Homme, sinon des Hommes.

Mustafa Elouizi
Samedi 4 Mai 2019

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