Libération

Tanger, une autre étape pour une ambition grandissante à l’International de la jeunesse socialiste

Plus qu’un congrès, une illustration d’une crédibilité politique consacrée


Mohamed Assouali
Jeudi 2 Avril 2026

Driss Lachguar saluant Jessali Zarazua, secrétaire générale de l’IUSY.
Driss Lachguar saluant Jessali Zarazua, secrétaire générale de l’IUSY.
En accueillant le deuxième congrès international du Réseau “Mena-Latina”, l’Union socialiste des forces populaires ne se contente pas d’organiser un rendez-vous politique de plus. Elle manifeste une capacité de rassemblement, remet Tanger au centre des dynamiques progressistes transnationales et ouvre la voie à la structuration d’un espace de jeunesse socialiste capable de peser entre l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

Il n’est pas fréquent qu’un événement de jeunesse porte en lui une telle charge politique. Du 31 mars au 2 avril 2026, Tanger accueille le deuxième congrès international du Réseau “Mena-Latina”, avec la participation d’environ quarante représentantes et représentants de près de quarante organisations venues de plusieurs espaces politiques et géographiques. A première vue, le chiffre peut sembler modeste à l’échelle des grands rassemblements internationaux. Mais en politique, la portée d’un événement ne se mesure pas uniquement au nombre. Elle se mesure aussi à ce qu’il annonce, à ce qu’il rend possible, et à la dynamique qu’il peut déclencher.

Et c’est précisément ce que révèle ce congrès. Il ne s’agit ni d’une simple séquence protocolaire, ni d’un rendez-vous militant sans lendemain. Ce qui se joue à Tanger est plus profond : la possibilité de faire émerger un cadre de coordination politique durable entre des jeunesses socialistes et progressistes issues de plusieurs régions du monde, confrontées à des défis communs mais trop souvent dispersées dans leurs combats, leurs agendas et leurs espaces d’expression. En choisissant d’abriter cette rencontre, l’Union socialiste des forces populaires confirme qu’elle reste un parti capable d’ouvrir des horizons, de créer des convergences et de donner un contenu concret à son engagement internationaliste.

L’USFP ne découvre pas aujourd’hui la portée stratégique de l’ouverture internationale. Son histoire politique est justement marquée par cette articulation constante entre l’ancrage national et l’horizon universel, entre le combat démocratique au Maroc et le dialogue avec les forces progressistes à travers le monde. C’est cette continuité qui donne aujourd’hui du sens à l’accueil d’un tel congrès. Le parti ne s’y présente pas comme un simple hôte logistique, mais comme un acteur politique qui entend contribuer à la construction d’un espace de solidarité, de réflexion et d’initiative à l’échelle de plusieurs continents.
 
Plus qu’un congrès, une démonstration de crédibilité politique
 
L’intérêt majeur de “Mena-Latina” réside justement dans le fait que ce réseau peut dépasser le stade du symbole. En effet, personne n’ignore que plusieurs organismes internationaux, s’investissant dans les champs politiques ou autres, composés par des acteurs relevant de différents pays et Etats se contentent de juxtaposer des événements et rencontres sans se donner aucune perspective.  Ils se limitent à la proclamation des déclarations de principe, puis se font oublier sans effet réel sur les terrains militants et politiques. La force d’un projet comme celui de « Mena Latina » s’inscrit quant à lui dans une autre démarche, celle de peser sur le débat public, de se projeter dans l’avenir, de se structurer et de construire une vision partagée.

C’est d’ailleurs à ce niveau que le rôle d’un parti tel que l’USFP prend toute son importance. Par son expérience, par son capital politique et par la qualité de ses relations avec plusieurs composantes du mouvement progressiste international, le parti dispose des atouts nécessaires pour accompagner cette montée en puissance. Il peut donner à ce réseau une crédibilité politique, favoriser son élargissement, consolider ses mécanismes de coordination et contribuer à lui éviter le piège de l’éphémère. Car les réseaux qui comptent ne vivent pas de l’enthousiasme du moment. Ils vivent d’organisation, de continuité, de confiance et de vision.

Cette crédibilité ne repose pas sur le seul appareil du parti. Elle s’appuie aussi sur la vitalité de ses organisations parallèles, en particulier la Jeunesse Ittihadie, qui n’a jamais été un simple prolongement formel de l’action partisane. Elle a constitué, au fil des années, un espace de formation, de débat, d’encadrement et de rayonnement, capable de faire émerger des profils militants, d’investir des espaces internationaux et de porter une voix politique claire dans les débats de jeunesse. Cette articulation entre l’expérience du parti et la dynamique de ses structures parallèles donne à “Mena-Latina” une base sérieuse pour grandir.

A ce titre, le congrès de Tanger représente aussi une démonstration. Il montre que l’USFP sait encore rassembler au-delà de ses frontières, créer de la confiance autour de son initiative et offrir un cadre politique crédible à des organisations venues d’univers différents. Dans un contexte international marqué par les crispations identitaires, les replis nationalistes, l’épuisement de certains récits politiques traditionnels et la montée des incertitudes géopolitiques, réussir à réunir des jeunesses progressistes de plusieurs espaces autour de valeurs communes n’a rien d’anodin. C’est déjà, en soi, un acte politique.
 
De Tanger à la construction d’une force de jeunesse socialiste
 
Les vrais enjeux pour un tel réseau doivent être appréhendés pendant le congrès, mais aussi et surtout après. Certes, la réussite de l’organisation d’un tel événement peut constituer une source de réjouissance. Mais, elle n’est pas suffisante, puisqu’elle n’est pas le seul objectif escompté. Car au-delà, il faudra transformer cette rencontre en point de départ d’un processus. Il faudra passer du moment politique à la trajectoire politique, de la visibilité à l’influence, de la rencontre à la construction. Et sur ce terrain, les ambitions doivent être assumées clairement.

Oui, “Mena-Latina” peut devenir davantage qu’un cadre de dialogue. Oui, ce réseau peut se transformer en une force de proposition capable de produire des positions communes sur les grands enjeux de notre temps : paix, justice sociale, solidarité internationale, démocratie, droits des peuples, égalité et place de la jeunesse dans les choix politiques et économiques. Oui, la diversité de ses composantes peut devenir une richesse stratégique, à condition qu’elle soit organisée autour d’un cap clair et des objectifs partagés.

C’est dans cette perspective que Tanger peut marquer un tournant. Non parce qu’elle accueille un événement de plus, mais parce qu’elle peut devenir le lieu où s’esquisse une nouvelle étape dans la structuration d’un espace de jeunesse socialiste transcontinental. Cela suppose de consolider les liens tissés pendant le congrès, de mettre en place des cadres de suivi, de favoriser les échanges d’expériences, de lancer des initiatives communes et d’installer une parole collective capable d’exister durablement dans le débat progressiste international.

L’USFP a les moyens d’y contribuer de manière décisive. Son histoire lui donne une légitimité. Sa culture militante lui donne de la profondeur. Ses organisations parallèles lui donnent une capacité d’entraînement. Et sa présence dans ce type d’espaces lui permet de faire le lien entre mémoire politique, renouvellement générationnel et ambition internationale. C’est précisément cette combinaison qui peut permettre à “Mena-Latina” de franchir un seuil.

Au fond, le congrès de Tanger ne doit pas être perçu comme un aboutissement, mais comme une ouverture. S’il parvient à inscrire dans la durée les échanges, les convergences et les engagements nés de cette rencontre, alors il aura produit bien plus qu’une image réussie.

Tanger, une autre étape pour une ambition grandissante à l’International de la jeunesse socialiste
Il aura posé les premiers jalons d’un espace politique jeune, socialiste et progressiste appelé à compter davantage. Et Tanger n’aura pas seulement accueilli un congrès international ; elle aura été le lieu d’où s’affirme une ambition nouvelle, portée par une jeunesse qui refuse l’éparpillement et par un parti, l’Union socialiste des forces populaires, qui montre qu’il sait encore transformer une opportunité politique en perspective internationale.

Par Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique
Secrétaire provincial de l’USFP-Tétouan


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