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Spécial fin d'année : Tunisie une année électorale par excellence




Spécial fin d'année : Tunisie une année électorale par excellence
L'année 2019 a été purement une année électorale en Tunisie. Ce processus électoral a débuté le 6 octobre 2019 avec les élections législatives afin d'élire l'Assemblée des représentants du peuple pour un mandat de cinq ans. Il s'agit des seizièmes élections législatives en Tunisie et des deuxièmes depuis l'adoption de la Constitution entrée en vigueur le 7 février 2014.
Du fait de l'avancement de la présidentielle suite au décès du président Béji Caïd Essebsi, le scrutin législatif a lieu entre le premier et le second tour de la présidentielle. Les élections donnent lieu à un Parlement extrêmement fragmenté. Le parti islamo-conservateur Ennahdha arrive en tête mais en recul avec moins d'un quart des sièges, devançant le parti laïc populiste Au cœur de la Tunisie de Nabil Karoui, candidat qualifié pour le second tour de la présidentielle. Arrivent ensuite le Parti destourien libre, axé sur la nostalgie de l'ère Ben Ali, celui de centre gauche Courant démocrate et celui islamiste de la Coalition de la dignité. La fragmentation du Parlement en mouvements fortement opposés entre eux a auguré une longue et difficile formation d'un gouvernement.
Ce processus électoral s’est poursui un mois après avec l‘élection présidentielle qui a lieu de manière anticipée le 15 septembre 2019 et du 13 au 15 septembre à l'étranger pour le premier tour, et le 13 octobre 2019 pour le second. Elle vise à élire le président de la République tunisienne pour un mandat de cinq ans.
Il s'agit de la deuxième élection présidentielle au suffrage universel direct depuis la révolution de 2011. Elle est organisée par l'Instance supérieure indépendante pour les élections. Initialement prévu le 17 novembre 2019, le scrutin est avancé en raison de la mort du président sortant, Béji Caïd Essebsi, en juillet 2019. Le premier tour a par conséquent lieu avant les législatives, tandis que le second tour est organisé une semaine après celles-ci. Le candidat social-conservateur indépendant Kaïs Saïed arrive en tête du premier tour, suivi de Nabil Karoui, du récent parti Au cœur de la Tunisie. La qualification pour le second tour de deux candidats hors système marque le rejet par les électeurs de la classe politique sortante, dans un contexte d'éparpillement des candidatures d'envergure. Aucun candidat n'ayant remporté la majorité absolue, un second tour est organisé, à l'issue duquel Kaïs Saïed est devenu président de la république.
Ce processus a été achevé avec la désignation officielle par le chef de l’État Kaïs Saïed, de Habib Jemli comme personne chargée de former le futur gouvernement. Il avait un mois, renouvelable une fois, pour mener à bien cette tâche, et le gouvernement doit ensuite être approuvé par une majorité de députés. A défaut de majorité à l’issue de ce délai, le président Kaïs Saïed pourra proposer une autre personnalité. Ingénieur agricole de formation, Habib Jemli est un ancien secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture du 2011 à 2014, dans les deux gouvernements de Hamadi Jebali et Ali Larayedh du mouvement Ennahdha. Dans son CV envoyé, il précise cependant qu’il n’a « aucune appartenance politique ».
L’année 2019 a été marquée également par la disparition de Zine El Abidine Ben Ali, le maître tout-puissant de la Tunisie pendant deux décennies, symbole des régimes autoritaires arabes choyés par les Occidentaux, et qui a été balayé par un soulèvement populaire à l’écho planétaire en 2011 et contraint à l’exil, avant de sombrer dans l’indifférence.
Issu d’une famille modeste du centre-est, Ben Ali, 83 ans, est décédé à Jeddah, en Arabie saoudite, où il avait trouvé refuge après avoir été chassé par la rue le 14 janvier 2011, premier coup de tonnerre d’un « Printemps arabe» qui emportera également l’Egyptien Hosni Moubarak et le Libyen Mouammar Kadhafi au cours des mois suivants.

Mercredi 1 Janvier 2020

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