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Sensibiliser à la pollution numérique, le défi de trois étudiants à l’ENSA

La team ambitionne de diminuer l’empreinte carbone des internautes via un projet d’application créé pour le compte d’une compétition internationale




De gauche à droite : Kamilia Benzayyan, Zakaria Natiji et Imane Bicane
De gauche à droite : Kamilia Benzayyan, Zakaria Natiji et Imane Bicane
Il est vrai que la relation de cause à effet entre l’émail que vous avez envoyé hier, vers le coup de 14h34, et l’accumulation de gaz à effet de serre ne saute pas aux yeux de prime abord. Pourtant, c’est une implacable réalité. Aussi réelle que vous et moi, ou encore les trois étudiants marocains qui ont atteint la finale de la compétition internationale  Managerial Challenge Green Innovation IBS Americas.
Le jury ne devrait certainement pas être insensible à l’idée développée par Kamilia Benzayyan, Imane Bicane et Zakaria Natiji, étudiants ingénieurs à l'Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA) de Marrakech. D’autant plus que l’objectif de la compétition dont l’épilogue était prévu  hier matin, et dont les prix seront sous forme de bourses d’études, est de proposer « des idées de projets innovants dans le contexte Green IT ou l'informatique durable et verte, aussi appelée numérique responsable», nous explique la première nommée. Ce qui cadre parfaitement avec le projet proposé par les trois acolytes, à savoir «une application soit mobile ou logiciel sur PC qui consiste à calculer l'énergie en watt consommée par chaque personne et l'afficher aussi bien en watt qu’en CO2 », poursuit Kamilia dont la spécialité sont les réseaux et télécommunications.  
Si la majorité des internautes ignorent ce constat, la team marocaine, quant à elle, ne peut fermer les yeux sur cette pollution numérique invisible dont on dit que si c’était un pays, elle serait le 6ème plus gros consommateur d’énergie et un des plus puissants ennemis de l’écologie. Kamilia embraye : « Il faut savoir que 100 watts consommés équivalent à 0.7g jusqu'à 3g de CO2  émis dans la nature».
Comment ? Tout simplement car Internet est un vaste réseau constitué de plus de 300 câbles transocéaniques étendus sur un réseau de plus d’1 million de km, ainsi que de 4359 data centers répartis dans 122 pays. Ces centres de données ont un fonctionnement qui nécessite à la fois infrastructures et entretiens, comme des systèmes de refroidissement, mais encore l’alimentation électrique. Résultat : un coût  environnemental non négligeable. Entre gaz à effet de serre, utilisation d’importantes quantités d’eau (pour les systèmes de refroidissement), 60 millions de tonnes de déchets électroniques non recyclables, ou encore l’utilisation de matières premières non renouvelables, l’énergie utilisée, au niveau mondial, pour une heure de navigation sur Internet, équivaudrait à 4000 tonnes de pétrole, soit 4000 allers-retours Paris – New York.  
A l’échelle individuelle, un mail c’est 10g de CO2, soit une ampoule basse consommation pendant 60 minutes. Un internaute, c’est 1000 requêtes par an, soit 287.000 tonnes de CO2 ou l’équivalent de 1,5 million de kilomètres parcourus en voiture. Cela dit, cette réalité n’est pas une fatalité. Il existe bel et bien des solutions simples pour limiter son impact. La première d’entre elles réside dans la sensibilisation, d’où l’intérêt du projet proposé : «Grâce à notre application, l'internaute qui dans notre exemple est l'employé ou un citoyen, pourra avoir une vision globale sur sa consommation quotidienne. Pour les responsables d’une entreprise, ils profiteront d’une vision globale de la consommation de leurs employés et donc auront la capacité de s’orienter vers une utilisation d’Internet qui s’inscrit dans la durabilité», souligne Kamilia.
Maintenant, le tout est de savoir si les entreprises, employés et autres citoyens lampda, seront réceptifs à ce type d’outils ainsi qu’à la prise de conscience qui doit en résulter. Un élément de réponse a été apporté par l’expérience réalisée auprès des étudiants de l’Université Cadi Ayyad à Marrakech. « Nous avons testé notre projet sur un groupe d’étudiants en période d’examens, le moment où leur nombre de recherches augmente sur Internet », souligne notre interlocutrice. «Les personnes qui ont participé à ce test ont diminué leur nombre de recherches en les affinant, sachant l’émission en CO2 qui en découlait. Ce qui suggère que la solution que nous apportons peut également avoir un impact sur l’utilisation d’Internet par tout un chacun et pas uniquement dans le cadre professionnel»,  conclut-elle, tout en rappelant quelques gestes utiles pour diminuer notre empreinte carbone à chaque clique, comme l’utilisation des Favoris qui donnent un accès direct au site souhaité et permettent ainsi d’économiser quelques grammes de CO2 en évitant de passer par un moteur de recherche.
Décidément, Kamilia, Imane et Zakaria ont pensé à tout et dès le début. La composition de leur groupe est aussi complémentaire qu’homogène de par leurs compétences respectives. La formation et les acquis de la première sont orientés vers le développement informatique, les réseaux et infrastructures et les télécommunications (GSM/3G/4G/5G), tandis que Zakaria et Imane sont plutôt orientés vers l’industriel et tout ce qui est lié à l’automatisation de machines, ainsi que la logistique, le marketing et la comptabilité. Et il faut dire que quel que soit le résultat, l’effort fourni et la solution apportée représentent une victoire en soi.  
 

 

Divers

Secousse tellurique

Une secousse tellurique d'une magnitude de 5.3 degrés sur l'échelle de Richter a été enregistrée, dimanche, dans la province de Midelt, indique l’Institut national de géophysique (ING).
La secousse, dont l’épicentre est situé dans la commune de En-Nzala, s’est produite à 09h 39min 07sec (GMT+1), précise le Réseau national de surveillance et d’alerte sismique de l’ING dans un bulletin d’alerte sismique.
La secousse ressentie est d’une profondeur de 04 km, d’une latitude de 32.570°N et d’une longitude de 4.167°W, ajoute la même source.

Transport public

Une nouvelle offre de service intermodal Tram'bus a été lancée, samedi à Rabat, avec comme objectif de permettre aux usagers de bénéficier d’un voyage en tramway et en bus moyennant un ticket unique.
Ce service complémentaire entre les deux modes, premier du genre au Maroc, vise à améliorer l’offre de service du transport urbain public dans l’agglomération de Rabat-Salé-Témara. Il permettra aux usagers de bénéficier d’un voyage en tramway et en bus moyennant un ticket unique "Tram’Bus", à seulement 8 dh au lieu de 11 dh.
Dans un premier temps, l’intermodalité entre les deux moyens de transport concerne l’ensemble du réseau de tramway et une nouvelle ligne de bus créée spécialement à cet effet.
Cette ligne reliera le quartier Wifaq à Témara à la gare de Rabat Agdal, en passant par Hay Riad à Rabat. Le point d’échange entre les deux modes sera organisé au niveau de la station terminus tramway au niveau de la cité universitaire Al Irfane.
A cette occasion, la directrice générale de la Société du tramway de Rabat-Salé (STRS), Loubna Boutaleb, a déclaré à la presse que le lancement de ce service complémentaire entre le tramway et le bus vise à développer le niveau des services de transport urbain pour les habitants des villes de Rabat, Salé et Témara.

Enseignement

Le Centre régional des métiers de l'éducation et de la formation (CRMEF) de Dakhla-Oued Eddahab et la Fondation Tamkine pour l'excellence et la créativité ont signé, samedi à Dakhla, une convention de partenariat pour renforcer les compétences et capacités des cadres pédagogiques et administratifs.
Signée par le directeur du CRMEF, Sidi Mohamed Oubit, et le président de la Fondation "Tamkine", Abdelilah Kadili, cette convention prévoit la mise en œuvre de projets pédagogiques et le développement d'applications permettant l'amélioration de l’encadrement au profit du personnel enseignant et des élèves, ainsi que toutes activités entrant dans le cadre de leur mission respective.
En vertu de cet accord signé en marge du 2ème colloque sur "La formation à distance et son impact sur le développement professionnel des enseignants", la Fondation Tamkine s’engage à développer des programmes pour contribuer aux activités du CRMEF et à mettre en place des formations spécifiques par le biais de la plateforme Tamkine au profit des formateurs, cadres administratifs en formation, enseignants des Académies régionales d'éducation et de formation (AREF) et des élèves à tous les niveaux.
De son côté, le CRMEF de Dakhla-Oued Eddahab s’engage à mettre à la disposition de la Fondation des données statistiques concernant les personnels participants aux actions de formation ciblées par ce projet et à mobiliser le corps enseignant et pédagogique pour contribuer à la réussite de cette initiative.

 

Chady Chaabi
Lundi 18 Novembre 2019

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