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“Schumacher ” , plongez dans l’intimité du champion allemand


“Schumacher ” , plongez dans l’intimité du champion allemand
Le documentaire a fait grand bruit alors qu’il est consacré à un personnage incapable de communiquer et dont l’entourage s’est longtemps muré dans le silence. “Schumacher”, le documentaire consacré au pilote F1, disponible depuis le 15 septembre sur Netflix, revient non seulement sur la vie privée du champion, invisible depuis son accident, mais aussi sur des images oubliées ou inédites.

Le film de près de deux heures(1h52’) recèle également des interviews d’un autre temps. Un temps où Schumacher était plein de vie. Depuis sa terrible chute de ski, à Noël 2013, entre la bleue de la Biche et la Rouge des Chamois, à Méribel en France, le «baron rouge» est placé dans le coma. Sa femme, Corrina, ne s’était quasiment jamais exprimée. Du moins, jusqu’au jour où elle rencontre un trio de réalisateurs qui va réussir à la convaincre que son mari a encore le droit d’être sous le feu des projecteurs.

TroisAllemands persévérants, HannsBruno Kammertöns, Vanessa Nöcker et Michael Wech, auteurs par le passé d’un documentaire surl’itinéraire compliqué de Boris Becker: Der Spieler, ont finalement réussi à obtenir un laissez-passer, et plus précisément un laissez-filmer, via un accord avec la famille. Ce n’était pas une mince affaire. Quatre ans d’approche ont été nécessaires pourrendre de l’impossible possible. Un travail de sape qui a porté ses fruits. Dans ce film d’une intensité émotionelle de chaque instant, Corrina, la femme du géant allemand,s’y montre droite, fière et loquace. “Je n’ai pas accusé Dieu pour ce qui s’est passé. C’est toujours terrible de se dire pourquoi nous ? Pourquoi Michael ?” Face à la caméra, elle affronte les dures épreuves de la vie avec force et courage. Michael Schumacher n’est pas loin, derrière une porte ou deux. Difficile de savoir laquelle pousser pour l’apercevoir dans cette villa aux trente-cinq pièces, à l’image d’un château baroque avec vues sur l’élégant Léman et le beau MontBlanc.

Le septuple champion du monde de F1 y poursuit une convalescence longue, douloureuse et surtout incertaine. “Il me manque tous les jours. Mais il est là. Il est différent, mais il est là, et ça nous donne de la force. On est ensemble, on vit ensemble à la maison. Il suit des traitements. On fait tout pour améliorer son état et lui faire ressentir notre famille”, raconte Corrina, l’une des rares personnes à avoir la chance de voir Michael, lui tenir la main et lui parler sans savoir s’il comprend. Idem pour Jean Todt, l’ancien patron de la Scuderia Ferrari, l’un des vingt grands témoins du film. “Michael a souvent eu un bon destin, malheureusement, il est victime d’un mauvais destin”, regrette-t-il.

Les caméras ne sont pas allées plus loin dans leur quête de sensationnel. Elles sont restées au seuil de l’indécence, animées par un profond respect pour les malheurs de la famille Schumacher. En revanche, la bande son du documentaire est un véritable voyage vers le passé et la vie d’avant du septuple champion du monde de F1 allemand : 307 grands prix, 91 victoires, 7 titres. “On voulait que le film soit intemporel, que l’accident ne soit pas au centre”, argue Benjamin Seikel, un des scénaristes.

Le film ne se gêne pas pour explorer “la complexité du personnage. Un personnage ambitieux, passionné, rigoureux et perfectionniste, ce qui n’est pas toujours positif ”, consent Vanessa Nöker. Comme ce jour où “après un accrochage, je lui ai demandé : tu dois avoir tort parfois ? Il m’a répondu : Pas que je me souvienne”, narre David Coulthard, ancien rival, dans une manière de rappeler le perfectionnisme paranoïaque de Schumacher.

Si l’Allemand n’a pas laissé que de bons souvenirs dans le paddock, il peut être fier de l’amour et de l’admiration que lui voue sa famille. “Je suis prêt à renoncer à tout pour que...”,s’étrangle son fils Mick. Rien ne dit qu’une telle issue est possible. Rien ne dit qu’elle ne l’est pas non plus. Mais en attendant l’évolution de son état de santé, Schumacher a fait les choux gras de l’actualité, comme si de rien n’était.

Chady Chaabi

Libé
Jeudi 23 Septembre 2021

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