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Royal Air Maroc, déplore l’absence de toute initiative de la part d’Air Sénégal International

La survie d’ASI tributaire du protocole proposé par RAM




Royal Air Maroc, déplore l’absence de toute initiative de la part d’Air Sénégal International
Le Conseil d’administration d’Air Sénégal International s’est réuni à Dakar le 17 avril 2009 sur l’insistance de Royal Air Maroc, compte tenu de la situation très grave de la Compagnie. Lors de ce Conseil, il a tout d’abord été constaté qu’aucune proposition ou initiative nouvelle n’était présentée par la partie sénégalaise.
Lors de ce même Conseil, les administrateurs représentant Royal Air Maroc ont rappelé que, dès octobre 2007, la partie sénégalaise avait exprimé sa volonté de prendre le contrôle de la Compagnie et de procéder seule à sa recapitalisation. Cette décision, prise par les deux actionnaires lors de leur assemblée générale extraordinaire du 1er novembre 2007 n’a, à ce jour, pas été concrétisée. Cette recapitalisation aurait pourtant permis, à elle seule, de faire face à la situation actuelle de la Compagnie et d’envisager même un développement de ses activités. A propos de l’audit demandé par la partie sénégalaise et ordonné par le Tribunal régional de Dakar le 6 avril 2009, les administrateurs de Royal Air Maroc ont rappelé qu’ Air Sénégal International  a déjà fait l’objet d’une « revue juridique, fiscale, technique et commerciale » diligentée  par l’Etat du Sénégal durant l’été 2008 et réalisée par cinq grands cabinets internationaux, dont le très renommé Price Waterhouse Cooper, directement missionnés par l’actionnaire sénégalais.
La direction générale d’Air Sénégal International  et son personnel ont collaboré activement pour faciliter la tâche des auditeurs en mettant à leur disposition toutes les informations et tous les documents requis pour la réalisation de leur mission. La direction générale d’Air Sénégal International  a d’ailleurs reçu une lettre de félicitations du ministre des Transports sénégalais, en date du 19 novembre 2008, louant la qualité de sa collaboration pour le bon déroulement de cette étude.
Les résultats de cet audit n’ont, paradoxalement, jamais été communiqués, ni à Air Sénégal International ni à Royal Air Maroc, ce qui rend légitimes des interrogations sur les raisons de cette opacité. De plus, la publication de cet examen détaillé de la situation d’Air Sénégal International faciliterait aujourd’hui la mission de l’expert judiciaire mandaté par la justice sénégalaise.
Aussi Air Sénégal International va demander par voie judiciaire, de lever le voile sur les résultats relevés, avec citation à comparaître des cabinets ayant réalisé l’analyse, afin de pouvoir prendre connaissance de leurs remarques et conclusions.
Lors du Conseil, le directeur général d’Air Sénégal International a exposé la situation de la Compagnie et indiqué que malgré les efforts déployés par la direction générale d’ASI pour poursuivre la gestion au mieux des intérêts de la Compagnie, les procédures judiciaires engagées par l’Etat du Sénégal, et en particulier la saisie des comptes d’ASI par l’AIBD (l’Aéroport international Blaise Diagne) au titre du paiement de la RDIA (taxes aéroportuaires), l’acheminent inévitablement vers une situation de cessation de paiement. En effet, ces procédures empêchent la Compagnie, d’une part, de procéder à la location d’avions, réduisant ainsi sa flotte à deux appareils et d’autre part, de payer ses fournisseurs et ses créanciers.
Le directeur général d’Air Sénégal International a rappelé que le paiement de la RDIA était en tout état de cause subordonné à la validation des factures présentées par l’AIBD et qu’elles sont litigieuses suite aux erreurs de facturation relevées par ASI.
 Le directeur général a également fait état des dettes contractées par les autorités sénégalaises auprès d’Air Sénégal International et qui n’ont, à ce jour, pas été honorées. Il a rappelé que le ministre délégué chargé du Budget avait assuré  Air Sénégal International, par écrit, de la mise en œuvre du dispositif de compensation des dettes et créances entre Air Sénégal International et l’Etat du Sénégal, intégrant les dettes liées à la RDIA.
Aussi, le directeur général a rappelé  au Conseil qu’il envisageait de tout mettre en œuvre en vue de recouvrer les créances dues à ASI et qui sont de trois ordres : les affrètements pour le compte de l’Etat du Sénégal pour un montant de 2,5 millions d’euros, les excédents de TVA perçus par l’Etat du Sénégal pour 1,5 million d’euros et le  préjudice subi par ASI du fait de son éviction abusive de l’opération pèlerinage de l’année 1429 H.
Les administrateurs ont convenu, à l’unanimité, de la nécessité de recouvrer l’intégralité des créances dues à ASI.
Les administrateurs représentant Royal Air Maroc ont tenu à souligner que si les fondamentaux d’Air Sénégal International sont sains et à même de garantir sa pérennité et sa rentabilité intrinsèque, elle souffre de difficultés de trésorerie qu’aurait soulagées sa recapitalisation. Ils soulignent également que  la saisie des comptes bancaires d’Air Sénégal International, opérée par son propre Etat actionnaire, contribue à aggraver davantage sa situation et à accélérer l’arrêt de ses activités.
Le Conseil d’administration d’Air Sénégal International, dans son ensemble, a pris acte que la poursuite des vols requiert au préalable le rétablissement d’un climat serein, ce qui suppose l’arrêt immédiat de toutes les procédures judiciaires en cours contre Royal Air Maroc.
Le Conseil a souligné que malgré la situation très grave que traverse la Compagnie, la seule mesure offrant encore une chance d’assurer la survie d’ d’Air Sénégal International et la sauvegarde des emplois est le protocole d’accord proposé par Royal Air Maroc en date du 3 mars dernier. Son éventuelle mise en œuvre requiert  une décision des actionnaires sur les conditions de la poursuite de l’exploitation. Dans cette perspective, le Conseil d’administration exhorte les actionnaires à se réunir dans les 48 heures, eu égard à l’urgence de la situation. 
 Les administrateurs représentant Royal Air Maroc, suite à l’intervention de représentants des salariés lors du Conseil, ont par ailleurs tenu à souligner combien ils comprenaient l’émotion et les inquiétudes du personnel. Ils ont rappelé que la poursuite des activités et le maintien de l’emploi ont toujours constitué leurs priorités  et qu’ils n’ont cessé de lancer des cris d’alarme sans être entendus par leurs coactionnaires. Néanmoins, dans les décisions qui vont devoir être prises, la dimension sociale des problèmes rencontrés par d’Air Sénégal International reste l’une de leur grande préoccupation.
Le Conseil a enfin confirmé que la survie d’Air Sénégal International requiert une décision des actionnaires sur les conditions de la poursuite de son exploitation, décision basée sur les propositions contenues dans le projet de protocole de Royal Air Maroc du 3 mars 2009.

L B
Lundi 20 Avril 2009

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