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Placée sous le thème "Communautés en chemin : confréries, zaouïas et rituels partagés en Méditerranée", cette rencontre a réuni des acteurs du champs religieux, des chercheurs et des penseurs qui ont livré des regards croisés sur les structures communautaires et les expériences vécues qui soutiennent, depuis des siècles, les pratiques spirituelles dans les religions islamique, juive et chrétienne.
Intervenant à cette occasion, Paloma Saborido, professeure à l’Université de Málaga (Espagne), a souligné la portée singulière du Festival "L’âme des cultures" qui "se veut un espace rare de dialogue interreligieux dans un monde marqué par les replis et les tensions", relevant que "le dialogue spirituel qui s’exprime à Essaouira ne pouvait trouver un cadre plus propice, au regard de la singularité de cette cité qui incarne un lieu où la rencontre entre les mémoires et les croyances demeure une réalité vécue".
Mme Saborido a, dans la foulée, développé une réflexion approfondie autour de l’histoire et de la dynamique contemporaine des rituels votifs et de la religiosité populaire, faisant la lumière sur la diversité des traditions méditerranéennes et les éléments structurants qui les relient, notamment le chemin, les pèlerinages, les chants, les processions et l’usage symbolique de l’espace public.
De son côté, l'écrivaine et chercheuse sur le patrimoine spirituel marocain, Yasmina Sbihi, a mis l’accent sur la dimension intérieure du "chemin", expliquant que "celui-ci ne se limite pas au déplacement physique, mais constitue avant tout un itinéraire spirituel".
"La zaouïa au Maroc n’est pas seulement un édifice architectural à caractère religieux, mais un véritable espace de transmission du savoir spirituel et de socialisation communautaire, façonné par une géométrie sacrée visant à apaiser l’âme", a-t-elle enchaîné, insistant, d'autre part, sur la nécessité de "réhabiliter" la mémoire des figures féminines de la spiritualité marocaine qui "ont joué un rôle central comme médiatrices et éducatrices, démontrant ainsi que la quête spirituelle et l’excellence intérieure ne connaissent pas de distinction de genre".
Pour sa part, Ras Lewi, Rabbin d’Essaouira, a fait savoir que les traditions juives méditerranéennes ont elles aussi été structurées par des pratiques communautaires fondées sur le cheminement, le chant et le partage du rite, ajoutant que "la coexistence historique des communautés à Essaouira a permis de faire du dialogue interreligieux une expérience vécue et transmise, plutôt qu’un simple concept théorique ou une émotion esthétique figée dans le temps".
Le maire d’Umbrete, promoteur des traditions dévotionnelles et festives de l’Aljarafe (Séville), José Llorente, a quant à lui, livré une vue d'ensemble sur le rôle des confréries chrétiennes et des traditions dévotionnelles andalouses, indiquant que les processions, les pèlerinages et les fêtes populaires transforment l’espace public en un lieu de mémoire, de cohésion sociale et de rencontre communautaire, tout en demeurant des pratiques vivantes en constante évolution.
Par ailleurs, Maravillas Aguiar, professeure à l’Université de La Laguna (Espagne), a proposé une lecture comparative des rituels méditerranéens, citant des schémas communs entre les trois religions monothéistes, notamment autour du corps en mouvement, du chant, du symbole et du chemin.
"Ces convergences révèlent l’existence d’une matrice culturelle partagée, où le rite agit comme un langage universel favorisant la rencontre spirituelle au-delà des appartenances confessionnelles", a-t-elle poursuivi.
A travers les différentes contributions, ce panel a mis en évidence que les confréries, les fraternités et les zaouïas demeurent aujourd’hui des espaces essentiels de rencontre et de transmission, où le chemin, le rite et la communauté continuent de constituer des fondements vivants du dialogue spirituel en Méditerranée.
Co-organisée par l’Association "Jeunes de l’Art Authentique pour le Samaâ et le Patrimoine" de la Zaouïa Kadiria d’Essaouira, la Fondation Trois Cultures de la Méditerranée et la Fondation Machado de Séville, en partenariat avec l'Association Essaouira-Mogador, la 4e édition du Festival international "L’âme des Cultures" se poursuivra à travers un programme riche de rencontres spirituelles, de conférences, de tables rondes et de performances artistiques, fédérant des participants des deux rives de la Méditerranée autour des valeurs de dialogue, de coexistence et de partage qui font l’ADN de la Cité des Alizés.








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