
Les deux raids ont visé, selon les mêmes sources, des positions d'Al-Qaïda à Yakla, un village de la région de Radah, un fief du réseau extrémiste qui est très actif au Yémen, où il s'oppose notamment aux rebelles chiites.
Des combattants d'Al-Qaïda ont été récemment visés dans la même région de Radah par des drones et l'armée de l'air yéménite.
Al-Qaïda est bien implanté dans la région où les rebelles chiites, dits houthis, tentent de prendre pied après avoir pris le contrôle de Sanaa, le 21 septembre et avancé dans l'ouest et le centre du pays.
Cette présence toute nouvelle des houthis est mal acceptée par les tribus sunnites qui s'y opposent armes en main, parfois au prix d'alliances avec Al-Qaïda. Des sources tribales ont affirmé avoir tué 22 combattants houthis dans une série d'attaques menées dans la nuit de lundi à mardi contre leurs positions dans la région de Radah, un bilan qui n'a pas été confirmé de source indépendante.
Ces attaques ont été lancées après l'expiration d'un ultimatum de quatre jours donné par les tribus aux houthis pour se retirer de la région de Radah, selon les mêmes sources tribales.
Par ailleurs, l'ONU a mis en garde contre une situation de plus en plus "dangereuse" au Yémen. Le Yémen doit impérativement se doter d'un gouvernement dans les prochains jours, faute de quoi les tensions entre chiites et sunnites risquent d'augmenter et le pays de s'enfoncer davantage dans la crise, a averti dimanche l'envoyé spécial de l'ONU Jamal Benomar.
Dans une interview à l'AFP, le haut responsable des Nations unies a déclaré espérer qu'un nouveau gouvernement soit formé d'ici "quelques jours", alors que des rebelles chiites contrôlent depuis le 21 septembre la capitale Sanaa et ne cessent de progresser dans d'autres régions, se heurtant parfois à des tribus sunnites et à des combattants d'Al-Qaïda. Samedi, les rebelles chiites, appelés houthis, du mouvement Ansaruallah et leurs adversaires politiques, dont le parti islamiste sunnite Al-Islah, ont donné leur accord à la formation d'un gouvernement de technocrates, mais aucune date n'a été fixée. M. Benomar était présent lors de la signature de cet accord dans un hôtel de Sanaa.
Faute d'un gouvernement qui serait mis en place rapidement, il risque d'y avoir "une augmentation des tensions confessionnelles", a averti M. Benomar en s'inquiétant de "récents développements qui ont favorisé un nouveau discours xénophobe, parfois confessionnel" au Yémen.
"C'est une tendance inquiétante. Cela ne se produisait pas dans le passé", a noté le diplomate marocain, interrogé par téléphone depuis Dubaï.
"La seule façon d'avancer est que toutes les parties coopèrent en vue d'établir un nouveau gouvernement" et de mettre en œuvre l'accord de paix du 21 septembre qui avait mis fin aux combats à Sanaa, a insisté M. Benomar.