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Quelle place faut-il accorder à la TPME dans le nouveau modèle de développement ?


Rencontre à Casablanca sur la très petite, petite et moyenne entreprise



«Quelle place pour la TPME dans le nouveau modèle de développement?». C’est le thème débattu lors d’une conférence organisée récemment par le magazine Libre Entreprise à l’Ecole de management ESCA à Casablanca. Selon Mohamed Mounjid, directeur du magazine Libre Entreprise, ce premier rendez-vous TPME «tombe à pic», car «S.M le Roi vient de désigner et le président et la commission chargée de l’élaboration du nouveau modèle de développement». «Il s’agit aujourd’hui de repenser la place qui sied à la TPME en tant que vecteur de création de richesses et d’emplois au niveau local et en tant que moteur d’une croissance durable et inclusive en mesure de lutter efficacement contre la pauvreté et l’exclusion sociale», a souligné Mohamed Mounjid dans son allocution au début de cette rencontre. Il a, par ailleurs, mis en exergue «la faible contribution des TPME à la croissance économique au Maroc contrairement à d’autres pays comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne, ou l’Espagne, affirmant que le Souverain a mis l’accent à maintes reprises sur la nécessité d’encourager les petites et moyennes entreprises qui représentent 95% du tissu économique national. D’après Mohamed Mounjid, les TPME font face à plusieurs problèmes. «Elles sont fragilisées par l’allongement des délais de paiement, la difficulté d’accès au financement et au foncier, la complexité d’attribution des marchés publics, la fragilité de la structure financière et managériale, le manque d’encadrement, de formation et de compétences. Mais pas que», a-t-il noté. Et d’ajouter : «Elles pâtissent également de la dominance de l’informel, l’influence du caractère familial et l’opacité du système d’information. Sans parler des problèmes liés au transport et logistique, au poids des mesures fiscales et douanières, au retard dans la transformation digitale, au manque d’innovation, etc. Tous ces freins se traduisent le plus souvent par un manque de compétitivité et un taux d’échec élevé». Pour sa part, Mouna Lebnioury, DG de Bank Al Yousr, a souligné que «Le Maroc a besoin de ces entreprises», affirmant qu’elles contribuent à la création des richesses et postes d’emploi. Elle a également affirmé que la contribution des entreprises est en deça de leur potentiel, mettant l’accent sur le rôle prépondérant de l’éducation dans l’émergence de véritables managers. Mouna Lebnioury a, par ailleurs, dévoilé en avant que les TPME souffrent quotidiennement pour se développer. «Nombre d’entre elles font faillite chaque année», a-t-elle souligné, ajoutant que l’entreprise marocaine connaît des difficultés et doit être accompagnée pour jouer pleinement son rôle. Pour cette raison, elle a appelé les entreprises à «faire le bon choix parce qu’il y a énormément de moyens pour les accompagner». L’intervention de Taoufik Lahrech, secrétaire général de la Caisse centrale de garantie (CCG), a mis l’accent sur la nécessité de «l’élargissement du maillage de couverture des banques» dans les différentes villes du Royaume, pour sensibiliser et informer les porteurs de projets sur les différentes offres proposées par les institutions financières. Pour sa part, Youssef Baghdadi, président du directoire de Bank Assafa, a souligné que le financement participatif sert à accompagner l’économie nationale. «Cela est très important, car nous finançons l’économie réelle», a-t-il mis en exergue. Il a également mis l’accent sur le fait que le développement des TPME au Maroc permettra de développer 90% de la population marocaine, affirmant qu’il y a une responsabilité partagée entre les banques, la société civile et les entrepreneurs. «Il faut absolument que la responsabilité soit partagée et que chacun prenne conscience de la valeur des TPME au niveau de l’écosystème marocain pour qu’on puisse vraiment construire notre économie nationale», a-t-il ajouté. Il a noté qu’il existe un déficit de communication, notamment de la part des banques. «Les agences bancaires doivent accompagner les entreprises car leurs conseillers connaissent les dispositifs mis en place en faveur de celles-ci. Ils doivent donc avoir une politique volontariste en la matière». 

T.M
Mercredi 25 Décembre 2019

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