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Quatre humanitaires tués par Boko Haram au Nigeria

112 personnes avaient été tuées dans la même ville de Rann en janvier 2017



Quatre travailleurs humanitaires nigérians ont été tués dans une attaque du groupe islamiste armé Boko Haram dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria, a déclaré vendredi une porte-parole de l'ONU.
Samantha Newport a précisé à l'AFP que l'attaque s'était produite jeudi soir dans cette ville reculée où "quatre travailleurs humanitaires ont été tués, un travailleur humanitaire a été blessé et un autre est porté disparu. On craint qu'il ait été enlevé".
Parmi les victimes figurent notamment deux employés de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui s'occupaient de la gestion d'un camp de déplacés, un médecin travaillant comme consultant pour l'Unicef, a ajouté Mme Newport.
Aucun détail n'a été fourni dans l'immédiat sur la quatrième personne tuée mais les travailleurs enlevé et porté disparu sont toutes deux des femmes.
L'attaque a eu lieu à l'extérieur du camp de déplacés de Rann, près d'une base de l'armée nigériane, qui était visée par les jihadistes, selon la responsable onusienne: "La cible était l'armée. Ils (les humanitaires) se sont retrouvés pris dedans".
Un membre d'une milice civile engagée avec l'armée contre Boko Haram et un officier militaire ont confirmé ce bilan civil à l'AFP.
Ils ont également affirmé que huit soldats avaient été tués dans l'attaque, mais aucune confirmation officielle n'a pu être obtenue dans l'immédiat.
En septembre, des combattants de Boko Haram avaient tué neuf déplacés du camp de Rann, située à 175 km de la capitale de l'Etat du Borno, Maiduguri, qui travaillaient dans des fermes en périphérie de la ville.
Au moins 112 personnes avaient été tuées dans la même ville de Rann en janvier 2017 par une frappe aérienne de l'armée nigériane visant les insurgés et qui a frappé par "erreur" les déplacés en pleine distribution de nourriture.
Après neuf années de conflit, Boko Haram a été chassé par l'armée nigériane de la plupart des localités dont ses hommes s'étaient emparés en 2014-2015, à l'apogée de sa puissance.
Mais malgré les revendications des autorités d'Abuja, qui ont annoncé à maintes reprises avoir "écrasé les terroristes", le groupe possède encore une évidente force de frappe, menant de sanglantes attaques contre l'armée, mais aussi des attentats-suicide et des enlèvements ciblant les civils du nord-est.
La semaine dernière, plus de 100 élèves ont ainsi été enlevées dans un internat pour filles à Dapchi, dans l'Etat voisin de Yobe, lors d'une attaque nocturne de jihadistes.
Dans ce cadre, le gouvernement nigérian a annoncé mardi qu'il avait mis en place un comité pour comprendre les circonstances de l’enlèvement de ces élèves.
Le groupe, présidé par un haut gradé de l'armée, se compose de douze membres, issus de l'armée, de la police, des renseignements et du gouvernement local de Yobe, l'Etat où se trouve Dapchi.
D'après le ministre de l'Information, Lai Mohamed, ce comité sera en charge d'évaluer la "présence et la composition de l'appareil sécuritaire" déployé à Dapchi lors de l'attaque du collège et lycée de jeunes filles le 19 février.
"Le comité doit rendre son rapport d'ici au 15 mars 2018, et leurs conclusions devront comporter des mesures de prévention pour empêcher un nouvel incident", a souligné M. Mohammed.
Cette annonce a été faite dans un contexte de crise entre les autorités fédérales et locales.
L'enlèvement de Chibok, en avril 2014, avait ouvert les yeux du monde sur les terribles exactions commises par le groupe jihadiste au Nigeria et le président Buhari avait été élu l'année suivante sur la promesse de mettre fin à l'insurrection, qui a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

Samedi 3 Mars 2018

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