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Quand le poème se fait consolation au temps du coronavirus




Quand le poème se fait consolation au temps du coronavirus
A une époque où la pandémie chamboule les rites funéraires et les adieux, la poésie peut être une consolation: un collectif de dizaines de poètes s'est constitué en un temps record en Belgique pour offrir un texte aux familles endeuillées. "C'est une première dans l'histoire de la poésie belge. Jamais autant de poètes ne se sont réunis autour d'un projet commun. Ils viennent de toutes les régions linguistiques mais aussi de toutes les provinces", raconte Carl Norac. Cet auteur d'une centaine de livres traduits en plus de 40 langues (recueils de poésie, contes pour enfants) a rassemblé avec l'aide de partenaires plus de 80 poètes en deux jours, avant de lancer l'opération "Fleurs de funérailles" sur le site du "Poète National".
L'écrivain francophone de 59 ans a été désigné en janvier "Poète national" de la Belgique par un collectif qui regroupe Maisons de la poésie et festivals littéraires. "Avec la pandémie, les deuils sont des moments dépourvus de la tendresse habituelle de gens qui se prennent dans les bras. Le poème apporte de la chaleur. C'est un moment de beauté, un moment suspendu. C'est pas grand-chose mais ce n'est pas rien", explique l'ancien professeur de français.
Le site propose deux sortes de textes poétiques. Ceux que les poètes ont déposés spontanément, comme celui du Flamand Paul Demets "Re-respire" (pour R), écrit en hommage à la plus jeune victime de la pandémie du pays, une fillette de 12 ans. Ces poèmes, plus d'une quarantaine, sont libres de droits et peuvent être imprimés, récités ou lus lors d'une cérémonie. Ils sont traduits dans les trois langues officielles de la Belgique, français, néerlandais et allemand. Les autres sont personnalisés à la demande des familles - plus d'une vingtaine se sont manifestées depuis jeudi dernier - qui disposent de trois adresses mail en Wallonie, Flandre et à Bruxelles pour leurs requêtes. Celles-ci donnent alors lieu à un entretien avec un poète du collectif.
Carl Norac a répondu à celle d'une personne originaire de sa ville natale de Mons. "J'ai discuté environ une heure avec la famille. Elle voulait un texte de portée universelle, qui reflète plus la personnalité du défunt, sa philosophie personnelle que sa biographie", raconte-t-il. Même expérience pour la poétesse flamande d'Anvers Ruth Lasters. "J'ai reçu un courriel du petit-fils d'un défunt vendredi matin. Il me donnait des informations sur son grand-père de 88 ans décédé du Covid-19. Il aimait le jardinage et il était fort en calcul mental. Je me suis dépêchée car l'enterrement était samedi", confie cette néerlandophone, qui a intitulé son texte "Somme".
Ces poèmes personnalisés seront mis sur le site avec l'accord des familles et les initiales du défunt.L'idée de poèmes pour les morts n'est pas nouvelle. Carl Norac en a entendu parler lorsqu'il a rencontré au Marché de la poésie de Paris le Néerlandais Tsead Bruinja qui écrit des poèmes pour des funérailles solitaires.
Un collectif d'Anvers le fait aussi depuis plusieurs années pour ceux qui sont morts seuls et les poètes lisent leur texte lors de l'enterrement. "C'est notre profession de trouver les mots pour capter la douleur humaine. Mais cette fois l'expérience est plus intime" puisqu'il y a un lien avec la famille, estime Michaël Vandebril, le coordinateur de ce collectif. Elle se fait aussi dans l'urgence car les morts sont enterrés très vite.

Mardi 7 Avril 2020

Lu 1423 fois


1.Posté par Colpin le 07/04/2020 04:16
AUTOROUTE ET IMPASSE !

D’habitude
On est finalement seul
Dans une foule qui grouille
Le convivial s’y rouille
L’empathie est sous linceul…
D’habitude…

Maintenant
On est seul mais tous ensemble
On est seul mais tous en bloc
Dans ce grand électrochoc
Où tous nos lendemains tremblent
Maintenant…

2.Posté par ahcene mariche le 04/05/2020 23:23
je vs envois ici un poème sur la santé

La santé et ses limites

La santé atteint ses limites
La maladie en profite
Pour aggraver les dégâts.
Faisant du corps son gîte,
Le détruit et l’irrite,
Combien de plaies elle prévoit !

Le mal, qui, dans le corps, progresse,
Propage ses racines et prospère.
Il change de place en vitesse
Et laboure à tort et à travers.
Durant la nuit, il t’oppresse
Et il te fait voir toutes les misères.

Le mal s’enfonce et lacère,
Il est le pire des tourments.
Même son nom est amer,
Il est réputé pour ses inconvénients.
Il te fera courir les artères,
Le corps peine d’exténuation.

Le remède du mal est la médication ;
A cet effet, nombreuses sont nos quêtes.
Nous avons juré d’arrêter sa progression
A l’unanimité pour sa conquête.
Sachant que son rôle est déterminant,
L’heure est proche pour sa défaite.

Si cela s’avère inefficace, il est sauvé ;
Nous allons chercher d’autres artifices.
Nous le prendrons en aparté
Et adviennent ses vilains caprices.
Nous le châtierons à volonté,
C’est là notre vengeance consolatrice.

Parfois, on le voit se dérober,
Rampant, tel un cours d’eau.
Sournoisement, il décide de dévier
Pour détruire ce qui reste à nouveau.
Lui, cet habitué d’horribles faits,
Considérant le mal, un plaisir qu’il faut.

Le mal a été bien franc
Puisqu’il a détruit le corps.
Il n’a épargné ni cœur ni poumons,
Laissant derrière un triste sort.
Vous l’avez deviné, par son émargement,
Il vient de signer pour la mort !
ahcene mariche
ahcenemariche20@gmail.com

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