Pour une intégration régionale porteuse de développement social et territorial

Le troisième Congrès régional Tanger–Tétouan–Al Hoceima rehaussé par la présidence du Premier secrétaire de l’USFP


Mohamed Assouali
Mercredi 29 Avril 2026

Autres articles
Le troisième Congrès régional de l’Union socialiste des forces populaires dans la région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma, prévu pour les 1er et 2 mai 2026 au Centre culturel Ahmed Boukhmakh à Tanger sous la présidence du Premier secrétaire Driss Lachguar, ne se tient ni dans une conjoncture ordinaire, ni dans une région ordinaire. Il intervient à un moment politique décisif, où se croisent les défis de la régionalisation avancée, de la justice sociale et territoriale, de la préparation des prochaines élections législatives et de la reconstruction de la confiance dans l’action politique sérieuse.
 
Une région stratégique face à l’épreuve de l’équité
 
Cette étape tire sa force du fait que la région incarne l’une des plus grandes contradictions du développement marocain. D’un côté, elle dispose d’une position géostratégique exceptionnelle, ouverte sur l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique, d’un port de dimension mondiale, d’une dynamique industrielle, logistique, touristique et culturelle remarquable. De l’autre, elle reste marquée par des écarts persistants entre le littoral et l’arrière-pays, entre les grands pôles économiques et les zones montagneuses, rurales ou insuffisamment équipées.

C’est précisément dans cette tension entre potentiel et inégalités que prend sens le slogan du congrès : pour une intégration régionale porteuse de développement social et territorial. Car la vraie question n’est plus seulement de savoir ce que la région produit, mais comment les fruits de cette dynamique sont répartis entre ses territoires et ses populations.
 
De Marrakech à Tanger, l’USFP reprend l’initiative par les territoires
 
Le Congrès de Tanger intervient après l’étape réussie de Marrakech–Safi, confirmant que l’Union socialiste des forces populaires est entrée dans une nouvelle phase de mobilisation régionale. Il ne s’agit pas d’un simple passage organisationnel d’une région à l’autre, mais d’une démarche politique qui redonne à la région sa pleine fonction : diagnostiquer, proposer, mobiliser et construire une parole politique enracinée dans le réel.
L’USFP fait ainsi de ses congrès régionaux des espaces ouverts sur les préoccupations des citoyennes et des citoyens, et non de simples rendez-vous internes. Cette orientation exprime une conviction forte : les batailles politiques à venir ne se gagneront pas par les slogans seuls, mais par la capacité du parti à renouer avec les territoires, à écouter les attentes sociales et à transformer les revendications locales en projet politique crédible.

La participation de plus de 600 congressistes, femmes et hommes, dont une forte présence de jeunes et de militantes venus de Tanger, Tétouan, Fahs-Anjra, Larache, M’diq-Fnideq, Chefchaouen, Ouezzane et Al Hoceïma, selon la procédure d’élection validée par le parti, donne à ce congrès une portée particulière. Elle montre que la décision régionale ne descend pas d’en haut, mais se construit à partir des provinces, des bases militantes et de la diversité des territoires. 
La bataille de 2026 ne sera pas seulement une bataille de sièges. Elle sera d’abord une bataille de sens. Sens de la politique, sens de la confiance, sens de l’engagement partisan,
sens de l’alternative et sens d’une région plus juste
Le 1er Mai à Tanger : la convergence du politique, du social et du syndical
 
Le choix de la direction politique de l’USFP et de la direction de la Fédération démocratique du travail de célébrer le 1er Mai au cœur de Tanger n’a rien d’anodin. Tanger n’est pas seulement une ville d’accueil ; elle est aujourd’hui l’un des symboles les plus visibles de la mutation économique du Maroc. Pôle industriel, logistique et portuaire, elle concentre aussi une question sociale essentielle : comment transformer l’investissement en emploi digne ? Comment faire en sorte que la richesse produite se traduise en salaires décents, en protection sociale, en logement accessible, en transport organisé et en services publics de qualité ?

Dans ce sens, la coïncidence entre le Congrès régional et les célébrations du 1er Mai donne à cette rencontre une dimension politique, syndicale et sociale forte. Elle rappelle que l’USFP ne sépare pas le combat pour une régionalisation équitable du combat pour la dignité au travail. Dans la vision ittihadie, la régionalisation avancée ne peut se réduire aux découpages administratifs, aux institutions ou aux discours techniques. Elle ne prend tout son sens que lorsqu’elle améliore concrètement la vie de l’ouvrier, du salarié, du jeune, de la femme, du petit entrepreneur, de l’agriculteur et de toutes les catégories qui attendent que le développement cesse d’être une promesse abstraite.
 
Une région puissante, mais traversée par de profondes fractures
 
Tanger–Tétouan–Al Hoceïma est une région forte par ses atouts, mais exigeante par ses contradictions. Elle réunit un port mondial et des zones montagneuses encore enclavées ; de grands espaces industriels et des villages qui attendent encore routes, équipements et services ; une façade internationale du Maroc et des territoires intérieurs qui réclament davantage de justice, d’investissement et de reconnaissance.

C’est pourquoi l’intégration régionale n’est plus un simple slogan de congrès. Elle est devenue une nécessité politique et une condition du développement équilibré. Tanger ne doit pas rester une locomotive isolée. Elle doit devenir une locomotive capable d’entraîner Tétouan, Al Hoceïma, Larache, Chefchaouen, Ouezzane, M’diq-Fnideq et Fahs-Anjra dans une dynamique de complémentarité réelle.

L’enjeu est clair : relier la croissance à la justice, l’investissement à l’emploi, les grands projets aux droits sociaux, les infrastructures aux besoins quotidiens des habitants. Une région ne peut être considérée comme pleinement développée si une partie de ses territoires avance à grande vitesse pendant que d’autres restent en attente de routes, d’écoles, de centres de santé, d’activités économiques et de perspectives pour leurs jeunes.
 
Le rapport de développement : Transformer le diagnostic en alternative
 
L’un des moments essentiels de ce congrès sera la présentation du rapport de développement. Ce document ne doit pas être compris comme une simple contribution interne. Il constitue une base politique pour lire la trajectoire de la région, identifier ses déséquilibres et proposer une alternative sociale-démocrate fondée sur l’équité, l’efficacité et la justice territoriale.

La valeur de ce rapport réside dans sa capacité à poser les vraies questions : pourquoi tous les territoires ne bénéficient-ils pas du développement au même rythme ? Pourquoi certains projets structurants tardent-ils à se concrétiser ? Comment relier l’investissement à l’emploi local ? Quelle place accorder aux jeunes, aux femmes, aux zones rurales et aux provinces moins favorisées dans le modèle régional de développement ? Comment passer d’une région à plusieurs vitesses à une région solidaire et intégrée ?

A travers ce rapport, l’USFP affirme une idée centrale : le développement ne se mesure pas seulement au volume des investissements annoncés, mais à leur impact réel sur la vie des citoyennes et des citoyens. Une gouvernance efficace n’est pas celle qui multiplie les programmes, mais celle qui produit des résultats visibles : plus d’emplois, de meilleurs services, moins d’isolement, davantage d’égalité territoriale et une confiance renouvelée dans l’action publique.
 
Médias, digitalisation et intelligence artificielle : Moderniser l’outil militant
 
Le rapport consacré à la stratégie médiatique, fondée sur la digitalisation et l’intelligence artificielle, revêt lui aussi une importance particulière. La bataille politique contemporaine ne se mène plus uniquement dans les réunions, les tribunes, les journaux et les assemblées. Elle se joue aussi dans l’espace numérique, là où se forment les opinions, se diffusent les récits, se construisent les images et se disputent la confiance et la crédibilité.
Depuis Tanger, l’USFP adresse un message clair : pas de régionalisation sans justice, pas de développement sans dignité, pas d’intégration régionale sans équité réelle entre les territoires
Pour l’USFP, la digitalisation ne doit pas être perçue comme un simple outil technique ou un effet de mode. Elle doit devenir un instrument au service de l’organisation, de la communication, de la proximité et de la lutte contre la désinformation. Elle permet de mieux informer, de mieux coordonner, de valoriser le travail militant, de parler aux jeunes avec les langages de leur temps, et de donner à un parti historique les moyens d’agir dans une société profondément transformée.
Un parti fidèle à son histoire n’est pas un parti prisonnier de son passé. C’est un parti capable de renouveler ses outils sans perdre son âme, d’utiliser les technologies modernes sans renoncer à ses valeurs démocratiques, sociales et progressistes.
 
Vers 2026 : Construire la confiance avant de chercher les voix
 
Ce congrès constitue une étape essentielle dans la préparation des prochaines élections législatives. Mais l’USFP ne peut aborder cette échéance dans une logique de réaction ou de simple calcul électoral. Elle doit l’aborder dans une logique de construction : organisation solide, choix clairs, écoute des territoires, sélection crédible des compétences, programme réaliste et alternative sociale-démocrate assumée.

La bataille de 2026 ne sera pas seulement une bataille de sièges. Elle sera d’abord une bataille de sens. Sens de la politique, sens de la confiance, sens de l’engagement partisan, sens de l’alternative et sens d’une région plus juste. Les citoyennes et les citoyens n’attendent pas seulement des critiques. Ils attendent une force capable de nommer les dysfonctionnements, de proposer des solutions et de porter une vision qui relie démocratie, justice sociale et développement territorial.
Dans cette perspective, l’USFP confirme son ambition : réhabiliter l’action politique sérieuse, rapprocher le parti des préoccupations réelles, défendre l’Etat social, renforcer la régionalisation avancée et faire de la justice territoriale l’un des piliers du changement démocratique.
 
De Tanger commence l’horizon d’une région plus juste et plus intégrée
 
Depuis Tanger, l’USFP adresse un message clair : pas de régionalisation sans justice, pas de développement sans dignité, pas d’intégration régionale sans équité réelle entre les territoires. Le troisième congrès régional n’est donc pas une simple étape organisationnelle. Il est une séquence politique forte, qui affirme que la région mérite un modèle de développement plus juste, plus équilibré et plus intégré.

Mohamed Assouali
Ce modèle doit être capable de transformer les grandes potentialités de la région en chances équitables, en services de proximité, en emplois dignes, en mobilité territoriale, en confiance institutionnelle et en perspectives concrètes pour les jeunes et les femmes.

De ce point de vue, l’Union socialiste des forces populaires ne se contente pas d’accompagner une dynamique régionale. Elle cherche à lui donner un sens social, démocratique et territorial. Elle veut transformer l’espoir en projet, et le projet en force de changement. Car la politique noble commence par l’écoute des citoyens, se nourrit de leur confiance, et se prolonge dans la construction d’une région solidaire, équilibrée, juste et intégrée.

Par Mohamed Assouali
Membre du Bureau politique de l’USFP
Secrétaire provincial du parti à Tétouan

Mohamed Assouali
Mercredi 29 Avril 2026
Lu 229 fois
Dans la même rubrique :