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Pour la Turquie, un Euro "comme à la maison"

Lundi 10 Juin 2024

Pour la Turquie, un Euro "comme à la maison"
Quand la Turquie a battu l'Allemagne mi-novembre dans l'Olympiastadion de Berlin, le deuxième but turc est venu de Kenan Yildiz, un natif de Bavière qui, comme nombre de joueurs allemands d'origine turque avant lui, a fait le choix de la "Milli Takim".

Ce soir-là, la victoire 3 buts à 2 des visiteurs a été célébrée par les deux tiers du stade, dans les tribunes couvertes d'une marée de drapeaux turcs rouge et blanc.

Un présage heureux pour l'Euro qui démarre vendredi à Munich ? "Nous jouerons probablement comme à la maison", s'est réjoui Vincenzo Montella, le sélectionneur de l'équipe de Turquie.
L'Italien a dévoilé vendredi soir les noms des vingt-six joueurs turcs retenus pour la compétition.

Parmi eux figurent cinq joueurs nés sur le sol allemand, dont le jeune prodige de la Juventus Kenan Yildiz, Salih Özcan, finaliste de la Ligue des champions avec le Borussia Dortmund, et l'incontournable Hakan Çalhanoglu, capitaine de la sélection et maître à jouer de l'Inter Milan, champion d'Italie 2024.

Ces joueurs, qui affronteront le Portugal, la Géorgie et la République tchèque dans le groupe F, sont les descendants pour beaucoup des "travailleurs invités" turcs arrivés en Allemagne de l'Ouest dans les années 60 et 70.

Leur choix de porter le maillot de la "Milli Takim", qui ravit les supporteurs turcs, relance régulièrement le débat sur les ratés de l'intégration en Allemagne, où vit la plus grande communauté turque ou d'origine turque de l'étranger, trois millions de personnes environ.

"Le fait qu'ils choisissent la Turquie n'est pas nécessairement le résultat d'une intégration ratée", affirme cependant Ahmet Toprak, professeur à l'Université des sciences et des arts appliqués de Dortmund et auteur de recherches sur le sujet.

Pour lui, ces joueurs au turc parfois hésitant qui, pour certains, "ne connaissent la Turquie que par des cartes postales", font un choix avant tout "émotionnel".

"Le football est un sport émotionnel qui est vécu avec beaucoup plus d'intensité en Turquie qu'en Allemagne (...) Ils choisissent aussi la Turquie parce qu'ils ressentent un lien émotionnel avec ce pays via leurs parents, leurs grands-parents ou leurs proches", analyse Ahmet Toprak, qui souligne également que la Fédération turque "approche activement" les jeunes joueurs d'origine turque.

Libé

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Tags : Euro, Turquie

International











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