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Pour l’Unicef, le système de protection sociale au Maroc est loin du compte

Le taux de couverture médicale de base (AMO et Ramed) des enfants de moins de 15 ans ne dépasse pas les 47%




 “L’ensemble de ces composantes n’a pas été conçu comme un système». C’est ainsi que l’Unicef a dépeint le système de protection sociale au Maroc. Une description loin d’être valorisante, révélée dans son diagnostic du système de protection sociale, récemment publié. Pour étayer ces propos, l’organisation onusienne s’est appuyée sur le fait que ledit système ne peut justement pas être considéré comme tel, tout simplement car ses composantes, à savoir, le système de sécurité sociale contributif (CNSS, CMR), celui partiellement contributif (RAMED) ainsi que le dernier, non-contributif (Tayssir, Kafala), ont été introduites progressivement afin de traiter des problématiques spécifiques et ponctuelles.
Et ce n’est pas tout. Les griefs concernent également la mise en œuvre des programmes où l’Unicef met en exergue plusieurs dysfonctionnements. Tout d’abord, un manque d’intégration dans l’élaboration des politiques. Ensuite, est aussi pointé du doigt un environnement institutionnel complexe. En cause, une absence d’intégration à ce niveau, à la lumière des dizaines d’organismes intervenants dans la protection sociale. De fait, l’UNICEF souligne l’importance d’instaurer un système plus intégré afin de gagner en efficience et efficacité.  
Plus en détail, le rapport établi par le Fonds des Nations unies pour l'enfance s’est particulièrement focalisé sur la couverture de la protection sociale dévolue aux enfants âgés de moins de 17 ans. Et il faut avouer que les conclusions ne sont pas toujours reluisantes. En effet, une large majorité d’enfants vulnérables n’est couverte par aucun programme. En attestent les enfants dont les parents vivent de l’économie informelle et qui, du coup, ne perçoivent aucune allocation familiale de la sécurité sociale.
Limité. C’est l’estimation faite par l’Unicef à propos du taux de couverture du programme d’aide directe aux veuves, au même titre que le taux de couverture médicale de base (AMO et Ramed) des enfants de moins de 15 ans, et qui ne dépasse guère les 47%.  
Denis Chemillier-Gendreau, expert en protection sociale et auteur du rapport, a établi plusieurs éléments d’orientation pour l’élaboration des scénarii de réformes. A commencer par l’amélioration du rendement social, à travers la réduction de la pauvreté et l’accès aux services sociaux de base. Ensuite, il s’agirait également de renforcer la pertinence et la qualité du ciblage en limitant les erreurs d’inclusion et d’exclusion. Il conviendrait aussi de rationaliser les frais de gestion excessifs, alimentés par un nombre important d’acteurs gestionnaires. Sans oublier de rendre l’assistance sociale plus visible pour la population afin d’élargir la couverture sociale, en l’occurrence aux populations nécessiteuses. Et enfin, entamer un processus de renforcement des données disponibles en matière de populations cibles dans l’optique d’une meilleure évaluation.

C.C
Mercredi 19 Décembre 2018

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