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Pororoca, un thriller roumain captivant en lice pour le Grand prix du FCMT

Luisa Gavasa : La diversité des langues fait la richesse et la profondeur du 7ème art méditerranéen





L'actrice espagnole Luisa Gavasa, honorée samedi soir à l'ouverture du Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan (FCMT), a estimé que le cinéma méditerranéen, qui reflète les préoccupations, les contradictions et la culture des sociétés de la région, demeure, tout de même, plus intime et plus social.
Gavasa, qui s'exprimait dimanche lors d'une conférence de presse à l'institut Cervantès de Tétouan, a indiqué que le cinéma méditerranéen se distingue par sa manière d'évoquer plusieurs thématiques, ses approches et le genre des histoires exposées, outre la diversité des langues, faisant observer que c'est cette diversité qui fait la richesse et la profondeur du 7ème art méditerranéen. « Le cinéma a la particularité de jouer le rôle d'un miroir pour nous montrer nos points forts, mais aussi nos faiblesses », a-t-elle insisté, mettant l'accent sur l'importance d'utiliser le cinéma pour améliorer l'image véhiculée sur les pays de la région.
L’actrice, qui avait remporté le prix Goya du meilleur second rôle dans "Ma novia" en 2016, n’a pas manqué de souligner l’importance de la thématique du "Cinéma et libertés", sujet de débat au FCMT cette année, ce qui constitue, selon elle, l'occasion de jeter la lumière sur des questions liées à l'égalité homme-femme dans le cinéma et d'échanger les vues sur les moyens à même de trouver des solutions à cette question.
Pour ce qui est des projections de la deuxième journée de cet évènement cinématographique, les festivaliers ont pu découvrir le thriller roumain captivant « Pororoca » de son réalisateur Constantin Popescu qui est en lice pour le Grand prix de cette édition du FCMT. D’excellentes performances, un rythme effréné et une mise en scène très bien maîtrisée sont les qualités principales de ce film qui raconte l’histoire d’un couple de trentenaires, Tudor (Bogdan Dumitrache) et Cristina (Iulia Lumânare), qui vivent confortablement à Bucarest avec leurs deux enfants, Ilie et Maria. On est en plein été, et un des passe-temps favoris de Tudor est d’emmener son fils et sa fille au parc, où ils jouent avec leurs amis. On imagine difficilement famille plus épanouie, jusqu’au jour où Maria disparaît pendant un moment d’inattention de Tudor. Le film prend alors la forme d’un thriller, ce qui est rare au cinéma roumain.
Le réalisateur s’aventure également dans l’analyse psychologique du deuil et de la manière dont il affecte la communication au sein d’une famille. Bien soutenu par des interprétations de premier ordre, le film montre très efficacement à quel point la structure familiale est semblable à un château de cartes : si on retire la base, tout s’effondre, causant un vide énorme au sein du foyer familial. Il montre aussi comment la disparition d’un enfant peut   affecter les parents et altérer le poids de mots, des gestes, des actes et des sentiments les plus profonds. Les personnages secondaires sont, par ailleurs,  utilisés de manière très judicieuse, pour souligner l’impossibilité qu’il y a à appréhender ce tremblement de terre émotionnel d’un point de vue extérieur.
En effet, comment quelqu’un d’extérieur peut-il ressentir le vide causé par le sort incertain de Maria, ou l’horreur ressentie à l’évocation du passé dans les conversations ?
Les amateurs du cinéma ont également eu l’occasion de voir le film documentaire "Armonia, Franco et mon grand père" du réalisateur français Ladjointe Xavier. Filmé sous la forme d’un journal initiatique de 70 minutes, le documentaire raconte la guerre d'Espagne et l'exil des grands-parents du réalisateur qui implique plusieurs membres de sa famille dans sa quête de la vérité, et porte son regard sur la liberté de vivre sa vie dans le passé comme au présent.  "Entre la fiction et le documentaire, j’ai voulu apporter une vision différente sur la guerre d’Espagne", a souligné Ladjointe Xavier, ajoutant que ce film "retrace l’histoire familiale mêlée à la grande histoire d’Espagne et qui commence au Maroc".
 « Entre interdits et émotions, la parole s'est libérée dans ce documentaire, mais cette quête a rapidement viré à l'obsession de connaitre la vérité », a-t-il expliqué.

Mehdi Ouassat
Mardi 27 Mars 2018

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