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Plus de 300 migrants secourus par les garde-côtes libyens au large de la côte occidentale

Tensions entre gardes-côtes et ONG au large de la Libye



 Les garde-côtes libyens ont secouru dimanche quelque 316 migrants illégaux de différentes nationalités au cours de trois opérations distinctes au large de la côte occidentale du pays.
"La patrouille des garde-côtes a secouru 114 migrants sur une embarcation de fortune à 20,9 km de la ville de Zaouïa" (à l'est de Tripoli), a indiqué le porte-parole de la marine libyenne, Ayob Qassem.
"Au cours de la seconde opération, 97 migrants ont été secourus sur une planche qui était sur le point de couler", a poursuivi M. Qassem, ajoutant que cette opération s'était déroulée à 56,3 km au large de la ville de Janzour, à une vingtaine de km à l'ouest de Tripoli. Tous les migrants secourus ont ensuite été transportés à la base navale de Tripoli avant d'être transférés vers un refuge pour migrants à l'est de la capitale, a-t-il précisé.
La troisième opération a permis, quant à elle, de secourir 105 migrants au large de la ville de Zuwara, à 120 km à l'ouest de Tripoli, selon le directeur du Département contre l'immigration illégale de la ville voisine de Sabratha, Bassem al-Ghrabli, qui a révélé que deux Libyens recherchés pour meurtre et vol à main armé étaient sur le bateau à destination de l'Italie.
Par ailleurs, la tension restait vive au large de la Libye entre des ONG et les garde-côtes libyens, qui ont encore empêché dimanche un navire humanitaire de s'approcher d'une embarcation en détresse alors que des migrants étaient à l'eau.
L'Aquarius, affrété par SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), a été prévenu par les gardes-côtes italiens de la présence d'un canot surchargé au large de Tripoli, a rapporté une photographe de l'AFP présente à bord.
Mais Rome a aussi prévenu les gardes-côtes libyens, qui ont pris la coordination de l'opération et interdit au navire de s'approcher, lui ordonnant même de s'éloigner lorsque des migrants ont sauté à l'eau pour tenter d'éviter d'être reconduits en Libye.
Dans la matinée en revanche, en l'absence de gardes-côtes libyens, le voilier Astral, de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, a secouru 105 migrants, dont une douzaine de femmes et d'enfants, qui se trouvaient sur un canot en perdition à environ 30 milles des côtes libyennes, a raconté sur Twitter le député italien Riccadro Magi (gauche), présent à bord.
Samedi, une vedette des gardes-côtes libyens, qui accusent les ONG d'être liées aux réseaux de passeurs, avait obligé l'Astral et un autre navire, humanitaire qui venait de secourir 38 migrants, à s'éloigner.
"Les Libyens agissent comme des pirates dans les eaux internationales, exigeant que leur soit reconnue une autorité. Ils agissent hors du droit et ils le font avec des moyens fournis par le gouvernement italien", a dénoncé M. Magi.
Trois responsables de l'ONG Proactiva Open Arms font actuellement l'objet d'une enquête judiciaire en Italie pour avoir refusé de remettre des migrants aux Libyens lors d'une opération mi-mars, même si un juge a estimé qu'ils avaient agi "en état de nécessité" compte tenu de l'insécurité pour les migrants en Libye.
Cette semaine, MSF a dénoncé la situation dans un centre de détention à Zouara (ouest), où ses équipes ont vu plus de 800 personnes tellement entassées qu'elles ont à peine la place de s'allonger, "sans un accès adéquat à l'eau et à la nourriture".
La coordination entre Rome et Tripoli a cependant fait chuter drastiquement les départs. Selon les autorités italiennes, près de 9.500 migrants ont débarqué cette année, soit une baisse de 75% par rapport à la même période en 2017. Dans le même temps, les gardes-côtes libyens ont secouru et ramené en Libye plus de 5.000 migrants, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui fait aussi état d'un bilan d'au moins 379 morts ou disparus au large de la Libye.

Mardi 8 Mai 2018

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