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Parvana : Le récit d'une enfance afghane sous le régime des Talibans


Le film offre aux plus jeunes comme aux adultes une somptueuse leçon de vie



Comment  montrer au cinéma ce qui se passe dans un pays qui survit sous le joug d'une dictature ? La réponse peut passer par l'animation. Ce fut le cas pour "Persépolis" en 2007 qui dévoilait le quotidien de l'Iran sous les Mollahs, c'est à nouveau la solution trouvée par Nora Twomey pour raconter Kaboul sous les Talibans.
Et cette fois encore, c'est par le regard de l'une des victimes de l'oppression, une petite fille, que passe le message. Car avant tout, les victimes de la dictature afghane sont les femmes, quel que soit leur âge. Dans ce cas, la petite Parvana trouve la solution : puisqu'étant une femme elle perd tous ses droits, eh bien alors, elle sera un garçon. Un travestissement qui lui offre le peu de liberté supplémentaire qui lui manquait. Et qui lui permet de respirer car depuis que les talibans ont emprisonné son père, c’est sur elle que repose la survie de la famille. 
Le film combine la force d'un pamphlet humaniste au charme d'un conte poétique brodé tout en finesse. Le récit s'appuie par ailleurs sur un réalisme directement hérité de l'expérience d'Ellis, militante féministe qui a interviewé plusieurs Afghanes réfugiées dans des camps pakistanais.
Le rythme parfait du film d’animation, entre pauses oniriques, humour et action, n'élude ainsi guère une certaine gravité qui nous inciterait à davantage conseiller ce dessin animé aux plus de 8 ans. A l'heure où l'Afghanistan semble bien loin, très loin, d'être débarrassé de l'obscurantisme, cette belle histoire, qui, elle au moins, se termine bien, fait vibrer les cœurs et éclaire les âmes par son humanisme résistant. 
Rappelons enfin que la voix française de Parvana est celle de Golshifteh Farahani, une Iranienne qui, elle le confie dans cette interview, a usé en son temps, et dans son pays, du même subterfuge que le personnage du film. Ce thème du travestissement d'une fille en garçon a souvent été la trame de scénarios ("Yentl", "Sylvia Scarlett", "Victor Victoria", "She's the man" ou encore "Mulan"). 
Il s'agit toujours, pour le personnage féminin, de transgresser des interdits, d'autant plus rigoureux dans " Parvana" ou "Persépolis" que les risques encourus peuvent aller jusqu'à la mort.
Présenté au Festival du cinéma d’animation de Meknès et nommé aux dernières cérémonies des Oscars et des Golden Globes dans la catégorie film d'animation, Parvana vient de sortir en salle. A voir ! 

 

Film d'animation canadien, irlandais, luxembourgeois (1h33) Sortie officille : le 27 juin 2018


Synopsis : En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. 
Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

Libé
Mardi 3 Juillet 2018

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