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“Parasite” du Sud-Coréen Bong Joon-ho remporte la Palme d'or à Cannes




“Parasite” du Sud-Coréen Bong Joon-ho remporte la Palme d'or à Cannes
Antonio Banderas et Emily Beecham remportent les prix d'interprétation      "Parasite", drame familial magistral mâtiné de thriller du Sud-Coréen Bong Joon-ho, qui dépeint la violence des inégalités sociales avec une grande maîtrise formelle, a remporté la Palme d'or samedi en clôture du 72e Festival de Cannes. La Palme d'or a été décernée à l'unanimité du jury, a précisé son président, le cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu.
"Nous avons été fascinés pas (le) film (de Bong Joon-ho) et cette fascination a continué à croître au fil des jours, d'où notre unanimité", a-t-il développé en conférence de presse, saluant également la grande efficacité du film. Bong Joon-ho, grand représentant de la nouvelle vague de la Corée du Sud, est le tout premier cinéaste du pays à décrocher la suprême récompense cannoise. "Merci beaucoup. Je suis très honoré, j'ai toujours été très inspiré par le cinéma français, je remercie Henri-Georges Clouzot et Claude Chabrol", a commenté celui qui succède au palmarès au Japonais Hirokazu Kore-eda, palmé l'an passé pour "Une affaire de famille". Les points communs sont d'ailleurs frappants entre les deux films, puisque le film de Kore-eda racontait l'histoire d'une famille dans le désoeuvrement qui commet des larcins, avant d'accueillir une fillette chez eux.
L'humanisme débordant dans "Une affaire de famille" est moins présent dans "Parasite" dont la critique sociale s'avère féroce, avec une propension à la violence et l'humour noir savamment dosé par Bong Joon-ho. "Parasite" raconte l'histoire d'une famille de chômeurs, celle de Ki-taek (incarné par Song Kang-ho, acteur fétiche de Bong Joon-ho), qui végètent dans un appartement en sous-sol sombre et sordide, où ils cohabitent avec les cafards et vivent d'expédients. La vie de Ki-taek, sa femme et leurs deux enfants change de tournure le jour où son fils, Ki-Woo, décroche un travail de professeur particulier d'anglais pour une jeune fille dans une famille bourgeoise, les Park, qui habitent une somptueuse maison avec jardin, grandes baies vitrées et décoration soignée.
La famille de Ki-taek va vite s'emparer du filon: par d'habiles subterfuges, Ki-Woo fait embaucher sa soeur pour donner des cours de dessin au petit dernier, puis ses parents comme chauffeur et gouvernante. Mais, si tout semble aller pour le mieux pour cette famille d'arnaqueurs, l'arrivée de ces "parasites" dans la famille Park va en fait marquer le début d'un engrenage incontrôlable. Antonio Banderas, à l'affiche du dernier film de Pedro Almodovar, et l'actrice anglo-américaine Emily Beecham, du film autrichien "Little Joe" ont décroché les prix d'interprétation.
"Ce soir, c'est mon soir de gloire", a déclaré l'acteur espagnol de 58 ans, qui s'est glissé dans les polos colorés et les véritables chaussons d'Almodovar pour incarner son double: un réalisateur angoissé et endolori qu'il interprète avec une nouvelle sobriété. "Même s'il s'appelle Salvador Mallo (son personnage, ndlr), il ne fait pas de mystère qu'il s'agit de Pedro Almodovar.  Je le respecte, je l'admire, je l'aime, c'est mon mentor, et il m'a tellement donné que cette récompense doit lui être dédiée", a déclaré Banderas en recevant son prix. Il est le sixième Espagnol à être primé par le Festival après José Luis Gómez en 1976, Fernando Rey en 1977, Alfredo Landa et Francisco Rabal en 1984, et Javier Bardem en 2010.
Portrait très personnel et émouvant d'un cinéaste en crise, "Douleur et Gloire" est la huitième collaboration entre Pedro Almodovar et Antonio Banderas - qui a commencé sa carrière au début des années 80 dans "Le labyrinthe des passions", avant de tourner avec l'enfant terrible de la Movida dans "La loi du désir", "Femmes au bord de la crise de nerfs" ou "Attache-moi!".
Deux fois récompensé, par le prix de la mise en scène pour "Tout sur ma mère" et le prix du scénario et prix d'interprétation collective pour ses actrices pour "Volver", il n'a jamais reçu le trophée suprême à Cannes. Le cinéaste n'a pas monté les marches du palais des Festivals samedi.

Mardi 28 Mai 2019

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