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Omar El Jadli : La production théâtrale dans la cité ocre ne reflète pas la vraie image des talents marrakchis



Une ville de cette envergure artistique doit rester fidèle à sa réputation, à son rayonnement et à sa singularité



Omar El Jadli : La production théâtrale dans la cité ocre ne reflète pas la vraie image des talents marrakchis
La régression de la production théâtrale dans la cité ocre, une ville considérée jadis comme le berceau du théâtre national et pépinière des grandes troupes et des grandes stars de l’art dramatique, ne reflète en aucun cas la vraie image des talents des artistes marrakchis (comédiens, dramaturges, metteurs en scène, scénographes, critiques, techniciens et administratifs) et les capacités des troupes théâtrales dans l’organisation, l’administration et la gestion, a souligné l’acteur, dramaturge et metteur en scène, Omar El Jadli. 
“La dynamique théâtrale dans la cité ocre et dans le reste des villes de la région sans omettre les petites villes, qui connaissent un foisonnement et une effervescence notamment parmi les jeunes rêvant d’un nouveau théâtre innovant, n’a jamais cessé et continue de lutter en dépit du manque de moyens et “de l’absence d’équité” du système de soutien théâtral”, a relevé dans une déclaration à la MAP, ce dramaturge, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre. Evaluant la situation du théâtre dans la cité ocre et dans la région, M. El Jadli, également directeur de la compagnie “Théâtre Arlequin”, a évoqué la valeur symbolique de cette ville dans le domaine du patrimoine et des spectacles de théâtre, ainsi que le rôle qu’ont joué les professionnels du théâtre dans la réussite de toutes les manifestations théâtrales qui ont participé au rayonnement du théâtre marocain à cette époque. “Une ville de cette envergure artistique et de cette renommée nationale et internationale doit rester fidèle à sa réputation, à son rayonnement et à sa singularité”, a-t-il insisté.  
Dans ce contexte, M. El Jadli a appelé à préserver l’héritage rayonnant et la valeur de ses artistes en réparant ce qu’ont altéré les mutations sociales et politiques et en procédant à l’organisation de ce théâtre au lieu de le laisser dans la soi-disant confusion. “Il est de notre devoir d’appeler les responsables du secteur culturel, et les différents intervenants concernés à réfléchir collectivement à l’amélioration des conditions de travail de l’artiste et l’instauration des principes de démocratie et de transparence pour bénéficier du soutien de l’Etat”, a-t-il ajouté. Ce dramaturge marocain a en outre estimé que la promotion du théâtre national est tributaire de l’encouragement de la qualité, de l’innovation, de la recherche et de la formation en ouvrant ce domaine aux jeunes afin qu’ils apprennent et croient en leurs créations et  la légitimité de leurs rêves. 
M. El Jadli a de même noté que la promotion du théâtre dans la cité ocre reste tributaire aussi de l’exploitation du foisonnement du patrimoine immatériel et des potentialités de la culture populaire qui fait la singularité des habitants de Marrakech afin de redorer le blason à cet art et ressusciter les moments de gloire du théâtre à Marrakech avec des pièces de théâtre éternelles telles que “Sidi Kaddour El Alami”, “El Haraz”, “Hammam l’houma”, dont l’écho résonne encore dans le milieu artistique. Concernant les préoccupations des hommes de théâtre dans la région, il a noté qu’elles diffèrent selon les spécificités de chaque ville et de l’histoire du mouvement théâtral, le nombre de professionnels, et le degré de leur intégration dans la dynamique professionnelle.
Face à ces difficultés d’ordre financier, les artistes de l’art dramatique dans la cité ocre n’ont d’autre refuge que de participer à des œuvres cinématographiques étrangères, avec tout ce qu’elles imposent de contraintes du casting, a-t-il fait remarquer, appelant à  réfléchir collectivement aux moyens susceptibles d’améliorer la qualité de la production artistique et les conditions de travail des professionnels de cet art et surmonter les problèmes relatifs à la non structuration du secteur.
Par ailleurs, il a noté que les festivals et rencontres théâtraux jouent un rôle prépondérant dans la politique culturelle de la ville. Outre le rayonnement qu’ils octroient à la ville, ces manifestations contribuent à promouvoir et hisser le goût artistique du public en permettant à ce dernier de s’enquérir des expériences et sensibilités théâtrales nationales, arabes et internationales et de s’interagir avec les préoccupations de la société.

Libé
Jeudi 3 Mai 2018

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