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Nouvelle avancée dans la lutte contre l’obésité


Des chercheurs ont découvert des cellules nommées Aregs qui bloquent le stockage des graisses



D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un Marocain sur trois serait touché par l’obésité ! Pis, un enfant et un adolescent marocains sur dix sont également sujet à ce gravissime phénomène. Ces chiffres, datant d’une enquête menée en 2017, révèlent donc la percée inquiétante de l’obésité au Maroc comme partout ailleurs dans le monde. Et selon les auteurs de l’étude, le taux d’obésité chez les 5-19 ans a plus que doublé en l’espace de 15 ans. Et l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient figurent parmi les régions où l’obésité enregistre les plus fortes progressions. 
Mais une lueur d’espoir vient d’apparaître. Comme révélé par la revue «Nature », des chercheurs suisses viennent de découvrir une arme afin de lutter contre l’obésité et le diabète de type 2 qui en est l’une des plus graves conséquences. La solution viendrait de cellules nommées Aregs, qui bloquent la production de celles qui stockent les graisses. En effet, il existerait parmi la nuée de cellules qui composent nos tissus adipeux, quelques-unes capables de stopper le stockage de graisses. 
Selon David A. Guertin, professeur à la University of Massachusetts Medical School et toujours d’après la même source «la clé pour lutter contre l'obésité est de comprendre comment les adipocytes matures se développent à partir des cellules précurseurs, mais l'identité de ces précurseurs a jusqu'ici été insaisissable ». Car, en effet, la difficulté du processus d’identification réside dans le grand nombre de cellules que contient le tissu adipeux. De ce fait, David A. Guertin avoue « qu’il est difficile de distinguer les cellules en question en utilisant les approches traditionnelles. Le marquage génétique, qui consiste à fixer des molécules fluorescentes sur certaines protéines présentes à la surface des cellules pour les distinguer, ne fonctionne pas dans ce cas-là en raison de la trop grande similarité des profils entre différents types de cellules ». 
Par conséquent, une approche plus moderne a été adoptée par les scientifiques, intitulée "Transcriptomique à cellule unique". Concrètement, cette technique permet de faire le tri entre les cellules par types de gènes actifs, ce qui permet de constituer des profils partagés à coup sûr par les sous-populations de cellules. Grace à la technique en question, les chercheurs ont donc pu définir trois populations de cellules précurseurs de graisses, dont l'une permet de supprimer la production d'adipocytes. Nommées Aregs, ces dernières représentent moins de 10% de la population cellulaire. Selon les scientifiques à l’origine de l’expérience, les Aregs empêcheraient les pré-adipocytes de devenir des adipocytes en 
A la lumière des ravages causés par l’obésité sur le corps humain, cette découverte revêt une importance capitale. Un constat confirmé par David A. Guerin : «La modulation des signaux libérés par Aregs pourrait avoir un potentiel thérapeutique pour contrôler la croissance des graisses », souligne-t-il. 
Par ailleurs, Bart Deplancke, qui a dirigé une partie de ces travaux, a révélé dans un communiqué de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) que "contrôler la formation des cellules adipeuses est important pour améliorer la santé métabolique ». Et d’ajouter : « Cela pourrait s'avérer significatif aussi pour ralentir le vieillissement puisque certains tissus, comme la moelle osseuse et les muscles, accumulent des cellules adipeuses avec le temps, ce qui affecte négativement leur fonction. De ce fait, notre découverte a des implications biomédicales étendues, et nous sommes impatients d'en apprendre davantage au sujet de ces intrigantes cellules». 
Cette découverte fondamentale suscite donc également l’espoir vu que ces Aregs peuvent être utilisées comme moyen pour moduler la plasticité du tissu adipeux humain. L’objectif étant, à long terme, d’accroître les chances de contrôler l'obésité et la sensibilité à l'insuline, et ainsi traiter des maladies métaboliques, y compris le diabète de type 2.
 

C.C
Lundi 13 Août 2018

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