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Nos retraités Des laissés-pour-compte

Le Groupe socialiste attire l’attention sur l’urgence de revaloriser les pensions à la hauteur du coût de la vie


T.M
Mercredi 3 Août 2022

Nos retraités Des laissés-pour-compte
Le dernier rapport de Bank Al-Maghrib a tiré la sonnette d’alarme sur la « détérioration » de certains régimes de retraite.

« La pression sur les ressources de l’Etat ne fait que s’accroître, accentuée par les besoins grandissants et la nécessité de répondre aux autres priorités sociales telles que l’éducation ou encore de parchever certaines réformes urgentes à l’instar de celle des retraites », lit-on dans ce rapport qui a été présenté récemment à S.M le Roi Mohammed VI. Et le rapport d’ajouter : « A trois ans de l’échéance de l’élargissement de la couverture sociale à l’ensemble de la population, cette réforme demeure partielle et incomplète depuis l’ajustement paramétrique opéré en 2016 pour la CMR alors que les équilibres financiers de certains régimes connaissent une détérioration rapide et inquiétante ».

Concernant les retraités, le Groupe parlementaire de l’USFP, dont la fibre sociale constitue la quintessence de son projet sociétal,  a évoqué récemment la question de leur pension.

En effet, dans une question écrite adressée, au nom du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, au chef du gouvernement, le député socialiste Moulay Mehdi Fatmi a rapporté que les retraités au Maroc dénoncent leur exclusion des résultats du récent dialogue social, qui a abouti à la signature d'un accord entre le gouvernement et les centrales syndicales. 

Selon lui, beaucoup d'entre eux se sont étonnés que le gouvernement n'ait pas prêté attention à cette catégorie sociale qui a consacré sa vie au service de l'intérêt public, d'autant plus que près de deux millions de retraités vivent dans une situation précaire, en l'absence de services médicaux et de soins de santé nécessaires étant donné leur âge avancé.

Il y a lieu de souligner que le Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) avait décidé en 2019 de revaloriser les pensions de retraite, à compter du 1er janvier 2020, soulignant que cette augmentation « ne doit pas être inférieure à 100 dirhams comme seuil minimum».

Mais cette mesure attend toujours l’aval du ministère des Finances, selon Moulay Mehdi Fatmi.
Et le parlementaire de l’USFP de préciser : « Or c’est l'actuelle ministre de l’Economie et des Finances qui préside le conseil d'administration de cette institution sociale. Pis encore, certaines voix ont paradoxalement tenu à lier lors du dialogue social la revalorisation des pensions de retraite à la réforme des systèmes de retraite. Ce lien est inadmissible, car la réforme de la retraite est une réforme structurelle qui dure depuis 2003 et ne peut être liée à la pension de retraite, qui est une question urgente n’admettant ni attente ni atermoiement, car elle est vitale pour le quotidien des retraités et de leurs familles».

A cet effet, le parlementaire ittihadi considère qu’il est temps de réparer cette « injustice » frappant cette catégorie sociale, tout en interpellant le chef du gouvernement sur les mesures urgentes préconisées en faveur de cette catégorie, dont le nombre augmente d'année en année, et dont les souffrances augmentent davantage du fait des hausses des prix, de la cherté de la vie et, partant, la satisfaction de leurs revendications que sont notamment l'augmentation des pensions, leur revalorisation à la hauteur de l’inflation et la généralisation de la pension minimum de retraite.

« La plupart des retraités vivotent ».  C’est en ces termes qu’Abdellah Charifi Alaoui, ancien fonctionnaire au ministère de la Justice et président de l’Amicale des retraités de justice, décrit la grisaille du quotidien des retraités, surtout ceux qui perçoivent une pension dérisoire et qui sont les oubliés de l’Etat, voire les laissés-pour-compte de l’augmentation des salaires des fonctionnaires et employés de l’administration publique et le secteur privé.

« Dans notre secteur, il y a trois catégories de retraités. Il y a ceux qui perçoivent une pension suffisamment confortable, ceux qui touchent une pension moyenne et des retraités qui empochent une pension insuffisante notamment ceux qui ont été mis à la  retraite avant la réforme du statut des greffiers de justice en 2011. Mais, la plupart des retraités croupissent dans la misère », a précisé Abdellah Charifi Alaoui, dans une déclaration à Libé. Et de lancer un appel au gouvernement d’accorder une attention particulière à cette catégorie « qui a passé de longues années à servir avec abnégation l’Etat ».

T.M


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