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Enfin, Anis Birrou vient de se réveiller de son long sommeil. Cela fait des semaines que le ministre chargé des Marocains résidant à l'étranger et des Affaires de la migration brille par son absence de la scène politique et médiatique. Aujourd’hui, il semble retrouver sa langue qu’il a déjà perdue après la colère Royale contre les représentations consulaires marocaines à l’étranger.
Notre homme a été vu avant-hier à Rabat, aux côtés de Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) et Nasser Bourita, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, lors d’une conférence de presse consacrée au bilan de la nouvelle politique marocaine en matière de migration et d’asile lancée il y a deux ans.
Mais cette fois-ci, Anis Birrou n’a pas jugé utile de donner un bilan chiffré ni parler des mesures concrétisées. Le ministre s’est perdu dans des généralités et des propos mille fois ressassés. Un discours qui se complaît trop dans l’autosatisfaction.
Pourtant, la réalité est tout autre. Le bilan de la politique nationale en matière de migration et d’asile est mitigé. Si des avancées ont été réalisées, le chemin semble encore pavé de contraintes et de déficits en la matière. C’est l’avis de Omar Naji, militant des droits de l’Homme à Nador, qui estime que cette politique a atteint ses limites de l’aveu même des acteurs institutionnels tels que le CNDH et autres instances. « S’il faut limiter le bilan de cette politique à la régularisation de 20.000 personnes, on est encore loin du compte puisque la situation des migrants faite de violations et de souffrance n’a pas changé d’un iota», nous a-t-il indiqué.
Même son de cloche de la part de Hassan Ammari, expert dans le domaine, qui soutient que la politique migratoire est un véritable échec au vu de ses objectifs non atteints. D’autant plus que cette politique souffre d’un manque de visibilité et de transparence, selon lui. « Si les autorités marocaines ont procédé à la régularisation de la situation administrative de plusieurs migrants, cela ne doit pas occulter une autre réalité, à savoir les opérations d’éloignement menées à l’intérieur du pays. En d’autres termes, la série noire des violations des droits des migrants continue malgré les efforts déployés dans ce sens », a-t-il précisé. Mais il n’y a pas seulement cet aspect, notre source s’interroge sur les retards constatés au niveau de la promulgation du corpus législatif encadrant les questions de migration et d’asile. «A ce sujet, les rapports et documents élaborés par les ministères concernés ne manquent pas, mais à ce jour aucun texte juridique n’a été promulgué, excepté le projet de loi sur le trafic humain», a-t-il souligné.
Autre reproche et non des moindres, c’est le problème des fonds alloués aux associations œuvrant dans le domaine de la migration. «Aujourd’hui, la question de l’intégration des migrants est devenue une source de profit pour certaines associations qui bénéficient de millions de dirhams alors qu’elles ne disposent ni de l’expertise requise, ni de l’expérience souhaitée. De ce fait, on peut parler de dilapidation de deniers publics », nous a affirmé Hassan Ammari.
Franck Nama, secrétaire général du Collectif des travailleurs immigrés, pense, de son côté, que s’il y a une vraie volonté politique de l’État, beaucoup de chemin reste à parcourir. « Aujourd’hui, plusieurs opportunités sont certes offertes aux migrants, mais cela n’empêche pas de constater l’existence des violations de leurs droits sans évoquer la question de leur intégration qui reste posée», a-t-il noté.
La situation des réfugiés n’est pas non plus réjouissante. En effet, le pays n’est pas doté d’un dispositif permettant d’accueillir des demandeurs de protection internationale pendant toute la durée de la procédure d’asile. Notre pays manque de centres d’accueil offrant un hébergement accompagné et donnant droit, en outre, à une allocation temporaire dans l’attente de la régularisation de leur situation et à un accompagnement social et juridique. En fait, au-delà des engagements et des déclarations politiques, en réalité le droit d’asile au Maroc n’existe pas. Si le Royaume a bien ratifié le 26 août 1957 la Convention de 1951 relative à la définition du statut de réfugié et son protocole additionnel de 1967 le 20 avril 1971, il n’a pas encore mis légalement en place des procédures nationales permettant de définir un statut de réfugié. Triste réalité !
Notre homme a été vu avant-hier à Rabat, aux côtés de Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) et Nasser Bourita, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, lors d’une conférence de presse consacrée au bilan de la nouvelle politique marocaine en matière de migration et d’asile lancée il y a deux ans.
Mais cette fois-ci, Anis Birrou n’a pas jugé utile de donner un bilan chiffré ni parler des mesures concrétisées. Le ministre s’est perdu dans des généralités et des propos mille fois ressassés. Un discours qui se complaît trop dans l’autosatisfaction.
Pourtant, la réalité est tout autre. Le bilan de la politique nationale en matière de migration et d’asile est mitigé. Si des avancées ont été réalisées, le chemin semble encore pavé de contraintes et de déficits en la matière. C’est l’avis de Omar Naji, militant des droits de l’Homme à Nador, qui estime que cette politique a atteint ses limites de l’aveu même des acteurs institutionnels tels que le CNDH et autres instances. « S’il faut limiter le bilan de cette politique à la régularisation de 20.000 personnes, on est encore loin du compte puisque la situation des migrants faite de violations et de souffrance n’a pas changé d’un iota», nous a-t-il indiqué.
Même son de cloche de la part de Hassan Ammari, expert dans le domaine, qui soutient que la politique migratoire est un véritable échec au vu de ses objectifs non atteints. D’autant plus que cette politique souffre d’un manque de visibilité et de transparence, selon lui. « Si les autorités marocaines ont procédé à la régularisation de la situation administrative de plusieurs migrants, cela ne doit pas occulter une autre réalité, à savoir les opérations d’éloignement menées à l’intérieur du pays. En d’autres termes, la série noire des violations des droits des migrants continue malgré les efforts déployés dans ce sens », a-t-il précisé. Mais il n’y a pas seulement cet aspect, notre source s’interroge sur les retards constatés au niveau de la promulgation du corpus législatif encadrant les questions de migration et d’asile. «A ce sujet, les rapports et documents élaborés par les ministères concernés ne manquent pas, mais à ce jour aucun texte juridique n’a été promulgué, excepté le projet de loi sur le trafic humain», a-t-il souligné.
Autre reproche et non des moindres, c’est le problème des fonds alloués aux associations œuvrant dans le domaine de la migration. «Aujourd’hui, la question de l’intégration des migrants est devenue une source de profit pour certaines associations qui bénéficient de millions de dirhams alors qu’elles ne disposent ni de l’expertise requise, ni de l’expérience souhaitée. De ce fait, on peut parler de dilapidation de deniers publics », nous a affirmé Hassan Ammari.
Franck Nama, secrétaire général du Collectif des travailleurs immigrés, pense, de son côté, que s’il y a une vraie volonté politique de l’État, beaucoup de chemin reste à parcourir. « Aujourd’hui, plusieurs opportunités sont certes offertes aux migrants, mais cela n’empêche pas de constater l’existence des violations de leurs droits sans évoquer la question de leur intégration qui reste posée», a-t-il noté.
La situation des réfugiés n’est pas non plus réjouissante. En effet, le pays n’est pas doté d’un dispositif permettant d’accueillir des demandeurs de protection internationale pendant toute la durée de la procédure d’asile. Notre pays manque de centres d’accueil offrant un hébergement accompagné et donnant droit, en outre, à une allocation temporaire dans l’attente de la régularisation de leur situation et à un accompagnement social et juridique. En fait, au-delà des engagements et des déclarations politiques, en réalité le droit d’asile au Maroc n’existe pas. Si le Royaume a bien ratifié le 26 août 1957 la Convention de 1951 relative à la définition du statut de réfugié et son protocole additionnel de 1967 le 20 avril 1971, il n’a pas encore mis légalement en place des procédures nationales permettant de définir un statut de réfugié. Triste réalité !