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Michelle Bachelet : La pandémie n’est pas un chèque en blanc pour bafouer les droits humains




Michelle Bachelet : La pandémie n’est pas un chèque en blanc pour bafouer les droits humains
La pandémie de coronavirus ne doit pas être un "chèque en blanc" pour bafouer les droits humains, a averti jeudi la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, critiquant les "pouvoirs illimités" adoptés par certains pays.
"Des mesures d'urgence pourraient être nécessaires pour répondre à cette urgence de santé publique. Mais une situation d'urgence n'est pas un chèque en blanc pour ignorer les obligations en matière de droits humains", a déclaré Michelle Bachelet, à l'occasion d'une réunion virtuelle - la première de son histoire - du Conseil des droits de l'Homme à Genève.
"Les mesures d'urgence doivent être nécessaires et proportionnées", a-t-elle ajouté, se disant "profondément préoccupée par l'adoption par certains pays de pouvoirs d'urgence illimités".
Face à la pandémie, qui a fait près de 100.000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, de très nombreux pays ont pris des mesures extraordinaires, comme en Hongrie où les pleins pouvoirs ont été accordés au premier ministre Viktor Orban pour légiférer par ordonnances dans le cadre d'un état d'urgence à durée indéterminée.
"Dans certains cas, l'épidémie est utilisée pour justifier des changements répressifs de la législation ordinaire, qui resteront en vigueur longtemps après la fin de l'urgence", s'est inquiétée Mme Bachelet, sans toutefois mentionner de pays.
Elle s'est également dite "préoccupée" par les mesures prises dans certains cas pour limiter la liberté des médias et la liberté d'expression, craignant que la "prétendue lutte contre la désinformation" risque d'être utilisée pour faire taire les critiques.
"Dans certains pays, nous avons déjà vu des rapports faisant état de journalistes pénalisés pour avoir fait état d'un manque de masques, de professionnels de la santé réprimandés pour avoir dit qu'ils manquaient de moyens de protection et de gens ordinaires arrêtés pour avoir publié des messages sur la pandémie sur les réseaux sociaux", a-t-elle dénoncé, rappelant que "la critique n'est pas un crime".
L'ancienne présidente du Chili a également appelé tous les gouvernements à "accroître considérablement l'accès aux informations et à des statistiques précises" sur la pandémie, soulignant que "la transparence est primordiale et peut sauver des vies en cas de crise sanitaire".
Son appel intervient alors que ces derniers jours certains pays, organisations et dirigeants, parmi lesquels le président américain Donald Trump, ont émis des doutes sur les chiffres chinois.
Mme Bachelet a également appelé les pays à protéger les populations les plus vulnérables à la crise sanitaire, telles que les détenus, les pauvres, les femmes et les migrants. "Si elle n'est pas maîtrisée, la pandémie risque de créer des inégalités encore plus grandes", a-t-elle estimé, réitérant son appel en faveur d'un assouplissement des sanctions internationales frappant les pays comme l'Iran.

Vendredi 10 Avril 2020

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