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Matteo Renzi De "Yes we can" à "En marche"




Matteo Renzi De "Yes we can" à "En marche"
L'ancien chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, 42 ans, réélu dimanche à la tête du Parti démocrate (PD, centre-gauche), a payé le prix de son ambition à vouloir chambouler l'Italie envers et contre tous, mais s'est ostensiblement remis "En marche".
Son rêve d'une Italie "plus simple, plus compétitive et plus courageuse" s'est en effet brisé en décembre sur le rejet sans appel de sa réforme constitutionnelle, qui osait toucher au texte "anti-fasciste" de 1948 pour tenter de simplifier la vie politique du pays.
Arrivé à la tête du PD fin 2013 alors qu'il n'était que maire de Florence, sans avoir jamais siégé au Parlement ou été ministre, il avait promis de "mettre à la casse" les caciques de son parti, et quelques autres.
Ce diplômé en droit, fier de ses années de scoutisme catholique, a pour cela écarté des poids lourds comme l'ex-Premier ministre Massimo D'Alema, qui ne le lui a pas pardonné, ou l'ancien maire de Rome Walter Veltroni.
Et en février 2014, il a pris la tête du gouvernement, poussant sans ménagement vers la sortie Enrico Letta, ex-N.2 du PD, auquel il avait pourtant tweeté un désormais fameux "Enrico stai sereno" ("Enrico, sois tranquille") moins d'un mois plus tôt.
En arrivant au pouvoir à 39 ans, il a promis de réformer tous azimuts et de ramener l'Italie au premier plan en Europe. Mais en dépit d'une incontestable énergie, il n'a jamais vraiment réussi à convaincre.
Souvent accusé de vouloir gouverner seul, sans souci du compromis, M. Renzi a aussi profondément divisé le PD, au point que sa minorité de gauche a fait sécession.
Grand utilisateur des réseaux sociaux, il jouissait à son arrivée au pouvoir d'une forte popularité, confortée par les 40% obtenus par le PD aux européennes de juin 2014.
A son actif, une réforme du marché du travail, imposée aux syndicats et votée au forceps au Parlement, qui a contribué à augmenter le nombre de contrats à durée indéterminée (CDI). Mais au prix d'allègements de charges très coûteux, qui ne règlent rien au problème de fond du chômage, selon la CGIL, principal syndicat italien.
Renzi tient pourtant cette réforme pour essentielle et la défend comme une vraie réforme de gauche. Un paradoxe pour celui qui considère l'affrontement droite-gauche comme dépassé et s'est toujours dit convaincu que son parti ne pouvait gagner les élections qu'en séduisant le centre-droit.
Il est d'ailleurs parvenu à séduire un temps l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi, négociant avec lui la réforme constitutionnelle. Et il n'exclut pas désormais une coalition avec le vieux chef du centre-droit en cas de nécessité.
Ultra dynamique, ambitieux, "assoiffé de pouvoir", selon certains, Matteo Renzi a gardé des airs d'éternel adolescent, avec un accent toscan teinté d'un léger zozotement.
A Rome, il a refusé de participer à la vie mondaine, restant dans ses appartements chaque soir en attendant de rentrer le week-end en Toscane retrouver sa femme Agnese, enseignante, et leurs trois enfants.
Critiqué pour sa propension à se mettre constamment en scène, il répond inlassablement à ses détracteurs en s'adressant directement aux citoyens sur Facebook ou Twitter, avec un discours volontariste très inspiré du "Yes we can" de Barack Obama, l'un de ses mentors en politique.
Et depuis quelques mois, c'est le "En marche" d'Emmanuel Macron qui l'inspire. Il l'utilise régulièrement, et des proches animent des comptes Twitter et Facebook "InCammino2017", l'adaptation italienne du slogan du candidat centriste à la présidentielle française.
La presse italienne lui prête d'ailleurs l'ambition d'obtenir des élections anticipées dès l'automne pour surfer sur la vague avant tout pro-européenne qu'il espère en France comme en Allemagne.
Cette semaine, la une du magazine l'Espresso le montre ainsi au volant d'un tandem, en béret et marinière, lançant un "Paolo stai sereno" à un Paolo Gentiloni, l'actuel chef du gouvernement, très mal à l'aise à l'arrière.

Mercredi 3 Mai 2017

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