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Les jeux vidéo dans le viseur des activistes écologistes


Chady Chaabi
Mercredi 3 Novembre 2021

Le monde de la manette émet 37 millions de tonnes de CO2

C’ est un secret de polichinelle : la console de jeu pollue. De sa fabrication jusqu’à son utilisation, indissociable de l’ère numérique, la console est dans le viseur des activistes écologistes. La chaîne du jeu vidéo émet 37 millions de tonnes de CO2. D’aucuns disent que c’est à mille lieues des plus de 600 millions de l’aviation civile et du numérique dans son ensemble. D’autres fustigent ce chiffre en comparaison à l’importance secondaire des consoles dans nos vies. Quoi qu’il en soit, l’industrie du jeu vidéo n’a eu d’autres choix que de se mettre au diapason des inquiétudes et préoccupations environnementales contemporaines. En témoignent les 21 compagnies de jeux vidéo qui se sont engagées à réduire collectivement leur empreinte carbone de plus de 30 millions de tonnes d'ici à 2030. Un engagement aux multiples ramifications. Explications.

Réduire l’usage du plastique
En 2020, la crise sanitaire et le confinement aidant, les ventes de consoles de jeu ont explosé. Si l’on en croit les données de “Safebettingsites”, un site web britannique d’agrégation, de janvier à juillet 2020, les ventes de consoles ont crû de 36% par rapport à 2019 sur la même période, passant de 16.319.770 à 22.284.462 unités. Autant dire que l’impact environnemental du monde de la manette est plus que jamais d’actualité et notamment son processus de fabrication énergivore et gourmand en plastique. Les jeux en version matérielle ne sont pas en reste.
D’après une étude réalisée par Slots Online Canada, basée sur un référencement solide (National Geographic, Huffington Post et The Energy Saving Trust), le cocktail des matériaux requis pour la fabrication des jeux matériels et leurs emballages est insoutenable sur la durée d’un point de vue purement écologique. Et pour cause, un jeu en CD nécessite de l’aluminium polycarbonate pour le disque, polypropylène et polyéthylène pour la boîte, papier glossy pour la couverture et la documentation. En tout et pour tout, cela équivaut à une émission CO2 de l’ordre de 0,39 kg par jeu, contre 0,017 kg pour la version dématérialisée. Cela dit, cette dernière est loin d’être blanche comme neige.

Version dématérialisée
Certes, plusieurs études révèlent que les joueurs pourraient faire un effort en choisissant une version dématérialisée d'un jeu plutôt que sa copie matérielle, réduisant ainsi leur empreinte carbone d'environ 96%. Mais la dématérialisation n’est pas moins problématique. Car elle implique plus de serveurs pour héberger les jeux et donc une consommation d’énergie plus grande. C’est dans ce cadre que le passage des jeux vidéo d’un modèle centré sur les consoles à un service de streaming en ligne sur abonnement a fait son bonhomme de chemin dans les esprits.
Plusieurs projets ont récemment vu le jour. Google entend révolutionner l’univers des jeux vidéo en lançant son service de jeu en ligne Stadia. Idem pour Apple avec Arcade. Mais faire une partie en streaming implique la création de gigantesques data centers. Ces derniers font naître une peur bleue auprès des activistes écologiques, craignant qu’ils ne contribuent encore plus vite au game over de la planète. “La course à la puissance et la démocratisation du streaming ont un impact négatif sur l’environnement”, alertent bon nombre d'experts.
Seront-ils entendus? Rien n’est moins sûr. Ce qui l’est en revanche, ce sont les tonnes de gaz à effet de serre relâchées dans l’atmosphère. “En tout état de cause, c’est une part qui est peu importante, car même s’il y a des milliards d’heures de jeux vidéo par an, les autres usages comme la télévision par ADSL ou la bureautique au travail comptent beaucoup plus dans l’addition. Mais l’impact du jeu vidéo se compte tout de même en tonnes de gaz à effet de serre et en centaines de milliers de litres d’eau. En valeur absolue, cela pèse», explique Frédéric Bordage, expert indépendant en numérique responsable. Un discours qui ressemble à s’y méprendre à celui entendu dans "C'est notre empreinte", un podcast original à ne surtout pas rater de franceinfo, lancé à l'occasion de la COP26. 


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