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Les chiffres s’affolent. L’OMS se désole



Propagation inquiétante du variant anglais au Maroc



Pour l’Organisation mondiale de la santé, il n’y a pas de doute, la pandémie a atteint un point critique. En revanche, l'institution onusienne ne semble pas prête à faire des recommandations sur un changement de vaccin après injection de la première dose du vaccin AstraZeneca. Une contradiction qui dit tout de la situation délicate dans laquelle se trouvent l’OMS et son directeur général, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, coincés entre l’enclume et le marteau. Sur le premier point, l’OMS argue que près de trois millions de personnes sont mortes dans le monde des suites de la Covid19 depuis l'apparition de l'épidémie fin décembre et plus de 600.000 nouveaux cas ont été recensés ce dimanche 11 avril. Pis, les infections croissent de manière exponentielle. "Nous sommes actuellement à un point critique. La trajectoire de cette pandémie est en pleine expansion. Elle croît de manière exponentielle. Ce n'est pas la situation dans laquelle nous voulons nous trouver 16 mois après le début de la pandémie, alors que nous disposons de mesures de contrôle efficaces", a regretté, lundi en conférence de presse, Maria Van Kerkhove, la responsable technique à l'Organisation mondiale de la santé de la lutte contre la Covid-19 A l’image du Maroc où les courbes des contaminations et des décès sont en constante hausse, en l'occurrence mercredi, où les cas confirmés touchés par le variant anglais ont atteint 115, en plus des cas quasi-confirmés qui atteignent 1.500, le nombre de patients Covid+ a progressé de 9% dans le monde, tandis que les décès ont augmenté de 5%. "C'est la septième semaine consécutive d'augmentation des cas, et la quatrième semaine consécutive d’augmentation des décès", s’est alarmé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Dans le Royaume, les infections ont augmenté de 6,5% il y a trois semaines, de 20% depuis deux semaines et de 10,4% lors de la semaine dernière. Cela dit, les dégâts ne sont pas une fatalité. La pandémie de Covid-19 qui a fait au moins 2.937.355 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a signalé l’apparition de la maladie fin décembre 2019, peut encore être maîtrisée “en quelques mois si les bonnes mesures sont prises”, assure Tedros Adhanom Ghebreyesus. Puis de rappeler une fois de plus que les vaccins étaient des outils "vitaux et puissants". Mais tout le monde ne partage pas son avis. En effet, dans le cadre du programme COVAX, censé permettre aux pays à faible revenu de s’octroyer des vaccins à des prix symboliques, l’Organisation mondiale de la santé est allée jusqu’à offrir 756.000 doses du vaccin AstraZeneca à Haïti. Des doses refusées par les autorités sanitaires locales. La population haïtienne n’en voudrait pas à cause des soupçons et autres polémiques qui accompagnent l’antidote depuis sa mise sur le marché. Difficile de leur en vouloir. Même en France, le vaccin anglo-britannique n’inspire pas confiance. Plusieurs patients auraient même refusé de se faire piquer, préférant Pfizer ou Moderna. Il faut dire aussi que la communication de l’OMS, qui est clairement dans l’expectative, n’aide pas à aplanir les choses. Pour exemple, vendredi dernier, l’OMS a réitéré son incapacité à recommander ou pas un changement de vaccin antiCovid entre deux doses d’AstraZeneca, comme la Haute autorité de santé (HAS) en France l'a recommandé pour les moins de 55 ans qui ont reçu une première dose d'AstraZeneca. Au Maroc, plusieurs milliers de cibles prioritaires, et notamment les fonctionnaires publics et autres frontliners, se posent également des questions. La majorité n’a pas atteint la limite d'âge fixée par la HAS, et ont reçu deux injections de doses du vaccin développé par les scientifiques d’Oxford. D’autres cibles comme les diabétiques sont loin d'être rassurées non plus. Ce manque de clarté des experts de l’OMS trouve son origine dont l’absence « de données adéquates pour dire si c'est quelque chose qui peut être fait», a déclaré Margaret Harris, porteparole de l'OMS, lors du briefing régulier de l'ONU à Genève. Puis de conclure «que l'interchangeabilité des vaccins n'est pas quelque chose qu'ils pouvaient recommander à ce stade». Pour rappel, les moins de 55 ans vaccinés contre la Covid-19 avec une première dose d'AstraZeneca auront leur deuxième dose de vaccin, Pfizer ou Moderna, soit des vaccins à ARN messager, a annoncé vendredi la Haute autorité de santé (HAS) française. En cause, la suspension du vaccin AstraZeneca pour les moins de 55 ans le 19 mars, en raison de rares cas de thromboses (caillots sanguins) repérés en Europe. Pour l’heure, au Maroc, aucune décision de la sorte n’a été prise. Bien au contraire. Le vaccin AstraZeneca continue à être administré aux personnes prioritaires, grâce aux 300.000 doses envoyées par l’OMS dans le cadre du programme COVAX. Au total, 4,48 millions de citoyennes et citoyens marocains ont reçu la première dose, tandis que 4,15 millions sont complètement immunisés après injection des deux doses. 

C.E
Mercredi 14 Avril 2021

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