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Les âpres effets psychologiques du confinement

Comment en réduire l’impact




Les âpres effets psychologiques du confinement
Après un mois d’enfermement, l’impact psychologique commence à se faire sentir. Il risque même de s’accentuer avec le prolongement du confinement. D’autant que personnes n’en voit le bout pour l’instant. Pour s’en accommoder, chacun fait comme il le peut, avec les moyens du bord. Évidemment, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Littéralement, être confiné dans une villa avec piscine est certainement moins pesant que de vivre à quatre dans un T1. Avoir des enfants ou pas, ce n’est pas la même histoire non plus. Bref, l’impact du confinement est inégal et varie selon ses conditions. Pour en avoir le cœur net, nous avons posés la question à plusieurs personnes. En plus de l’angoisse pour leurs proches ou pour l’avenir, il y a la perte de lien social et de repères du quotidien. Leurs témoignages sont édifiants.
Tarik est père de trois enfants dont un en bas âge. Naturellement, avant de se faire du mordant pour lui-même, il s’en fait pour ses chérubins, dont l’aîné a récemment fêté tristement son anniversaire. Ça lui a fondu le cœur « Elle a pleuré à chaudes larmes car elle ne pouvait pas inviter ses amies et les membres de sa famille à la maison comme d’habitude. J’ai dû la consoler et lui rappeler qu’il y avait pire dans la vie. Surtout en ce moment. » Nous a-t-il confié, tout en avouant « Je n’étais pas prêt à ce genre de situation. » Sa femme non plus. Il nous explique qu’elle a beaucoup de mal à gérer les trois enfants en même temps. « Certes, on partage les tâches ménagères mais nos enfants sont encore petits. Donc entre leurs besoins et l’école à distance, nous vivons des moments très difficiles. Des fois on n’arrive plus à suivre la cadence. En plus, il faut toujours garder à l’esprit qu’un enfant est plus fragile. Du coup on évite tant bien que mal de faire la démonstration de nos moments de détresse passagère. »
C’est un secret de polichinelles, les enfants aussi jeunes soient-ils ont cette formidable faculté de ressentir les émotions de leurs parents et de l’environnement. Par conséquent, ils ne sont pas dupes. La crise sanitaire actuelle et l’atmosphère qui en découle les impactent également « La plus jeune de mes filles, à chaque fois qu’elle touche quelque chose de salle, elle pense que c’est le coronavirus. » nous racontent Tarik. Heureusement que l’insouciance et la bonne humeur de ses petits est toujours d’actualité « Dans l’ensemble nos enfants sont devenus hyperactif. Ils se réveillent plus tard que d’habitude et ne vont pas à l’école, donc ils ont plus d’énergie à revendre. Nous avons d’ailleurs décidé de bannir le chocolat et les sucreries pour qu’ils se calment un peu. » Assure notre interlocuteur. Mais pour lui, le chocolat, il s’en passera.  Sportif accompli, il tente tant bien que mal d’échapper aux kilos de trop, en l’absence d’une activité physique intense qui lui manque tant, armer d’une empathie plus que nécessaire « je ne vous raconte pas ma galère. En plus de mon job en télétravail je suis obligé de rassurer les uns et les autres. Sans vous parlez du manque créer par l’absence d’activité sportive. Il y a aussi le fait de rester tous ensembles enfermés, ce qui a tendance à accentuer les défauts des uns et des autres. Mais bon j’essaye tout de même de garder un bon climat familial. » Conclut-il.
A Fès, Chaymae a d’autres problématiques à résoudre. D’autres sentiments à dompter. « J’essaye de m’occuper comme je peux. J’ai fait une sorte de planning de la journée pour ne pas déprimer, sinon le temps parait long. » Avance-t-elle. Mais rapidement, elle reconnaît que le plongeon dans l’inconnu d’un avenir incertain lui fait peur, surtout par rapport à ses études universitaires « Je dois aussi vous avouez que je stress un peu pour mes études vu que les stages ont été reportés ou annulés alors qu’ils sont toujours obligatoire. En tout cas j’ai hâte de retrouver mon rythme de vie habituel et revoir les personnes qui me sont chers. » Un scénario qu’elle n’est pas la seule à désirer.
Si Chaymae a pu rejoindre sa famille avant le début du confinement, Zineb n’a quant à elle pas eu cette chance « Quand on a annoncé le prolongement du confinement, mon moral était au plus bas. J’ai pleuré comme jamais car j’ai envie d’être auprès de ma mère et mes proches surtout à l’approche du Ramadan. Le fait d’être avec eux me rassure et m’apaise. Mais là c’est impossible. » Déplore-t-elle. Aujourd’hui, elle est en collocation où elle ne vit pas un conte de fée au quotidien, bien au contraire «C’est assez spacieux mais j’en peux plus. Certains mettent de la musique, d’autres se plaignent à longueur de journée. Et le pire c’est que je n’arrive plus à me concentrer sur mon mémoire. L’impact psychologique du Coronavirus existe bel et bien. Je peux vous l’affirmer. »

Quelques idées
pour vous remonter le moral


On ne sait pas ce qu’il serait advenu de l’humanité si elle n’avait pas à disposition ce formidable outil qu’est Internet. Internet n’est plus uniquement un moyen de communication, en ces temps, il sert aussi à faire passer l’amère pilule du confinement. La toile regorge d’idées pour se remonter le moral. Et il y en a pour tous les goûts. Voici quelques pistes piochées sur les réseaux sociaux pour sourire un peu et se détendre. Ça n’a jamais fait de mal. Au contraire, ça ne vous fera que du bien.  

Voyager sans bouger

L’artiste Jamiroquai ne s’est pas trompé en intitulant ainsi un de ses opus les plus réussis. Voyager sans bouger, c’est un peu le rêve de tout le monde. Réjouissez-vous, car aujourd’hui ce rêve devient réalité. Une réalité par écrans interposés certes, mais ô combien rafraîchissante comparée à nos maisons en béton. Alors prêt pour embarquer dans un voyage de sept heures trente ? Disponible sur « tv.nrk.no », ce périple vous mènera de Bergen à Oslo et vous laissera amplement le temps de découvrir la beauté des paysages norvégiens. Et si vous n’en avez pas assez, une fois arrivé, vous pourrez embarquer pour 134 heures de bateau supplémentaires entre Bergen et Kirkenes.

Il faut rigoler

Comme le disait si bien le regretté Elie Kakou, « il faut rigoler ». Pour perpétuer la volonté de cet humoriste hors pair, on ne saurait trop vous recommander de visionner ou revisionner autant que possible des spectacles ou encore des films comiques. Dans le cas où vous êtes du genre à ne pas quitter votre smartphone d’une semelle, on vous conseille l’un des comptes Instagram les plus tordants du moment. @ma-mouz ne fait pas uniquement pleurer de rire, il trie entre le drôle et le très drôle du Net. Entre les aphorismes du genre : «Aujourd’hui, peut-on rire de tout ?», les montages vidéos et les classiques de la peinture détournés, avec @ma-mouz, personne ne restera sur sa faim. Et si c’est le cas, nous avons la solution.

Des mets délicieux

Le secret pour ne pas prendre du poids en confinement demeure un mystère entier. Du coup quitte à s’enrober, pourquoi ne pas choisir des mets de qualité ? S’étoffer mais avec style. Les toques diffusant des conseils sur le Net sont légion mais trois d’entre elles ont attiré notre attention. Toutes sur Instagram, elles transmettent sans gêne leur secret pour vous aider à devenir de vrais cuisiniers. A commencer par les plats simples de Joseph Viola, faits avec les moyens du bord. Ou encore, les recettes délicates et en anglais de Taku Sekine, chef du restaurant Dersou et Cheval d’or, accompagné d’un apprenti de six ans, son enfant. Enfin, pour le désert, Jeffrey Cagnes, chef pâtissier de la maison Stohrer, se détache avec ses plats sucrés à vous en lécher les doigts. Mais à éviter tout de même, avec le coronavirus, on ne sait jamais.     
C.C

Chady Chaabi
Mercredi 22 Avril 2020

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