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Les Marocains d’Italie positivent

Nos compatriotes adhèrent aux mesures prises de ce côté-ci comme de l’autre




Les Marocains d’Italie positivent
L’Italie est actuellement le pays d’Europe le plus touché  par le Coronavirus. Elle vient de franchir le cap des 10.000 cas de contamination.  Elle compte précisément 10.149 cas confirmés de contamination contre 9.172 recensés lundi dernier, soit une hausse d'un peu plus de 10%, selon les derniers chiffres de l'Agence italienne de la protection civile. Quant au nombre des morts, il a atteint les 631 cas.
Comment les Marocains d’Italie vivent-ils cette situation de crise ? Quel impact a-t-elle eu sur leur situation économique et sociale et comment la gèrent-ils au quotidien ?
« Dès les premières semaines de propagation de la maladie dans la ville de Codogno considérée comme foyer principal de l'épidémie de coronavirus en Italie et où réside un grand nombre de  Marocains, la peur et la panique ont gagné beaucoup de nos concitoyens. Mais rapidement, ils ont été à la hauteur et ils se sont impliqués de manière collective dans la gestion de cette crise», nous a indiqué Jamal Najjari, consultant juridique et acteur associatif qui officie en Italie. Et de poursuivre : « En effet, il y avait une grande solidarité dans cette région entre la population migrante et les autochtones et beaucoup de Marocains ont assumé leurs responsabilités et refusé de retourner à la mère-patrie alors qu’ils en avaient la possibilité».
D’après notre source, les MRE d’Italie suivent avec sérieux et rigueur ce qui se passe dans la Péninsule et affichent un engagement collectif vis-à-vis des mesures prises par le gouvernement italien. « Dans la région la plus touchée, à savoir la Lombardie où beaucoup de Marocains habitent, il y a eu coordination entre les associations marocaines pour inciter nos concitoyens à se cloîtrer dans leurs maisons», nous a précisé notre interlocuteur. Et d’ajouter : «D’ailleurs, la décision du Maroc de suspendre ses liaisons maritimes et aériennes avec l’Italie a été bien accueillie par le MRE. En effet, durant ces derniers jours, il y a eu une mobilisation forte pour sensibiliser aux risques que les  voyages représentent dans la conjoncture actuelle et que la meilleure solution est de rester cloisonné chez soi. D’ailleurs, les Marocains respectent à la lettre les dispositions de la mise en quarantaine, contrairement à certains Italiens ».
D’après des données de l’Institut national de la statistique (ISTAT) sur la présence de ressortissants de pays tiers avec un titre de séjour délivré en Italie, le Maroc est placé au premier rang. Les jeunes constituent la tranche d’âge la plus dominante. On compte 187.720 immigrés marocains avec moins de 30 ans, soit 41,2%. Le groupe d’âge 30-39 ans, comporte 103.689 personnes, soit 22,8% des Marocains recensés, alors que les plus de 50 ans représentent 17,7%.  Les personnes âgées de plus de 60 ans sont de l’ordre de 37.702 personnes, représentant 8,3% du total, soit un pourcentage supérieur à celui enregistré pour le total des ressortissants non communautaires en Italie (7,2%), précise l’ouvrage collectif de la Fondation Hassan II « Marocains de l’extérieur 2017 ».
La même source indique que 69,5 % de ces Marocains vivent dans les régions de l’Italie septentrionale (Piémont, Vallée d’Aoste, Ligurie, Lombardie, Trentin-Haut- Adige, Vénétie, Emilie-Romagne, Frioul Vénétie Julienne et les provinces autonomes de Trente et Bolzano). La première région d’installation de nos concitoyens est la Lombardie avec 104.973 personnes, soit 23,1 % du total des Marocains ; après nous avons, encore au Nord, l’Emilie-Romagne (68.200, soit 15%), et le Piémont (59.796, soit 13,1%). En Italie, 15,6% des ressortissants marocains vivent dans le Sud du pays et leur présence est plus modeste dans les régions du Centre Italie (14,9 %).
Qu’en est-il de la situation économique et sociale de ces MRE dont 46,9% sont des ouvriers et artisans et 36,9% embauchés dans des emplois «non qualifiés ? «Les mesures prises par le gouvernement italien et celles qui l’ont été par les banques telles que l’exonération d’impôts et taxes, les indemnités pour les journées du travail non effectuées (l’Italie considère cette période comme celle d’un congé maladie rémunéré) ainsi que le gel du paiement des traites des crédits ont renforcé le sentiment de sécurité auprès des Italiens ainsi que de la communauté marocaine. Ils ont le sentiment que l’Etat les soutient et que les aléas de leur situation financière ont été équitablement partagés par l’ensemble de la population italienne », nous a expliqué Jamal Najjari.
Qu’en est-il de l’ambassade et des consulats marocains d’Italie ? « Ils se sont contentés, comme ils l’ont toujours fait en pareille situation de crise, de créer des cellules de crise et d’inciter les Marocains à respecter les consignes des autorités italiennes. Ils ne fonctionnent aujourd’hui que quelques heures par jour et concentrent leurs activités sur les services d’urgence », a conclu notre source.

Hassan Bentaleb
Jeudi 12 Mars 2020

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